PORCHE ET ATRIUM
Le porche des églises latines est un espace couvert par une charpente, le plus souvent apparente et appuyée sur la façade de Tédifice. Il se compose d*une rangée de colonnes, ordinairement en marbre, établies parallèlement au mur de face, à une distance plus ou moins grande, déterminée par rétendue et le service du temple. Les bases de ces colonnes sont imitées de lantique, les fôts sont unis, cannelés verticalement ou en spirales très serrées. Ces colonnes sont couronnées de chapiteaux ioniques ou corinthiens, quelquefois exécutés avec art par les chrétiens, et oflfrant plus souvent les premières modifications quils apportèrent aux formes antiques, et qui devaient les mettre sur la voie de création qu'ils nont
cessé de suivre jusqu'à la Renaissance.
ENTABLEMENT. k '* * 1'^ J JL J J
Les chapiteaux sont liés deux à deux par des architraves en pierre ou en marbre, sculptées ou ornées de moulures; elles entourent le portique sur les trois faces libres, et forment le premier membre dun entablement composé de trois assises superposées : Varchiti*ave , la frise et la corniche.
La frise , partie intermédiaire , est décorée de sculpture ou d'une mosaïque
en mai4)re de couleurs, en porphyre rouge et vert, et autres matières précieuses , dont l'assemblage était nommé cpas Alexandrinum.
La corniche, divisée par des moulures, larmiers et modillons, rappelle les riches compositions romaines; la seule différence qu'elle présente avec l'antiquité consiste dans les mauvaises proportions de ces moulures et dans l'exécution peu soignée de leurs détails. Les feuillages aigus et mal dessinés, l'abus du trépan pour produire des refouillements profonds et des effets d*ombre, le vague qui règne dans la sculpture des parties saillantes et peu modelées , tels sont les principaux caractères de ces premiers travaux des chrétiens.
Le porche est surmonté, à l'intérieur, d'une charpente composée d'un entrait, appuyé d'une part sur l'architrave qui lie les colonnes, et de l'autre dans le mur de face de la basilique. Des arbalétriers , des pannes et de nombreux chevrons portent une couverture en tuiles. Le fond du porche est décoré de peintures; au-dessus des portes se placèrent les premières mosaïques destinées à décorer les portiques; elles représentaient les apôtres auxquels étaient dédiés les édifices.
Les trois portes de la basiUque s'ouvrent sous le porche; elles sont établies d'après le système d'architraves consacré par l'antiquité , et qui caractérise l'architecture des premiers chrétiens. Des chambranles les encadrent dans trois pièces de marbre d'une grande dimension; la moins longue forme un linteau supporté par les deux autres. Elles sont souvent décorées de sculpture d'ornement; Yopas Alexandrinam enrichit quelquefois ces chambranles.
I En avant de la porte principale on voit fréquemment
II deux lions en marbre , entre lesquels on rendait la justice 3B"l^IBir; inter leones. Les premiers chrétiens , peu habiles dans
la sculpture, ont souvent incrusté dans les murs de la façade, auprès des portes, des fragments de sarcophages romains ; les têtes de lions qui s'y trouvent figurées tiennent lieu de celles qu'ils ne pouvaient exécuter eux-mêmes.
Sous le porche, auprès de la porte principale, étaient placées deux fontaines ou bassins destinés aux purifications; introduits plus tard dans le temple , ils reçurent l'eau bénite.
UcUrium, situé devant le porche, est, comme on l'a vu plus haut dans la
FOBTB LATnVE.
Porte de la basilique Saint^Laurent, à Rome.
description du plan des basiliques, un vaste empiacement carré, ceint par des murailles élevées ou par des portiques. La décoration de ces galeries couvertes qui font le tour de Vatrium ou parvis est la même que celle du porche avec lequel elles sont liées. Les entre-colonnements et le système d'architrave sont les mêmes, seulement on trouve moins de richesse dans les frises et dans les détails d'architecture.
La porte de l'atriam est ouverte dans l'axe de la basilique; elle est richement décorée par un chambranle en marbre couvert d'ornements. Deux colonnes supportent un toit ou une voûte devant cette porte et forment un porche auquel était suspendu un long voile pendant jusqu'à terre.
Dans les basiliques privées d'atriam, chaque entrecolonnement du grand porche était fermé de même par de longs voiles, qui protégeaient les pénitents contre les importunités de la rue.
PACB LATénALE.
Les faces latérales des basiliques latines ne présentent rien de bien remarquable , si ce n'est l'appareil de la construction , qui s'y développe sur une grande superficie. On y peut étudier aussi la disposition des toits des nefs latérales, et leur arrangement avec les transepts, si la basilique est disposée en croix.
Au-dessous de ces toits se développe une longue série de fenêtres qui éclairent la nef principale; elles sont ordinairement cintrées. Là, plus que partout ailleurs, on peut étudier leur forme et leur construction. On y voit facilement si les cintres sont exécutés avec des claveaux en pierre de taille.
avec des moellons et des briques alternées, enfin avec des briques seules, sans mélange de matériaux étrangers.
Dans les contrées méridionales, ces fenêtres étaient closes avec des tablettes de marbre, percées de trous circulaires ou en losanges, assez rapprochés pour former un treillis solide. Des morceaux de verre ou d'albâtre étaient lïxés à ces ouvertures.
Fenêtres k SamtLitireat-luin-le«-Miin de Rome.
4BUDU latihes.
FAÇADE FOST^RIEDRE.
La feçade postérieure des basiliques latines présente ime ou plusieurs absides en tour ronde. Celle du milieu, la plus grande, est souvent cou* ronuée d'une corniche en marbre, supportée par des modîHons imités de l'antique. Il est rare de voir des fenêtres percées dans les absides des églises primitives. La construction y est apparente et la même que sur les faces la> tendes de l'édifice. Les absides sont appuyées contre le mur qui occupe le fond du temple. Si relise est sans transept, le mur présente le même profil quecelui qui forme la façade principale ; dans le cas contraire , sonsommet est horizontal dans toute l'étendue de la face postérieure, et n'offre aucune pente ou inclinaison. Les toits qui couvrent les absides sont en tuiles, et forment de demicdnes , appuyés contre te mur oriental. Ces toits sont posés sur l'extrados des Toutes d'absides; ou y trouve rarement du bois de charpente.
Les tuiles ont souvent conservé la forme romaine; elles peuvent être remplacées par des dalles en pierre ou de métal.
ÉKyition de l'abaiile de Saint-SAba.
74 — Les grands combles des basiliques latines sont toujours composés de fermes en charpente ou assemblages triangulaires dont les éléments sont : un entrait ou pièce horisontale, deux arbalétriers donnant l'inclinaison au toit, une pièce verticale , nommée poinçon, divisant en deux parties
égales le triangle ou ferme, et destinée à soutenir l'entrait par le milieu.
Les fermes sont réunies entre elles par le laitage et les pannes qui doivent
supporter les cbevrons.
INT^niKUn DES BASILIQUES.
Les basiliques primitives se divisent, à l'intérieur, en nefs d'inégale largeur, séparées par deux ou quatre rangées de colonnes, qui, du mur de face, s'étendent jusqu'au fond du monument. Le style d'architecture qui préside k la décoration intérieure est, comme on l'a vu pour les parties déjà décrites, une imitation de celui que les Romains avaient consacré depuis plusieurs siècles & leurs édifices, < puisque les temples païens fournirent aux fidèles les riches colonnes, les sculptures variées, les chapiteaux de diverses formes qui décorèrent les premières ég^ses.
De nombreux pilastres et des compartiments de marbre et de porphyre enrichissent les parois intérieures de l'abside et des nefs latérales ;des entablements en marbre relient entre eux les chapiteaux des colonnes; plus fréquemment les colonnes s'unissent par des arcs en plein cintre, ouverts Éiéïrfondo dtax iravëM iniérieures dunebasiliqne. dansles murs qui divisent les nefs.
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Coupe longitmliiide da la builiqae Stint-I^nrentbon-Iu-Hun de Home.
Quelques exemptes très rares présentent une galerie ménagée au premier étage, au-dessus des bas côtés; elle s'ouvre, sur la grande nef, par un double rang de colonnes portant des arcs. Cet étage était destiné aux femmes, qui ne pouvaient y parvenir que par de« portes extérieures. Au-dessus de ces arcs sont pratiquées des iènêtres cintrées, closes par des tables de niarbre transparent, d'albâtre, ou simplement de pierres opaques, dans lesquelles de nombreuses ouvertures, rondes ou carrées, donnent accès à la lumière.
Des mosaïques, exécutées sur fond d'or, à la manière orientale, décorent la voûte des absides; ces riches peintures s'étendent sur toutes les parois intérieures des basiliques, pour y représenter les principaux faits de l'histoire sacrée.
Des plafonds en bois, enrichis de peintures et de dorures, et, plus fréquemment encore, des charpentes apparentes et sculptées surmontent les nefs des basiliques.
Le pavé , formé d'abord de grands compartiments en marbre, fiit remplacé par des mosaïques plus fines, composées de porphyre rouge et vert, de marbre blanc et d'émail. Ce travail, qui est i'opas Aleaxmdrinam, a laissé des traces dans les provinces méridionales et dans l'est de la France. Les combinaisons de dessin, les ciments qui relient entre eux les compartiments de ces pavés, les bétons établis sur le sol pour préserver les édifices de l'humidité de la terre, peuvent ofirir, par une étude spéciale, des résultats utiles dans l'application-.
On aura soin de recueillir, auprès des anciens édifices chrétiens, les marbres qui auraient pu servir à la décoration intérieure, et plus encore ceux qui, percés de trous symétriquement placés, seraient des débris de clôtures de fenêtre, imitées des croisillons antiques.
Coapc transvenale de U basilique Saint-Laurent.
BAPTTSTÂHES.
Devant les basiliques primitives, extérieurement à l'atrium, et quelquefois aussi dans son enceinte, s'élevait un petit édifice indifTéremment carré, circulaire, hexagone, octogone, ou eo forme de croix grecque : il était destiné aux cérémonies du baptême.
Au centre, un bassin profond prenait, le plus souvent, la forme de l'édifice. Sous l'invocation de saint Jean Baptiste, on y recevait, de la main de l'évêque, le baptême par immersion. Les catéchumènes étaient plongés dans la cuve, qui se remplissait par une rigole souterraine, et se vidait par le même moyen. Le bassin était souvent environné d'une galerie de colonnes destinées à porter ie plafond; une ouverture éclairait l'édifice par le
Vue iotëneore d'un luptiilèra prèi de Saiotc-Agnè), i Rome.
haut; les bancs des catéchumènes se plaçaient autour à l'intérieur. Vis-à-vis la porte d'entrée, placée en regard de celle de la basilique, l'image de saint Jean présidait à la cérémonie. Les baptistères, peu commodes en raison de leur distance du temple et de la position qu'ib occupaient relativement à l'flxe de l'atriam, furent quelquefois rattachés à l'ensemble de f édifice par
des portiques. Oo les établit encore sur la face latérale des basiliques, pour éviter les ioconvéDieots qu'ils présentaient devant l'entrée principale.
Plus lard la fontaine du baptême fut introduite sous le porche, qui prit le nom de catéchuDaène ; puis dans l'enceinte même de la basilique, où elle occupa une chapelle particulière dans les nefs latérales. Ces diverses positions des fonts de baptême doivent être un sujet d'étude pour MM. les correspondants.
Les formes variées auxquelles fut soumis le bassin destiné à la cérémonie n'offriront pas moins d'intérêt que les divenes places qu'il occupa au dehors ou au dedans de l'enceinte des édifices sacrés. A l'origiDe du christianisme, on fit usage de cuves en granit ou en marbre, qui, dans l'antiquité, décorèrent les bains publics; mais, loin des grandes villes, on dut y suppléer par une construction facile. Des tablettes de pierre, bien jointes, furent disposées en polygone ou en carré; dressées autour d'tme aire en béton qui devint le fond de la cuve , dies formèrent un bassin assez grand pour contenir plusieurs personnes i la fois. Des marches disposées autour permirent d'entrer plus facilement dans l'eau.
La sculpture d'ornement et les incrustements en marbre couvrirent les faces extérieures du bassin. Souvent sur ces pierres debout de petites colonnes furent placées aux angles, pour fixer une clôture.
Lorsqu'on abandonna l'usage de plonger les catéchumènes dans le bassin, il se ferma par un couvercle mobile, qui permettait, au moyen d'une ouverture étroite, de puiser avec un vase l'eau du sacrement; cette mutation dans le rit conduisit à resserrer la cuve, et â la réduire au point où nous la voyons de nos jours.
L'architecture des baptistères, en harmonie avec la décoration des basiliques, fut soumise aux mêmes conditions. Dans les
grandes villes, où-les édifices païens présentaient de riches matériaux, ces monuments furent décorés avec leurs dépouilles : les colonnes en marbre, les portes de bronze, les pavés en poq)hyre, s'allièrent aux mosaïques et à la peinture; dans les villes secondaires, les murailles nues furent levées jusqu'à ime hauteur suffisante, sans autre décoration que les fenêtres qui éclairaient l'édifice; une simple charpente couvrit ces baptistères isolés. Dans le moyen âge , on leur appUqua les perfectionnements apportés dans l'art; ils furent soumis à tous les styles d'architecture qui se succédèrent en Europe.