‹ Le comité de bienfaisanceChapitre 8 sur 65 · HABILLEMENT DES ENFANTS DES ÉCOLES · texte numérisé non relu

HABILLEMENT DES ENFANTS DES ÉCOLES

Le service de l’habillement des enfants des écoles, qui constitue aujourd’hui pour le Comité une dépense considérable, n’est pas une œuvre née de l’initiative de la Société de secours. Quand la première école consistoriale fut organisée, le Conseil d’administration de cette école ^ donna d’abord, à titre de récompense,

l’année 1856. Il a été, on peut le dire, intimement lié à toutes les grandes entreprises de la Communauté. C’est à lui que, depuis 1865, les agrandissements et les nouvelles constructions de X'Hôpital de Rothschild ont été confiées ; lui qui a construit V Orphelinat S- et C. de Rothschild^ le Temple de la rue de la Victoire^ VRcole G-ustave de Rothschild, l'Ecole de l'avenue de ^éçjur, le Séminaire israe'lite^ la Maison de refuge pour V enfance, à Neuilly, etc., etc. Il a fait preuve, dans ces grands travaux, d’un talent auquel chacun rend hommage et d’une connaissance approfondie de son art.

^ Cet établissement, construit par M. Zoegger, architecte, est livré au public depuis le 4 octobre 1885. Il est un des mieux organisés parmi les maisons de ce genre en Europe.

^ Voir Léon Kahn, Histoire des écoles (Durlacher, 1884).

LES ŒUVRES DU COMITÉ 47

des vêtements, des chaussures, à de certains enfants que leur misère signalait plus particulièrement à sa solKcitude. Puis la charité privée vint en aide au Comité de l’école. Le baron James de Rothschild se distingua particulièrement dans ce concours de bienfaisance et, après avoir contribué, pendant de longues années, à subvenir aux frais d’habillement d’un grand nombre d’élèves, il vint un moment où seul il y pourvut (1833). Le Comité de bienfaisance — en tant qu’administration — n’intervenait en rien dans cet acte de charité. M. Salomon Alkan, interjnédiaire habituel entre la famille de Rothschild et la Communauté, était seul chargé de ce soin. Ce ne fut qu’en 1847, que le baron James de Rothschild confia <c directement » au Comité le soin d’y pourvoir <( annuellement en son nom y>.

La dépense, qui jusqu’à cette époque avait été de 6,000 francs environ par an, s’éleva, cette année, à 7,372 francs. Par suite de nouvelles fondations ou de l’augmentation apportée par la famille de Rothschild à cette ' première fondation L le Comité, ^ui, jusqu’en 1858, n’avait pu habiller qu’une partie des enfants, ayant décidé d’acheter directement des étoffes et de faire faire les vêtements sous ses ordres, réalisa une économie suffisante pour que tous les élèves fussent appelés à profiter de ce secours. Le nombre s’en

’ La fondation de 6,000 francs fut portée à 7,500 en 1849. En 1851 (25 juin), Betty James de Rothschild établit une fondation -de

2,200 francs de rente (dite fondation Albert de Rothschild) pour l’habillement des enfants de l’asile communal. Le 9 mars 1853, les revenus furent augmentés de 1,230 francs de rente. En 1857 (le 29 avril), le baron James constitua une rente de 3,000 francs consacrée à l’habillement des enfants qui devaient fréquenter les écoles de l’Orphelinat.

était rapidement élevé, et, d’une centaine que comptaient les écoles à leur origine, il s’augmenta tous ^les ans pour atteindre en 1868 le chiffre de quinze cents. On en compte aujourd’hui plus de deux mille. Le Comité de bienfaisance dut peu à peu ajouter de ses propres deniers à la fondation devenue insuffisante L

Lorsque l’Initiation religieuse fut instituée (1842)

' On distribua d’abord aux enfants ; garçons ; un pantalon, une blouse, une paire de chaussures ; filles : une robe, un tablier et une paire de chaussures.' On ajouta plus lard une paire de bas pour les garçons et pour les filles ; puis, pour les uns, un képi, et pour les autres, un blet. En 1871, les garçons recevaient : képi, blouse, pantalon, bas, souliers ; les biles : blet, deux tabliers, bas, souliers ; les enfants des asiles : robe tricot, pantalon, bas, souliers. En 1876, on ajouta pour les garçons une ceinture de gymnastique.

Le prix de revient par enfant est d’ordinaire : pour les grands garçons, de 15 à 16 francs; pour les grandes filles et les petits garçons, de 10 à 11 francs ; pour les petites biles, de 8 à 9 francs.

Les distributions de vêtements étaient faites primitivement à l’époque de la distribution des prix. Lorsque l’hiver arrivait, tous ces objets étaient dans un tel état que le bénébce de ces secours était perdu. Le Comité décida donc, en 1872, que ces distributions ne seraient faites dorénavant qu’à la rentrée des classes. *

2 Cette cérémonie, que le Comité considérait comme « un des triomphes de notre siècle sur les errements du passé » n’eut pas, à l’origine, l'éclat qui lui a été donné depuis. Elle se passait, s’il faut en croire les Archives de 1844, « à huis-clos, triste et silencieuse ». Le Consistoire, n’ayant pu obtenir du Grand Rabbin son assentim'^nt pour l’introduction d’un orgue, refusait à son tour le concours du ministre officiant « et l’emploi de tous les autres moyens dont il dispose pour donner aux solennités religieuses l’éclat et la pompe convenables ».

Voici cependant le programme delà quatrième initiation religieuse qui eut lieu le 8 avril 1844.

Ma Tolou. — Premier cantique. — Interrogation par le Grand Rabbin. — Hymne français. — Discours d’initiation par le Grand Rabbin. — Dialogue (?) en hébreu par un garçon et en français par une jeune fille. — Les articles de la Foi (en hébreu par un garçon, en français j-ar une jeune bile). — Schéma Israël (en hébreu par une

LES ŒUVRES DU COMITÉ

le Comité trouva là encore le moyen d’exercer sa charité. Pour éviter les froissements qui, par comparaison, pouvaient naître dans l’esprit des enfants pauvres, et pour leur permettre de se présenter à cette cérémonie dans une tenue digne et convenable, il fit faire, dès 1844, une quête pour subvenir aux frais d’habillement de ces enfants. En 1854, il décida de « demander aux parents des enfants riches de contribuer aux frais à faire pour les pauvres ». C’est ce système, adopté alors, qui est encore en vigueur aujourd’hui.

En 1844, sept garçons et vingt-sept filles célébrèrent leur initiation; en 1845, douze garçons et vingt-deux filles ; en 1857, le nombre s’élève déjà à cent trentedeux (57 garçons et 75 filles) ; en 1862, à deux cent vingt-cinq. Tl est maintenant de trois cents, presque tous les ans.

La dépense pour l’habillement de ces enfants était, en 1844, de 130 fr. 95 ; de 400 francs, en 1845 ; de 2,000 francs, en 1855. Vingt ans après, elle dépassait 6,000 francs.

jeune fille, en français par un garçon). — Prière pour le Roi par le Grand Rabbin. — Piscours par Albert Cobn. — Deuxième cantiÿue. — Bénédiction par le Grand Rabbin. — Ygdal/ «-

Les prières et les cantiques étaient chantés alternativement par les deux ministres officiants.

Page 1