‹ Le Comité des travaux historiques et scientifiques (histoire et documents) (volume 2)Chapitre 2 sur 196 · S 2. PIERRES DITES DRUIDIQUES · texte numérisé non relu

S 2. PIERRES DITES DRUIDIQUES

On trouve en France , comme dans tout le nord de TEurope , un vaste système de monuments qui, sans ofirir aucune des conditions de Tart, présentent cependant entre eux assez de similitude pour faire reconnaître quune même pensée présidait à leur exécution.

Ces monuments se composent, en général, de fragments de rochers, de pierres dont la forme est plus ou moins irrégulière, dont les dimensions sont plus ou moins grandes, tantôt isolées, tantôt disposées en groupes d'après des lois qui paraissent constantes.

Dans les contrées qui offrent des restes de ces monuments , les premières études doivent faire distinguer les masses élevées à main d*homme de celles que la nature s'est plu à isoler.

Lorsqu'on aura constaté par l'aspect du terrain que le transport et la pose de ces pien*es ne peuvent être que le résultat des efforts de l'homme, la qualité de la roche, la distance du gisement qui en fournit la matière , la direction qui put être suivie après l'exploitation jusqu'au lieu où le monument fut consacré, présenteront des observations importantes à consigner.

On notera les dimensions des monolithes, en hauteur, largeiu*, épais* seur; leurs distances respectives, s'ils forment un groupe. Dans ce travail géométrique on devra employer le mètre comme unité de mesure.

Oki désigne par le nom de men-hir ou pealvan les longues pierres debout et isolées qui se présentent fréquemment dans l'ouest de la France. Les traces de rainures ou d'inscriptions, les intentions de sculpture et d'ornements qui pourraient s'y rencontrer doivent être levées avec soin.

Les pierres druidiques sont rarement seules dans une même contrée; les rapports qui existent entre ces pierres seront le sujet d'un plan mesuré si

elles sont voisioes , duoe triangubtioD si les distances qui les séparent ne permettent pas de juger d'abord de leurs positions relatives. Des men-hîrs.

Uen-hirde Kmeatoa (Fluitin).

désignés sous le nom de haates bornes, paraissent situés sur les fronti&res des nombreuses provinces qui formaient la Gaule; ces monuments peuvent guider dans l'étude des divisions positives de la topographie antérieure i la conquête romaine.

Des pierres debout, alignées comme des arbres, occupent une superficie considérable; tel est l'aspect que présente le monument de Carnac: cette disposition est désignée par les noms d'(dignenuTit, d'allées non couvertes.

«LionSHENT n LKBtvim.

Des groupes de pierres alignées ou en cercles présentent à leur sommet des mortaises quï furent destinées à recevoir des archîtravesi les portes rustiques qui résultent de cette disposition se SunwJIeagn (An^rtene). nomment Uchauens; l'étendue

des mortaises, leur disposition, la distance qui les sépare deux à deux seront

de s sujets d'études mesurées et dessinées.

Les cercles de pierres, les combinaisons elliptiques ou en spirale formées

par des roches peu élevées semblent tenir à des idées astronomiques; ces

courbes, de quelque nature qu'elles loient, doivent être levées géotnétri-

piunn TounNUTR.

quement; il importe de reconnaître le nombre des roches qui les composent. Leur ensemble est désigné par le nom de cromlech.

Des masses placées en équilibre sur des bases solides peuvent recevoir un mouvement d'oscillation plus ou moins développé, d'autres roches tournent sur un pivot; nommées pierres branUinles, pierres croalantcs et tournantes, elles seront examinées et reproduites, les unes de manière à faire connaître le degré d'inclinaison qu'elles peuvent prendre relativement à l'horizon, les autres dans leur mouvement de rotation comparé k celui de la boussole. On cherchera leur centre de gravité et les moyens qui purent être employés dans la pose.

Pierre branlante iuai les environs de Luiembonrg.

LMinen de LofrMarUker. Dolmen iimplp

On nomme dolmen une table de pierre formée d'une masse plate por-

tëe borizontalemeat par plusieurs roches verticales. On considère ces monuments comme des autels gaulois.

Le demi-dolmen est une pierre inclinée qui est soutenue par une de ses extrémités seulement, l'autre posant sur le sol. On examiaera si le demi* dolmen ne serait pas le résultat d'accidents arrivés à un dolmen complet

DEMI-DOLMU.

La table des dolmens est quelquefois percée d'un ou de plusieurs trous; il est important d'étudier si toute la superficie de ia pierre offre une pente ou des rainures dirigées vers les points perforés ou vers les extrémités. L'orientation du monument peut servir à fixer son origine et ne doit pas être n^ligée.

Le nom d'allées coavetiet est donné & de longues suites parallèles de pierres dressées et portant des masses placées horizontalement pour former un toit. On examinera avec soin ceux de ces monuments qui , par leur symétrie, par l'étude apportée dans la pose et l'ajustage des pierres, pourraient indiquer un progrès dans l'exécution , et faire entrevoir l'usage d'instruments tranchants.

AU^ couverte J'Emc (llle-«t-Vilime].

Des pierres enchaînées deux k deux, des roches de formes singulièi'es ou

présentant un passage au milieu de leur masse , des blocs de matières précieuses (" et de produits naturels fort rares daDsunecooQrée , sont devenus

A]Ue couverte de Tanié (Ule-et-Vilaine).

des sujets de pèlerinages, en raison des vertus que leur attribue la superstition. Abandonnées à elles-mêmes, loin des routes et de toute habitation, d'autres pierres conservent des traces d'usages inconnus; ^es seront toutes dessinées et accompagnées des traditions, alors que la moindre indication démontrera qu'elles ont été travaillées ou seulement transportées par les bommes.

On décrira scrupuleusement les terrains voisins des monuments druidiques, et, dans le cas où des Eouîlles y auraient été pratiquées, un procèsverbai évitera pour l'avenir de nouvelles et infructueuses recherches.

Les pierres consacrées par la tradition gauloise sont de nature à être exploitées de nos jours par l'industrie ; on s'efforcera de sauver de la destruction ces monuments historiques.

S 3. BARROWS ET TOMDELLBS.

L'usage de décorer et de protéger les sépultures par des monticules ou tombeaux en terre fut presque universel dans l'antiquité. On trouve en France de nombreux exemples de ces tombeaux, qui paraissent avoir été élevés , soit par les Celtes , les Kimris et ,les Gaulois , soit après eux par les Romains, et enfin par les peuples du Nord.

Les dimensions de ces collines factices varient en raison du nombre d'individus qui y furent inhumés : leur forme est allongée k la base lorsqu'on a voulu en faire des sépultures communes, nommées depuis ossuaires; elle est arrondie quand l'iobiimation est simple. Le squelette est placé sur le sol;

'•' ■ Aérolithcs et mK<!<e» de métaux natifs. I

sous la tètese trouve assez généralement une arme; une grosse pierre couvre la partie supérieure du corps; des ossements d'animaux l'entourent quelque-

fois. Ces sépultures doivent è(re fouillées en les coupant en croix par le milieu.

Une coupe indiquant le gisement Aes corps et leur position orientée, des mesures de diamètre et de hauteur, un plan de ces fouilles et un procès- Teii)al , teb sont les travaux qu'exige cLacun de ces barrows.

Lorsque la tombelle, par-sa grande étendue, peut être considérée comme un ossuaire, elle présente des dispositions intérieures de plusieurs natures: des chambres sépulcrales formées de pierres. brutes < réunies comme des dolmens , renferment un ou plusieurs individus couchés ou assis; des couloirs conduisent à ces cryptes , et souvent une galerie commune est destinée au service de tous les caveaux.

Dans d'autres exemples, une chambre allongiïe, formée comme les galeries couvertes , réunit tes corps qui reçurent une sépulture commune ; enfin , dans ces ossuaires, les constructions sont quelquefois en pierres cimentées: c'est alors qu'en étudiant les divers ustensiles trouvés dans la sépulture on peut décider si elle est gauloise ou romaine. Les fouilles de ces ossuaires demandent plus de soin que celles des tombeaux simples, afm de ne pas les détruire en les ouvrant. Si la colline factice est allongée , elle peut être entamée par une des extrémités, ordinairement soumises à l'orienlation.

Dans les plans et coupes, tracés avec beaucoup de soin, le nombre et la forme des pierres brutes qui composent les cryptes sont des détaOs importants i indiquer.

Une couche d'argile était ordinairement placée dans les parties basses pour les préserver de l'humidité; les procès-verbaux doivent faire mention de cette circonstance.

Les tombelles sont quelquefois réunies en grand nombre; elies forment alors des cimetières près des oppida, dans leur enceinte, ou sur un champ de bataille. Placées sur une même ligne, il est nécessaire den indiquer la direction orientée, ainsi que les hauteurs respectives.

Les tombelles funèbres arrêtées à leur base par un cercle en pierres brutes ou appareillées peuvent offrir d'utiles observations relatives à la construction» Les galgals sont formés de pierres amoncelées.

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