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PALMES ET CÉDRATS

Le Comité avait pris, dès l’origine, la coutume de faire venip des palmes et cédrats de Gênes à Paris, à l’occasion de la « Fête des Feuillages » (Soukoth), pour les vendre à la Communauté et en attribuer le bénéfice aux indigents.

^ Pendant les premières années qui suivirent l’organisation du Comité, les indigents des deux rites ne furent pas confondus. Les secours leur étaient indistinctement accordés, il est vrai, mais le Comité désignait soit des membres différents pour présider aux distributions, soit des fournisseurs distincts. C’est ainsi que pendant longtemps le nombre des portugais fut nommément indiqué dans les distributions -que faisait le Comité en pain, viande, chauffage, azymes, secours pécuniaires, etc., etc.

* 410 à 5 francs ; 391 a 3 francs et 2,320 à 0 fr. SO. Pendant l’hiver 1882-1883, l’immigration des familles russes obligea le Comité à une dépense de 8,300 francs représentant environ 130,000 kilogrammes de charbon. En 1838, les nécessiteux reçurent 1,263 falourdes ; en 1848, 1,900; en 1838, environ 2,300. En 1878, le Comité distribua 38,000 kilos de charbon.

A l’occasion de l'inauguration du château de Ferrière, le baron James de Rothschild fit, en 1862, don d’une somme de 20,000 francs dont la rente fut, selon ses instructions, consacrée à étendre à un plus grand nombre d’indigents les secours en « bois de chauffage ».

Cette opération, naturellement de peu d’importance, fut de tous temps pour le Comité une source de soucis plus que de bénéfices. Le nombre de palmes et cédrats qu’achetaient les Israélites ne pouvait, en effet, augmenter de beaucoup les ressources de la Société.

De 1810 à 1817, on acheta annuellement de 100 cà 120 palmes et autant de cédrats ; de 1818 à 1824, 200 de chacun de ces objets ; de 1825 à 1845, on arriva à 250 ; en 1856, le Comité en commanda 400 de chaque ; en 1860, 600 exceptionnellement ; à compter de 1861, le nombre en fut de 450 à 500.

La vente en était effectuée « au lieu des séances du Comité ». Le Consistoire, la Commission du temple, le temple portugais, en prenaient annuellement un nombre déterminé.

La dépense, pour les premières années, fut de 4 à 500 francs ; les conditions de transport, sans doute, permirent, dans la suite, d’en faire venir un plus grand nombre sans augmenter sensiblement le prix d’achat L En 1856, la dépense s’éleva à 620 francs, en 1852 à 748. Elle ne s’éleva pas dans la suite au-dessus de 800 francs. Le Comité a décidé de ne plus s’occuper de cet achat (1886).

* Il y a là aussi une question de hausse ou de baisse dans la marchandise.

LES ŒUVRES DU COMITÉ

lY

LES AZYMKS.

« Nous, soussignés, membres du Comité d’encou- » ragement et de secours d’une part, et nous : Lion » Nettre, Jacob Bloch, Joseph Cahen, Bernard Francw fort et Dreyfous, tous quatre boulangers, habitant » la ville de Paris, sommes convenus des engage- )) ments qui suivent :

» Le Comité s’engage et s’oblige de fournir aux- » dits boulangers le sac de farine pesant trois cent » vingt-cinq livres 3" compris le sac, à raison de » quatre-vingts francs. Cette farine est destinée à » faire le pain sans levain pour les jours de Pâque » prochaine.

» ILs’engage également à payer, pour la confection

de chaque livre de pain sans levain, la somme de » huit sols pour celui destiné à être distribué gratis » aux pauvres de Paris.

» Les particuliers de Paris ne sont tenus de payer » que neuf sols et demi la livre de pain et les boulan- » gers ne peuvent, en aucune manière, en exiger da- » vantage.

» Fait double, à Paris, ce 6 janvier 1810.

Ce traité — le premier que passa le Comité —indique quelle fut, en ce sens, l'action de la Société de secours. Elle apparaît sous un triple objet :

I<E COMITÉ DE BIENFAISAKCE

P Vente de la farine aux boulangers;

2^^ Distribution d’azymes aux indigents ;

3° Influence du Comité pour la vente des matzoth aux particuliers.

L Vente de la farine aux l)OUlangers. — En même temps qu’il. traitait avec les boulangers, le Comité s’entendait avec un meunier auquel il achetait la farine nécessaire à la fabrication des maizotli de toute la Communauté. Le meunier s’obligeait à « ne fournir ' à aucun autre Israélite de Paris de la farine pour le même usage ». Des inspecteurs, placés au moulin par la Société d’encouragement, étaient chargés de surveiller la mouture ; d’autres, placés dans les boulangeries, surveillaient la confection du pain. — Les farines, ainsi achetées, étaient ensuite vendues aux boulangers munis de l’autorisation du Grand-Rabbin de Paris.

Cet usage se continua pendant quarante ans. Cependant, en 1838, le Comité, recourant à un nouyeau système, voulut soumettre les azymes à l’adjudication. Un seul boulanger se présenta, et il fallut revenir au premier mode d’achat.

Mais,. en 1849, à la suite de difficultés suscitées par des interprétations peu bienveillantes, le Comité décida de ne plus s’occuper de l’approvisionnement des blés ; il se contenta d’assurer la provision de Matzoth nécessaire aux indigents. A compter de 1854, il recommença à acheter et à faire moudre le blé, mais pour les pauvres seulement. En 1864, les boulangers se chargèrent directement de l’achat de la farine, et, depuis cette époque, la Société de secours ne s’occupa

LES ŒUVRES DU COMITÉ

plus que de rapprovisionnement des maizoïh qui lui étaient nécessaires ^

II. Distribution d'azymes aux indigents. — Ce secours fut de ceux qui constituèrent de tous temps pour le Comité, une source toujours croissante de dépenses^. A l’origine, cependant, il ne fut pas complètement gratuit. En 1810, par exemple, tous les pauvres, qui recevaient du pain de Paque, étaient tenus de payer au Comité deux sols pour chaque livre de pain qu’ils recevaient « gratis » de lui. En 1812, pour dédommager les boulangers de leurs peines et de leurs travaux, « tout individu, recevant gratis, du Comité, jusqu’à concurrence de 30 livres d’azymes », fut tenu d’aider le boulanger, pendant une journée entière, à la confection du pain, et « pendant deux journées, celi^i qui recevait une quantité plus considérable ».

1 Le bénéfice de la vente des farines aux boulangers pour toute la Communauté était acquis, on le sait, à la Caisse des pauvres. Les boulangers, qui se chargeaient de la fabrication générale, devaient contribuer à la confection particulière des azymes pour les indigents. Celui qui n’y prenait pas part payait le sac de farine plus cber^ que ses collègues. Tous les ans, quatre ou cinq boulangers se présentaient devant le Comité qui délivrait à chacun un nombre détermine de sacs de farine et répartissait entre eux la quantité de pains a confectionner.

' En 1811, les prisonniers Israélites détenus a Bicetre demandèrent au Grand Rabbin Si4tzheim qu’on leur donnât du pain azym^ Le Comité de bienfaisance hésitait à . frustrer les indigents de Pans d’une portion des fonds que les Israélites de Paris destinaient à ^ eur soulagement >. Le Consistoire Central et le Consistoire de Paris^le pressèrent d’accueillir la demande des prisonniers. Ce ne lut qu en 185f , pour la première fois, que tous les prisonniers furent complètement nourris pendant la semaine de Pâque. A compter de 1838, les militaires furent égalemènt nourris pendant cette lete, où ils recevaient une allocation pour pouvoir l’observer.

En 1813, les indigents durent, par mesure générale, payer trois sols, par livre, pour la cuisson. En 1816, les indigents, particulièrement dignes d’intérêt, furent dispensés de cette contribution ; et, en 1827, enfin, la gratuité devint absolue. Pour supporter cette augmentation de dépenses, le Comité fit, à l'occasion de Pâque, une quête plus générale dans les familles aisées K

Le Comité ne perdait pas de vue non plus la classe intéressante de malheureux, connue sous le nom de pauvres honteux. En 1812 (le 3 mars), ceux d’entre eux qui désiraient confectionner leur pain azyme furent invités à se présenter chez leur boulanger « lequel

^ Prix et consommation annuels des azymes. — En 1810, 4,000 livres de pain azyme furent délivrées aux indigents ; 5,000 en 1811. En 1812 on consacra 13 sacs de farine à cet usage; 15 sacs en 1815 ; en 1825, 22 sacs 1/2 pesant 7,300 livres ; en 1826, 8,320 livres; en 1828, 30 sacs. En 1838, le Comité délivra 9,283 livres à 490 ménages et en 1839, 4,706 kil. à 660 ménages.

L’augmentation des secours de cette sorte fut continue. En 1840, on distribue 4,759 kil. ; en 1842,4,988 ; en 1843, 5,160; 5,368 eu 1844 ; 5,559 en 1.845 ; 6,300 eu 1846 ; en 1847, 8,994. On atteignit çn 1855 le chiffre de 12,000 kil. ; en 1865, 13,000 ; de 1868 à 1883, on ne dépasse guère 15,000 kil. En 1884 enfin, 17,000 kil., et en 1885, 18,000 kil. de pain azyme furent délivrés aux indigents.

Le prix du pain subissait naturellement les variations du prix de la farine. Jusqu’en 1849 il varia, pour le Comité, entre 8 et 10 ;

pour les t particuliers » il atteignit parfois 13 sols, la livre. En 1851, le Comité décida qu’à l’avenir le pain az^^me serait payé 13 centimes en sus de la mercuriale du pain par demi-kilog. pour les pauvres du Comité et 18 centimes pour les non-pauvres.

Le Comité acheta, en 1810, 20 sacs pour la consommation de la Communauté tout entière ; 70 en 1811 ; 80 de 1812 à 1817 ; 95 en 1818 ; 100 en 1819 ; 110 en 1822 ; 117 en 1825 ; 130 en 1834 ;’l60 en 1841 ; 207 en 1844 ; 225 en 1847.

Aujourd’hui, la quantité de sacs de farine pris par les boulangers s’élève à 536, pesant chacun 157 kil. brut, et l’on fabrique 75,000 kil. de pain azyme.

LES ŒUVRES DU COMITÉ

est tenu de leur fournir, à raison de sept sols six deniers, la livre pesante de farine, sauf à eux de se pourvoir d’aides et de compter au boulanger 10 cent, par livre, tant pour ses dépenses en bois que pour ses peines et la cession momentanée de son four. » Le Comité décida bientôt après de prendre à sa charge l’indemnité de cuisson. Par la suite, les pauvres honteux reçurent en espèces un secours équivalant à la quantité d’azymes qui leur était accordée.

Le Comité chercha, vers 1857, un local particulier où on put directement délivrer les matzoih aux pauvres, au lieu de les obliger à se rendre chez les boulangers, où il y avait, pour eux, quelque chose d’humiliant à se présenter, comme ils le faisaient alors, munis de cartes L 11 ne put réaliser cette amélioration qu’en 1860. Elle continue à être en usage.

IIL Vente des matzoth aux 'particuliers. •— Dans le traité que le Comité passait, tous les ans, avec les boulangers, il avait soin de fixer le prix que « les particuliers de Paris » devaient payer et de spécifier que, « en aucune manière et sous aucun prétexte », les boulangers ne pouvaient réclamer d’eux davantage.

11 y avait, dans cette intervention de la Société de secours, une grande sécurité pour la Communauté. Trompée cependant, en 1849, par quelques esprits malveillants qui accusaient le Comité de spéculer sur elle et de lever, en fixant le prix des azymes, un impôt illégal et injuste, elle mit le Comité dans l’obligation de renoncér au système suivi jusque-là, et de laisser les

1 En 1854, le Comité fit faire des cartes de quatre couleurs afin que les porteurs de ces cartes puissent s'adresser aux boulangers qui leur étaient indiqués. Chaque nuance était spéciale à un boulanger.

boulangers libres de fixer, comme ils l’entendraient, le prix des azymes pour la Communauté. Les Israélites de Paris eurent plus d’une fois l’occasion de le regretter. Rien ne pouvant entraver les exigences des boulangers, ils vendirent le pain azyme à des prix que la Communauté dut subir. Le Comité ne put réussir à les amener à rabattre de leurs prétentions qu’en consentant à l’augmentation du prix des azymes pour les indigents.

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