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M4 LE COMITÉ DE SALUT PUBLIC

En somme, il demande deux choses : une loi sur les suspects, — que Robespierre approuve fort et qui sera votée un mois plus tard, — et la levée en masse, que préfère Danton. Toutefois, le grand tribun explique qu'elle doit se borner à être un recrutement extraordinaire, pour lequel le Comité donnera les détails d'exécution.

Deux jours plus tard, Barère lit l'adresse qu'il a rédigée, et par laquelle le Comité de salut public appelle le peuple français aux armes. Mais ce n'était pas encore la réponse attendue : l'appel aux armes était trop vague pour être appliqué (14 août).

Cependant, le temps presse ; la Vendée triomphe, les Marseillais sont déjà à Avignon, la frontière est ouverte au nord et au midi. Les délégués des assemblées primaires, auxquels se sont joints les députés des sections parisiennes, rappellent à la Convention qu'il est urgent « de faire éclater la foudre sur tous les tyrans et sur leurs esclaves » ! — On y parviendra en adoptant la levée en masse et la guerre révolutionnaire. Le Comité lança immédiatement une proclamation dans laquelle il se prononçait hautement pour la tactique révolutionnaire, et il ajourna au lendemain le décret relatif à la levée en masse (16 août). Mais ni le lendemain, ni le surlendemain, il ne présentait le décret promis. Il se contentait de prendre quelques mesures concernant les fonderies de canons, les points de concentration des nouvelles troupes, les attributions des délégués des assemblées primaires : tout d'abord, il avait* songé à leur donner moins un pouvoir légal qu'une sorte de mission civique qui en aurait fait les défenseurs de l'unité et de l'indivisibilité de la République et de l'obéissance due à la Convention; mais, sur les con-

seils de Danton, il finit par leur accorder le droit de mettre en réquisition les armes, les chevaux, les munitions, les subsistances. Le 19 août, Delacroix rappelle au Comité sa promesse ; il fait répondre qu'étant très occupé il ne pourra faires on rapport qu'à la séance suivante. Ce jour-là, Danton monte à la tribune. Le Comité, dit-il, a été peu pratique en décrétant une levée générale. 11 faut mourir pour la liberté, mais mourir utilement. « Considérons que, pour marcher, il faut des armes et du pain; or, avons-nous assez d'armes et de pain pour faire marcher à la fois tous les Français? Non, sans doute. Il faut combiner leur marche progressive en raison de la quantité d'armes et de pain que vous avez à fournir. C'est sur ces bases que doit reposer le nouveau projet du Comité. »

En deux mots, Danton, avec son esprit pratique, a indiqué au Comité de quelle manière il fallait comprendre la levée en masse. — Danton [peut bien penser, réplique aigrement Barère, que les idées qu'il exprime « ne sont pas étrangères au Comité; nous avons gémi de la manière dont on nous harcelait à ce sujet. Déjà, les aristocrates ont jeté le ridicule sur cette levée en masse en altérant notre idée; mais le ridicule n'atteint pas ceux qui servent bien leur patrie. Ne croyez pas que le Comité songe à faire marcher à la fois 25 millions de Français : il a songé seulement que tout devait être à la réquisition de la liberté. Nous devons tout faire pour chasser les ennemis. Un puissant effort d'enthousiasme est indispensable; mais ce grand effort doit être régularisé. C'est ce que le Comité se propose de faire » .

En effet, trois jours après, Barère vint lire le projet de décret organisant la fameuse réquisition ; ce décret

est écrit de la main de Carnot, avec des additions ot modifications de Barère. Il était précédé d'un rapport, donnant, dans le style ampoulé del'époquc, le véritable caractère de l'opération.

« Publions une grande vérité, y était-il dit : la liberté est la créancière de tous les citoyens. Les uns lui doivent leur industrie, les autres leur fortune, ceuxci leurs conseils, ceux-là leurs bras : tous lui doivent le sang qui coule dans leurs veines. Ainsi donc, tous les Français, tous les sexes, tous les âges sont appelés par la Patrie à défendre la Liberté ; toutes tes facultés physiques ou morales, tous les moyens politiquesou industriels lui sont acquis; tous les métaux, tous les éléments sont ses tributaires... La France tout entière doit être debout contre les tyrans... Hommes, femmes, enfants, la réquisition de la Patrie vous somme tous, au nom de la liberté et de l'égalité, de vous destiner chacun selon vos moyens au service des armées de la République I..J LaRépublique n'est plusqu'une grande ville assiégée. Il faut que la France ne soit plus autre chose qu'un vaste camp... Paris doit devenir l'arsenal de la France I... » *

Puis venait cet admirable décret du 23 août 1793, qui fut adopté au milieu d'un enthousiasme indescriptible :

« Dès ce moment jusqu'à celui où les ennemis auront été chassés du territoire de la République, tous les Français sonten réquisition permanente pour le service des armées. Les jeunes gens iront au combat ; les hommes mariés forgeront les armes et transporteront les subsistances; les femmes feront des tentes, des habits et serviront dans les hôpitaux; les enfants mettront le vieux linge en charpie; les vieillards se feront

transporter sur les places publiques pour exciter le courage des guerriers, prêcher la haine des rois et l'unité de la République » (art. 1 er ).

« La levée sera générale, les citoyens non mariés ou veufs sans enfants de 18 à 25 ans marcheront les premiers (1) ; ils se rendront sans délai au chef-lieu de leur district, où ils s'exerceront tous les jojurs au maniement des armes en attendant l'heure du départ » (art. vin).

t Nul ne pourra se faire remplacer dans le service pour lequel il sera requis. Les fonctionnaires publics resteront à leur poste » (art. vu).

« Le bataillon qui sera organisé dans chaque district sera réuni sous une bannière portant cette inscription : Le peuple français debout contre les tyrans ! (art xi). » • On entrait dans les plus petits détails : les maisons nationales seront converties en casernes, les places publiques en ateliers d'armes, le sol des caves sera lessivé pour en extraire le salpêtre. Les armes de calibre seront confiées à ceux qui marcheront à l'ennemi ; le service de l'intérieur se fera avec le fusil de chasse. Les chevaux de selle sont requis pour la cavalerie, les chevaux de trait pour l'artillerie et les transports de vivres. On établira les manufactures nécessaires pour une fabrication extraordinaire d'armes. Pour assurer les subsistances, les fermiers et les régisseurs de biens nationaux verseront en grains le revenu de ces biens, et ils paieront en nature leurs contributions arriérées, ainsi que les deux tiers de celles de 1793. Les délégués des assemblées primaires se rendront dans leurs can-

(1) Le 27 septembre, un décret mit formellement à la disposition du ministre de la guerre les citoyens de la première réquisition.

tons respectifs pour collaborera l'exécution de ce décret; ils pourront eu outre recevoir des commissions spéciales des représentants en mission, dont le nombre est augmenté de 18. Enfin, le présent décret sera porté dans les départements par des courriers extraordinaires.

C'est ainsi que Ton parvint» selon l'expression de Carnot, à « organiser militairement la fureur populaire » ; et cette levée en masse, qui aurait pu ne fournir qu'une cohue désordonnée, devint, sous l'impulsion du Comité de salut public, un grand et régulier mouvement national , où Ton retrouve, dit Barère, «cette sagesse qui n'exclut pas l'enthousiasme, et cette raison qui n'atténue pas l'énergie républicaine ».

Le décret du 23 août était la catégorique affirmation du devoir de tous les citoyens de défendre leur pays. de soin n'était plus réservé à des volontaires enthousiastes partis de leur plein gré, ou à des hommes tantôt élus par des camarades malveillants, tantôt désignés par le caprice du sort : tous devaient l'impôt du sang. Le grand principe de l'égalité ainsi introduit dans le plus noble, mais le plus pénible des devoirs, en rendit l'accomplissement facile. Ne pouvant appeler tous les citoyens à la fois, on appela d'abord la première classe, composée des hommes de 18 à 25 ans ; en cas d'insuffisance, on se serait ensuite adressé à la 2 e (25 à 30 ans) et même à la 3e et à la 4 e . La Convention n'y fut pas obligée. La première levée, grossie des patriotes qui, bien qu'échappant à la loi, voulurent partircomme volontaires, alimenta les armées révolutionnaires jusqu'en 1798 (1).

(1) Ce n'est que le S septembre 1798 que, sur la proposition

La grande réquisition fournissait des hommes. Il fallait les organiser. Une instruction fut rédigée à ce sujet par le Comité de salut public (i), et les représentants en mission la firent appliquer.

Les hommes de la réquisition se transportent au chef-lieu de district pour y former des compagnies de 86 à 100 hommes; neuf des ces compagnies constituent le bataillon du district ; s'il y en a plus de neuf, les représentants versent le surplus dans les bataillons incomplets. Il y a en moyenne six bataillons par département.

Sont exempts de la lovée, les fonctionnaires publics, les marins, les employés des manufactures d'armes, etc. Ceux qui, après le décret du 23 août, se sont jetés dans les fonctions publiques pour ne pas partir, en sont chassés (2). Ceux qui se feront délivrer do faux certificats de maladie ou d'infirmité seront enfermés jusqu'à la paix, et les médecins complices punis de deux ans de fers. Pour qu'on ne puisse prétexter le besoin de bras pour l'agriculture, les communes sont chargées de la culture des terres appartenant aux défenseurs de la patrie ou à leurs parents. Enfin, les réfractaires furent assimilés aux émigrés, et, comme tels, soumis, eux et leurs familles, aux dispositions des lois relatives aux émigrés et aux parents des émigrés.

de Jourdan, le Directoire déclara la réquisition de 1793 terminée, et la remplaça par la conscription.

(1) 8 septembre 1793.

(2) Décret du 22 vendémiaire an II.

Ces lois, on ne l'ignore pas, étaient très sévères ; aussi, ces jeunes gens reparurent avant la fin de la décade qui leur avait été accordée pour rentrer (i).

La levée fut retardée parla nécessité de se munir de Fil ni forme national ; les défenseurs de la patrie devaient Tacheter eux-mêmes ou se le faire fournir par leurs communes, sauf remboursement ultérieur par l'État. La confection de ces uniformes demanda un temps assez long. On eût, du reste, été fort embarrassé si tous les bataillons avaient été prêts dès le début, car les armes et les munitions manquaient. Aussi, la levée no fut terminée qu'à la fin de 1794, époque où partirent les derniers bataillons.

Ajoutons que les recrues s'exerçaient très lentement, à cause du manque d'officiers capables. On ne pouvait songer à les envoyer tout de suite à l'ennemi. Le Comité fit décréter que les premiers bataillons prêts iraient remplacer dansles villes de la frontière les trois quarts desgarnisons existantes, pour permettre à cellesci de rejoindre au plutôt leurs armées respectives (2).

La levée du 23 août produisit 425.000 hommes. L'introduction de ce formidable appoint dans l'armée lit sentir la nécessité de l'unifier. Elle se composait d'éléments fort divers : troupes de ligne, provenant des débris de l'armée royale ; corps francs; légions liégeoise, batave, etc. ; volontaires de 1791 et 1792; hommes de la levée du 24 février 1793 ; bataillons

(1) Décret du 8 frimaire an II.

(2) 27 septembre 1793.

de la grande réquisition. Ces cinq ou six espèces de troupes ayant chacune un effectif, des règlements, un costume, une organisation à part, l'administration de la guerre était si compliquée, que le ministre et ses bureaux ne s'y reconnaissaient plus. Les dépenses devenaient effrayantes, car la plupart des corps multipliaient comme à plaisir le nombre des officiers et des sous-officiers; tel simple soldat, qui venait de toucher sa prime de 80 livres pour entrer dans les troupes de ligne, les quittait pour passer dans les autres corps, où, par suite de son expérience relative, il obtenait d'emblée un grade élevé. Le Trésor était obligé de payer tous ces petits états-majors. En outre, la différence de recrutement, d'instruction et de solde était une cause permanente d'antagonisme entre les troupes. La vieille armée royale surtout, étant la moins bien traitée, menaçait de se dissoudre peu à peu. Avec elle, allaient disparaître cette instruction, cet esprit de discipline, ce sang-froid qui manquaient aux troupes de formation récente. Il ne s'agissait donc pas seulement de réaliser une économie et de simplifier des rouages: une fusion de tous ces éléments était indispensable. Elle ne présentait que des avantages, si on prenait la précaution d'opérer le mélange à raison d'un bataillon de ligne pour deux bataillons de volontaires; dans ce cas, la ligne ne parviendrait pas adonner aux volontaires son esprit de caste, sa tendance à l'obéissance passive en dehors des camps, son dédain de l'élément civil, mais elle leur inculquerait des principes d'ordre, de discipline et de sang-froid ; ceux-ci lui communiqueraient, en échange, le patriotisme et l'enthousiasme qui les animaient.

Dès le commencement de 1792, le ministre de la

guerre indiquait à l'Assemblée qu'il serait bon d'incorporer les volontaires de 1791 dans les troupes de ligne. La proposition était prématurée ; beaucoup craignaient que cette mesure ne portât atteinte à l'amour de la liberté, et ne favorisât les préjugés militaires. Pour obvier à ces inconvénients, Aubert-Dulayet proposait une solution intermédiaire: ne pas incorporer les hommes, mais réunir les bataillons. Ce système fut repoussé. Carnot et Delmas voulaient, au contraire, fondre l'armée de ligne dans les bataillons de volontaires.

Les revers de la fin de 1792 provoquèrent un nouvel examen de la question ; et la nécessité d'uniformiser l'armée s'imposa si fortement à tous les esprits que la Convention adopta le principe de Yamalgame (21-2S février 1793). Mais pour ne pas désorganiser les armées qui allaient se battre, elle en renvoya l'application à la fin de la campagne de 1793. On n'attendit même pas jusque-là.

A la fin du mois d'octobre, Saint-Just et Le Bas, convaincus, comme ils récrivaient au Comité, « que les jeunes gens de la première réquisition ne peuvent être employés utilement qu'au moyen de l'incorporation dans les corps actuels, » prirent un arrêté dans ce sens : le Comité les approuva (1); leurs collègues Hentz et Bo annoncèrent bientôt que ce qui avait été fait par Saint-Just et Le Bas pour l'armée du Rhin, ils l'avaient décidé eux-mêmes pour l'armée des Ardennes (2). Quelques généraux avaient agi de même.

Le Comité se décida alors à appliquer la loi votée en principe au mois de février (3). Deux opérations bien

(\) Lettre du 6 brumaire an II.

(2) Lettre du 2 frimaire an II.

(3) Décret du 2 frimaire au II.

distinctes devaient être faites : 1° réduction de tous les types d'armées à deux, la ligne et les volontaires, par la fusion de tous ces derniers en un seul type ; c'est ce qu'on appela l'incorporation; et 2° amalgame de la ligne et des volontaires.

C'est dans les bataillons de 1791 et 1792, déjà quelque peu expérimentés, que furent versés, sans distinction de grades, les hommes des légions tant étrangères que françaises, des corps francs et des bataillons de réquisitionnaires du 23 août. Les sous-officiers qui perdaient ainsi leurs épaulettes murmuraient; ils envoyèrent des adresses très vives à la Convention ; des députations vinrent se plaindre à la barre. La Convention décréta que « quiconque tiendrait des propos suspects sur Tincorporation » serait traité comme « conspirateur », et elle interdit à tous les corps de troupes de la République d'envoyer des députations à la barre (1). Les chefs qui désobéiraient seraient fusillés.

On unifia les grades, la solde, l'habit. A mesure que les vêtements de toutes formes et de toutes couleurs que portaient les volontaires étaient usés, on les remplaçait par l'uniforme national. Ce n'est pas sans regrets que les soldats de ligne quittèrent l'habit blanc de l'ancienne armée pour prendre l'habit bleu des volontaires; il fallut menacer de destitution les officiers qui conserveraient l'ancien uniforme (2).

Puis, dans les premiers jours de janvier 1794, vint l'amalgame par l'embrigadement. Pour 213 bataillons de ligne, il y avait, après la réforme des corps francs et l'incorporation des réquisitionnâmes, 723 bataillons de volontaires. On forma d'abord 213 demi-brigades

(1) 21 décembre 1793-4 janvier 1794.

(2) 29 août 1793.

(le nom de régiment ayant été supprimé) au moyen des 213 bataillons de ligne, et d'un nombre double, c'està-dire de 426 bataillons de volontaires; et comme il restait 299 bataillons de volontaires en surplus, on en fit entrer une partie dans les corps qui n'avaient pas l'effectif voulu, et avec le reste on créa 15 demi-brigades, qui étaient donc exclusivement composées de volontaires. Ces derniers ne furent pas envoyés tout de suite à l'ennemi.

Cet immense bouleversement fut accompli en moins de trois mois (1). Voici de quelle façon on procédait : « Un membre de la Convention, commissaire à l'embrigadement, se rend dans chaque armée. Sans dégarnir, sans changer aucun poste, il assemble en armes deux bataillons de volontaires et un de ligne, leur annonce qu'ils sont réunis et forment une demi-brigade, leur fait prêter serment de maintenirla liberté, l'égalité, la République une et indivisible ou de mourir à leur poste. 11 désigne ensuite celui des trois chefs de bataillon, qui, étant le plus méritant, est chargé de conduire à la victoire les défenseurs de la patrie. Le nouveau chef de brigade ordonne do poser les armes et de rompre les rangs. Soldats, volontaires et réquisitionnâmes se jettent dansles brasles unsdes autres en criant Vive la République! — Puis chacun se remet à sa place, et la demi-brigadedéfile devant le commissaire de la Convention en chantant la Marseillaise (2). »

Ainsi s'accomplit l'unification des armées de la République.

(1) Il fut terminé le \' r germinal (21 mars 1794).

(2) Cli.-L. Ghassin, V Armée et la Révolution .

Les demi- brigades se groupent par divisions (6à8.000 hommes), correspondant à nos corps d'armée, et formant un tout complet, pourvu de son général et de son état-major. Cinq ou six divisions, dont chacune constitue une colonne., sont groupées en armées. Leur nombre et leur effectif, on le comprend sans peine, varient constamment pendant le cours de la Révolution. Danton en compte onze en août 1793 ; au mois de décembre, il y en a quinze; à la fin de 1795, on n'en trouve plus que huit, mais le peuple en est resté aux quatorze armées décrétées par la Convention. Si Ton fait entreren ligne l'armée de l'intérieur, plus tard appelée armée de réserve, et fondue dans celle de l'Ouest, puis l'armée intermédiaire, qui n'était que la réserve de celle du Nord et des Ardennes, enfin l'armée révolutionnaire, on arrive en effet au chiffre de 14, mai cela dure à peine un mois (8 sept.-6 octobre 1793).

Même manque de fixité dans l'effectif de chaque armée. La Convention avait décrété la levée de 14 armées de 100.000 hommes chacune. L'expérience ne tarda pas à montrer qu'il était d'une logique puérile de vouloir donner un chiffre égal à chaque armée, quels que fussent ses besoins ; et voici de quelle façon les forces de la République étaient réparties en thermidor an II:

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