‹ Le Comité des travaux historiques et scientifiques (histoire et documents) (volume 2)Chapitre 126 sur 196 · VERSIONS FRANÇAISES DE LA BIBLE ET DES LEGENDES · texte numérisé non relu

VERSIONS FRANÇAISES DE LA BIBLE ET DES LEGENDES

L*ancien Comité a donné un utile exemple , approuvé de toute TEurope savante , lorsqu'il a publié , par les soins de M. le Roux de Lincy, la traduction française, écrite vers le xii* siècle; et peut-être au xi*, des quatre livres des Rois. Cette édition a été, depuis, le manuel.de quiconque a voulu, non plus deviner, mais observer comment notre langue , en se dégageant de ses éléments latins, s est essayée à revêtir peu à peu les formes qui lui sont restées. Mais ce n était là. que le premier pas dans une voie qu'il convient de poursuivre. Nous regrettions alors de n'avoir pu donner que par extraits la rédaction en langue vulgaire des sermons de saint Beriiard. Combien on fournirait surtout à Téludeie moyen le plus sûr de s'éclaii'er par la compai^aison, si fon faisait succéder aux livres des Rois^ d'après des copies non moins anciennes, d'autres monuments de notre langue primitive, l^r traduction des Psaumes, celle des deux livres des Machabées, celle des Afôraliiés sur Joh et des Dialogues de saint Grégoire! De semblables versions, faites sur des textes respectés, sont de vrais lexiques du vieux langage, et, comme elles s'adressaient à la foule , de sincères témoins de l'idiome populaire.

Il convient donc de rechercher avec curiosité, pour remplacer ainsi les conjectures par des preuves, tout ce qui peut s'être conservé de ces traductions de l'Ecriture sainte, recommandées à tous les diocèses de France, dès l'an 8i3, par les conciles. Celles des légendes de la Vierge, des vies des Pères et des Saints, en vers ou en prose, méritent presque la même attention. Ces instructions faites exprès pour la multitude des fidèles, comme les &antiques sur saint Etienne, saint Jean, saint Biaise, saint Léger, satint Nicolas, et les deux pièces retrouvées à Valenciennes (l'histoire rimée de sainte Eulalie, qui est peut-être du x' siècle, et J'homélie mi*par.lie de latin et de français sur Jonas, plus anetenne encore), doivent être ailleurs en asses grand nombre, puisqu'il est certain qu'au \nf siècle on persistait à. lire des vies des Saints en vieilles rimes françaises dans les églises des environs de Paris.

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