‹ Le Comité des travaux historiques et scientifiques (histoire et documents) (volume 2)Chapitre 21 sur 196 · S 7. JEUX PUBLICS · texte numérisé non relu

S 7. JEUX PUBLICS

Les jeux publics établis dans les vittes romaines néeessitèrent la construction d'édifices capables de réunir la foule des spectateurs; è l'emploi du bois on. substitua bientôt celui des matières plus durables,, et, dans les colonies fondées par les empereurs avec tout le luxe des grandes cités , an éleva des monuments spéciaux aux jeux scéniques, aux^éombats d animaux, aux coui*ses de tout genre; les grandes villes de la Gaule offriront donc collectivement aux études de MM. les correspondants le théâtre, l'amphithéâtre et le ciripie. Lorsqu une ville sera considérée comme lune colonie du second ordre, elle pourra se voir privée d'un de ces immenses édifices; le cirque, fort rare dans les Gaules, fut supprimé le plus souvent, et les courses s'établirent sans frais dans la plaine.

L'amphithéâtre, qui offrait dans son enceinte plus d*un genre de combats, manque rarement aux colonies de quelque importance, et ses jeux,.; conservés jusqu'aux premiers siècles de la monarchie, nécessitèrent alors quelques constructions dont on retrouve les traces. Le théâtre enfin rëolift tous les divertissements donnés aux populations lorsqu'il fut le seul édifice consacré aux fêtes. MM. les oorrespondants rechercheront les souvenirs historiques de ces jeux publics et devront, selon l'étendue des villes, rendre compte de leur importance; les camps ou grandes stations militaires pourront aussi conserver les traces de théâtres. -

Chacun de ces monuments présente des formes distinctes, des dispositions spéciales, qui doivent être étudiées dans tous leurs détails.

S 8. THéÂTRE.

Le théâtre des Romains était le plus' répandu dans les Gaules; il différait, de celui des Grecs par la scène, beaucoup plus étroite, et par l'absence du thymélé ou orchestre avancé destiné aux récitatifs et aux chœurs. Il se composait de deux parties bien distinctes. La première, tracée sur un pl^ demi-circulaire , contenait les banos des spectateurs. L'éeonçmie « la facîli|b6; d'exécution avaient fait établir dès l'origine cette portion de cercle dans le flanc d'une colline , dont la pente favorisait la p6se des gradiosw - <, .

Une galerie à colonnes régnait au sommet, el formait la tribune .d^, femmes, et plus souvent celle des esclaves; cette galerie était quelquefois en bois. Dans cette division importante du théâtre, on étudiera les déga-

Pka Au tiiéktn de Hircetltu . L Rome.

gements favorables è l'arrivée et k la sortie de la foule, les vomîtoires ou débouches pratiqués dans les corridora pour faciliter le classement des spectateurs sur les baacs et dans les précinctioDS, grandes divisions des places par castes et professions ; enfin, sous les gradins, on suivra les traces des voûtes ou cases qui recevaient des vases en brome destinés à porter ]a voix des acteurs jusqu'aux pbces les plus éloignées.

Lorsque des fouilles s'opéreront I sur le sol inférieur de cette portion demi-circulaire des ^éâtres, HM. les <!orrespoDdants y chercheront les traces de pavés, mosaïques, indication de l'importance que prenait cette place, réservée aux premiers magistrats. Des autels et même de petits édicules consacrés aux dieux qui présidaient à la scène pourront s'y rencontrer, aussi bien que dans quelque autre lieu de la salle. Sur le sol inférieur, appelé de nos jours le parterre , s'amoncelèrent les débris de sculpture et de décoration , qui , toinbant de toutes parts, s'y réunirent par la nature même et la forme de ' ré<fifice. C'est là que les fouilles mettront au jour les fragments les plus précieux.

La seconde partie du théâtre contenait la façade, le prxaceniam ou avantscène, les salles des mimes et toutes les dépendances nécessaires aux spec* tacles; elle était sur un plan rectangulaire et formait le diamètre ou la corde de l'arc destiné k la foule.

Le pnsceniam, décoré de marbres, de bas-reliefs, de colonnes, ornait le fond de la scène réservée aux représentations; V}^rposceniam , mur peu élevé, qui du sol inférieur gagnait le niveau de la scène, était aussi enrichi de sculpture. Des portes situées au fond sur le proscenium et dans les faces latérales communiquaient aux salles des acteurs, et donnaient entrée aux cbœors, aux processions et à toute la pompe des spectacles. Ces di^taîis de décoration et d'usages seront consignés dans des coupes levées géométralement sur toutes les parties importantes; elles compléteront les dessins généraux dé Tédifice.

On recueillera tous les détails de scellemeots qui pourraient iodiquer les attaches de bas-reliefs et de marbres incrustés; les trous placés de manière à expliquer les moyens de couverture en charpente sur l'avaat-scène seront mesurés et placés scrupuleusement sur les dessins.

Les escaUers situés près des façades seront figurés aux plans, avec le nombre et ta disposition des marches nécessaires pour arriver au sc^ des divers planchers. Sur les élévations on détaillera les moulures de décoration, les appareils des cintres, les proportions des étages et de leurs ouvertures. Au sonunet des édifices on recueillera tout ce qui pourrait expliquer les moyens employés pour tendre le velariam sur la totalité du monument : . des consoles saillantes en marbre ou en pierre receviflent un système de charpente à c^t effet. On cherchera près des théâtres les traces des portiques couverts, destinés à recevoir la foule, dans le cas où la pluie survenait au milieu des jeux. Ces portiques, composés de plusieurs rangées de colonnes, offrirent des dispositions carrées, ou de formes irrégulière^, selon que les localités permirent de les étendre. Des lemfdes furent quelquefois élevés dans leur enceinte; des plantations en faisaient une promenade publique semblable à nos esplanades.

S 9. AHPHITHéiTIUI,

Double théâtre par sa forme et sa superficie, l'amphithéâtre, commun en France, présentait une construction immense sur un plan elliptique. Placés près de l'enceinte des villes, pour faciliter l'introduction des animaux qui devaient combattre, ainsi que pour le transport des victimes au delà des murailles, ces monuments offraient k l'extérieur plusieurs étages d'arcades continues, sur une longue coutije décorée de piliers ou de colonnes.

L'architecture des amphithéâtres, exécutée dans des oaractires pesants, vigoureux et convenables au sujet , doit être étudiée spécialement par MM. les correspondants et mesurée avec assex de soin pour conserver à tous les, détails leur physionomie particulière.

Dans l'altique, au sommet de la façade, une suite non interrompue da

Pbn <l« l'amphithëllrs Finiui, à Rome.

coDBotes en pierres percées verticalement d'un large trou recevaient, comme

autour des théâtres, des pièces de bois dressées, et de l'extrémité desquelles

partait ua système de cftbles tendus vers le centre

de l'édifice, pour supporter un velariam destiné A

mettre la foule des spectateurs i l'abri.

Les moyens employés pour placer les poutres du velariam, pour soutenir le tirage des toiles par la combinaison des bois; le numérotage des consoles pour l'ordre établi dans le service ; les scellements de fer qui, sur les bancs ou dans quelque autre point de l'édifice, indiqueraient des auxiliaires au ^rstime des câbles, compléteront les études relatives à cet abri léger. Les écoulements des eaux pluviales, les délaib de construction, les attributs sculptés, les décorations plaquées, etc., etc., sont des sujets d'observation qui doivent être recueillis, décrits et dessinés.

Immédiatement derrière la façade se trouvait à chaque étage une grande galerie de circulation qui faisait le tour de l'édifice. Destinée à recevoir la foule non seulement à l'époque des jeux, mais â tout moment de la jour-

Coupe de l'atnpliithéitre d'Ariei.

née, cette galerie contenait des boutiques, et faisait de l'édifice un bazar, qui réunissait les habitants ei les étrangers. De plein pied avec ces galeries

ou par des escaliers multipliés, on se rendait aux loges des spectateurs, par les vomitoires disposés pour donner entrée aux diverses prédnctions de gradins. La foule réunie dans ces édifices immenses trouvait place sans désordre par la belle disposition de^ issues; toutes les combinaisons de dégagements fournies par le plan , la facilité de classement dans les précinctions, la division des loges, les inscriptions de corporations gravées sur les bancs, la place assignée à chacun, depuis la tribune de Tempereur et des premiers magistrats de la colonie jusqu'à la place étroite du dernier des spectateurs, présenteront des détails curieux à examiner.

Les inscriptions indiquant les restaurations faites dans l'édifice, et, à défaut d'inscription, les difiTérences notables que présenteront les matériaux dans leur nature même, ou dans la manière dont ils fiirent employés, serviront de guide pour étudier les révolutions qui s'opérèrent à diverses époques; on y reconnaîtra la continuation des usages qui maintinrent les jeux de l'amphithéâtre jusqu'aux premiers temps de la monarchie.

Arrivé enfin au sol de l'arène, on étudiera sa forme par un relevé des courbes; dans le podium ou clôture formée de pierres dressées, qui séparait les spectateurs du péril des jeux, on trouvera les quatre portes donnant entrée aux animaux et aux combattants. On examinera scrupuleusement les moyens employés pour clore ces portes, ainsi que, toute autre partie de l'édifice; les scellements fixés au podium et indiquant des barrières de métal, qui protégeaient plus complètement les spectateurs contre les dangers de l'arène; enfin on pourra trouver les traces d'un euripe ou canal placé dans quelques amphithéâtres à la base du podium, pour éloigner encore les animaux.

Si des fouilles pratiquées dans l'étendue de larène mettent au jour des substructions étroites, on y reconnaîtra des canaux convenables à Técoulement des eaux; plus étendus, ces conduits pourraient former un système d'aqueducs liés aux citernes et châteaux d eau de la ville : on y verrait alors un moyen d'amener l'eau dans l'arène pour des jeux nautiques. Un troisième motif enfin peut être attribué aux constmctions trouvées sous le sol central de lamphi théâtre, c'est à savoir une suite de corridors destinés aux machinistes qui faisaient paraître des décorations.

En France, des amphithéâtres creusés dans le roc sont tracés sur des plans en polygones plus ou moins réguliers.

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