STATUES ET BAS-RELIEFS
Les monuments figurés de i*époque carthaginoise sont extrêmement rares en Afrique : on ne peut guère espérer en trouver à la surface du soi. Quelques rochers présentent des dessins gravés au ti*ait figurant le plus souvent des animaux du pays; ce sont les bas-reliefs dits rapestres, attribués aux populations indigènes de TAfrique et très intéressants, malgré la barbarie du style. On peut les estamper comme ded inscriptions. En général, il ne faut pas négliger de copier ou de photographier des monuments parce quils sont exécutés d'une manière grossière : comme témoignages de Tart indigène, comme documents sur les croyances ou les cultes locaux, ils présentent souvent un intérêt supérieur à celui d*œuvres d'art plus dignes de ce nom. Les dessins qu on exécute d'après ces objets doivent être d'une précision minutieuse et ne jamais tendre h embellir le modèle.
Les statues romaines, représentant des empereurs, des impératrices, des magistrats municipaux, etc., sont assez nombreuses en Tunisie. La plupart n'ont aucune valeur artistique : dles étaient exécutées sur im modèle con* venu et offrent généralement à la partie supérieure du torse une cavité où Ton ajoutait après coup la tète du personnage que l'on voulait représenter. Les tètes, et en particulier les nez, ont été mutilés à l'époque des invasions ou ont servi de cibles aux Arabes ; les figures entières sont par conséquent fort rares.
Les bas-reliefs funéraires, sculptés au-dessus ou au-dessous d'épitaphes, sont des œuvres très grossières , mais qui méritent néanmoins d'être copiées. La classe des terres cuites est fort nombreuse ; les unes sont des figurines en ronde bosse, les autres des reliefs imprimés à l'aide de moules. Parmi ces dernières il faut signaler les briques d'époque chrétienne portant des représentations d'animaux et des scènes empruntées aux Livres saints.
Les statuettes de bronze sont de la plus grande rareté. H faudra se défier de celles qqi sont offertes par les macchands de Tunis comme découvertes à Utique ou à Cartfaage; la plupart sont fausses, et les autres ont été importées d'Italie.
mosa!qdes.
La mosaïque est un art essentiellement romain , et il n y a guère de ruine romaine où Ton n*en rencontre des spécimens. On a aussi trouvé en Tunisie des tombeaux d'époque chrétienne ornés de dalles en mosaïque avec des inscriptions funéraires (tombeaux de Lemta, entre Sousse et Sfax).
Bien peu de mosaïques présentent un intérêt artistique suffisant pour qu'il soit utile de les détacher et de les transporter sur toile, opération difficile et fort coûteuse qui ne peut être confiée qu'à des ouvriers spéciaux. Mais toutes celles qui ne se composent pas de simples dessins géométriques méritent d être reproduites avec soin , si possible en grandeur naturelle ou à grande échelle. Il suffit pour cela de calquer la mosaïque avec du papier à calquer ordinaire , de reporter le calque sur papier à dessin en le réduisant s il y a lieu, et d'indiquer les couleurs à 1 aquarelle. On conçoit que, les mosaïques découvertes étant généralement destinées à disparaître dans un temps plus ou moins long, il y ait grand intérêt à en conserver le sou* venir dans une reproduction d'une exactitude mathématique qui pourra être, à son tour, reproduite dans le recueil par les procédés de la chromolithographie ^^^
Il est essentiel , lorsque l'on copie une mosaïque, d'indiquer la nature des pierres qui la composent, et qui sont tantôt des marbres de couleur, tantôt des cubes de verre coloré, tantôt des cubes en terre cuite ou des cubes émaillés. On pourra toujours joindre à l'envoi de la copie quelques spécimens de pierres prises dans les parties moins bien conservées de la composition.
Les mosaïques les plus intéressantes sont celles où l'on a figuré des personnages ou des animaux. Les inscriptions en mosaïque sont rares et doivent é\Te calquées avec grand soin. On pourra généralement se dispenser de copier entièrement les bordures composées d'ornements qui se répètent sans variantes ; le motif principe suffit pour donner une idée satisfiiisante de l'ensemble.
Lorsque la copie d'une mosaïque éveillera l'idée d'une œuvre d'art vraiment importante, les mesures nécessaires seront prises pour qu'elle soit détachée et transportée en lieu sûr.
^'^ C*c9t ainsi qu*une reproduction de la mosaîqae d*Hammam-Lif, exécutée par les soins de M. le capitaine de Pradhomme , a pu être publiée en couleurs dans la Betne archéologique de i884.