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CHAPITRE IV

LES ŒUVRES DU COMITÉ

Le but et l’action du Comité de bienfaisance étant connus, l’bistorique de ses œuvres permettra de suivre de près la marche de cette institution et d’examiner les moyens qu’elle employa pour soulager les misères de la population indigente de Paris.

l’assistance.

Conformément aux attributions qui lui étaient fixées par l’art. 9 du règlement du 24 novembre 1809, le Comité organisa, pour assister les indigents, un service de distribution hebdomadaire de pain et de viande, et il leur alloua, toutes les semaines également, un secours pécuniaire. Le nombre d’indigents inscrits sur la liste dressée à cet effet en 1809, s’é-

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leva à environ 50 pères ou mères de famille, formant 300 individus.

Le nombre en varia peu pendant plusieurs années L Le Comité distribuait annuellement 400 livres de viande environ et 2,800 rations de pain. Les secours en argent se montaient, pour les Israélites du rite allemand, à 66 francs, et pour les Israélites du rite portugais, à 30 francs par semaine. Des « pauvres honteux » et des « honnêtes voyageurs, munis de bons certificats^ » prenaient part à ces distributions. Cependant, par suite de la situation critique dans laquelle se trouvait la caisse du Comité, il dut successivement suspendre les secours accordés aux voyageurs (14-22 avril 1812) et ses distributions hebdomadaires (6 janvier 1813), « malgré la misère générale qui régnait parmi ses coreligionnaires ». Il décida plus tard (18 avril 1819), de n’accorder dorénavant, aux passagers, aucun secours supérieur à 5 francs. Les vieillards, qui jusqu’alors ne recevaient point d’aide particulière, furent appelés à profiter de la différence disponible. Ils reçurent en outre un secours mensuel à compter de 1822

1 En 1810, cinquante-quatre pères et mères de famille; en 1811, cinquante-cinq. 11 y a, dans les procès-verbaux, une lacune de trois ans et demi (7 octobre 1812 — 4 février 1816).

2 * Le Comité, après délibération, accorde les frais de voiture jus- » qu’à Calais au rabbin Loeb Walin, vieillard respectable, ayant » exhibé des certificats qui constatent les malheurs excessifs qu’il a • essuyés en Pologne, son pays natal » (19 octobre 1823).

3 11 y en eut 24 en 1814 ; 46 en 1827. Ce nombre demeura à peu près le même jusqu’en 1838. En 1839, le Comité subvint mensuellement aux besoins de 65 vieillards ; il en eut 68 en 1840 ; 85 en 1841, 91 en 1842 ; 89 en 1843 ; 98 en 1844 ; 124 en 1845 ; 142 en 1846 ; 155 en 1847 ; 142 en 1848; 135 en 1849 ; 133 en 1850 ; 140 en 1851. — La création à l’Hôpital de Rothschild d'une maison pour les vieil-

Effrayé de l’accroissement du nombre des nécessiteux, le Comité établit une liste des indigents israélites de Paris, et décida, le 25 juillet 1836, que celte liste, « portant cinq cents noms », serait la liste officielle et « définitive » de ceux qui participeraient aux secolirs de la Société. Nul ne pouvait plus être aidé par elle s’il n’habitait Paris depuis au moins deux ans * .

Le registre des indigents constata cependant, au 31 décembre 1838, outre 90 étrangers de passage pour la plupart malades et 63 militaires ou prisonniers, secourus seulement pendant les fêtes de Pâque, l’inscription de 1,675 individus.

Ces familles recevaient des secours atteignant la somme de 10,000 francs au moins, sans compter le chauffage, les médicaments, les azymes. Les distributions extraordinaires à l’occasion des grandes fêtes (Tischri), instituées pour la première fois en 1837, ne furent spécialement mentionnées au budget qu’à compter de 1841.

Par suite de la réorganisation du Comité de bienfaisance (15 avril 1839), l’assistance, dont le dévelop-

lards diminua le nombre de ceux que secourait le Comité. Plus tard enfin, ils rentrèrent dans la catégorie générale des indigents. Les premières dépenses pour cet objet s’élevèrent à environ 1,200 francs en 1822 ; en 1851, elles furent de plus de 7,000 francs.

1 Les demandes, en 1838, devinrent si pressantes et si nombreuses, que la Société décida de rester en permanence. Cinq de ses membres furent particulièrement désignés pour recevoir les indigents, qui ne devaient se présenter que munis de leur carte d’admission.

Les pauvres, inscrits pour un secours régulier sur les registres du Comité, furent, dès l’origine dé cette institution, munis d'une carte d’admission. Ils en restèrent pourvus jusqu’au 27 décembre 18o4, où ces cartes leur furent retirées, car elles servaient à plusieurs de t brevet de mendicité • .

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pement avait pris d’égales proportions, fut aussi reconstituée La création d’une Commission spéciale fut plus tard reconnue nécessaire et inscrite dans le règlement du lï juillet 1849 L Elle se réunit, pour la première fois, le 29 avril 1850. Elle avait alors à s’occuper de 500 familles inscrites ; et si l’on considère l’importance que les distributions de secours

1 En 1840, il y avait en effet 660 ménages ou 1,636 individus.

La consommation des denrées décupla en moins de dix ans :

En 1840, le Comité distribua 1,924 kil. de pain et 399 kil. de viande.

2 Cette première séance fut consacrée à l’examen d’une proposition présentée par M. Albert Cobn et relative aux dons faits à l’occasion des mariages et autres circonstances. M. Cobn demandait, en outre, que la mendicité au Temple fut formellement interdite.

On avait la coutume, paraît-il, de distribuer aux mendiants les dons qu’on recevait lors de la célébration des mariages. Il y avait quelque chose de « contraire à une charité bien ordonnée de distribuer les aumônes aux mendiants de profession, à ceux qui... ont toujours la main tendue, et d’en priver les pauvres honteux et les vieillards.

La Commission décida de prendre les mesures nécessaires pour interdire la mendicité au Temple et prit, au sujet des dons, la décision suivante : « Les dons faits au Comité seront distribués suivant l'intention des donateurs. Quant aux personnes qui n’auront pas fait connaître leur désir, le Comité distribuera immédiatement la moitié des sommes données ; l’autre moitié entrera dans la caisse du Comité pour ses distributions ordinaires.

Enfin la Commission établit, pour la distribution de. ces dons, trois catégories de-nécessiteux : la première recevrait 5 francs, la deuxième 2 francs et la troisième 1 franc. (Rapport fait au Comité dans sa séance du 22 mai 1850.)

ordinaires^ et extraordinaires ^ ont prise depuis, on appréciera combien cette innovation devait faciliter la tâche qui incombait à la Société de secours.

A l’origine, le Comité recevait une fois par semaine les indigents de Paris. Les secours qu’ils obtenaient à ces réceptions était la seule assistance qui leur fût donnée. Bientôt à ces nécessiteux réguliers et dignes d’intérêt vinrent se joindre les indigents de passage et ceux qui se livraient habituellement à la mendicité. C'est ainsi que le but de ces réceptions dévia peu à peu de son premier objet : les nécessiteux méritants furent dès lors enregistrés pour recevoir un secours mensuel, trimestriel, semestriel ou extraordinaire et les distributions au siège du Comité ne furent dorénavant destinées qu’aux indigents non classés dans les catégories qui viennent d’être indiquées.

Hebdomadaire jusqu’en 1851, cette distribution fut,

^ En IS"?, il y avait 447 familles inscrites ; 449 en 1878 ; 430 en 1879; 353 en 1880 ; 370 en 1881 ; 371 en 1882 ; 323 en 1883 ; 352 en 1884.

Les secours sont en moyenne de 100 francs par famille et par an.

2 Les secours étaient divisés en trois’ classes : secours temporaires ; secours mensuels ; secours extraordinaires.

Les premiers étaient accordés aux malades, aux blessés, aux femmes en couches, aux nourrices, aux indigents « des deux sexes » pendant les sept jours qui suivaient le décès d’un proche parent, et généralement à tous les individus qui se trouvaient dans un cas imprévu digne de la sollicitude du Comité.

Les secours mensuels : aux aveugles, aux paralytiques, aux infirmes, aux orphelins, aux enfants abandonnés, aux vieillards âgés de plus de soixante ans, et aux chefs de famille ayant trois enfants âgés de moins de douze ans, lorsque la famille était domiciliée à Paris depuis trois ans au moins.

Les secours extraordinaires pouvaient être accordés à tous ceux qui hguraient^dans Part. 1®' du règlement de 1838. (Voir But et action du ComiÙ^ p. 21-22.)

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à compter de cette époque — et durant la vie d’Albert Colin — faite très régulièrement deux fois par semaine : le jeudi et le dimanche. Puis, avec le développement qu’avait pris l’assistance, on jugea ces réceptions insuffisantes. A la suite de la réorganisation du Comité, en 1877, la Commission de l’assistance institua un service journalier de secours ^ Enfin, le 15 février 1883, le Comité installa rue du Verbois un bureau permanent pour l’assistance. Ce bureau a été transféré 1, rue Saint-Claude, au mois de février 1886.

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