‹ Le Comité des travaux historiques et scientifiques (histoire et documents) (volume 2)Chapitre 56 sur 196 · FOSSÉS · texte numérisé non relu

FOSSÉS

Les plus andeDs fossés étaient creusés dans la terre et dépourvus de revêtement, du moins du côté de ta campagne, car, du côté de la place, les murs, s'élevant verticalement ou en talus fort raide, formaient un des bords du fossé. L'inclinaison des bords opposés était celle qu'exigeait la nature des terres eitcavées.

Dans les châteaux plus modernes, la contrescarpe , ou le bord extérieur du fossé, est levltue de maçonnerie. Quelquefois c'est un mur vertical, plus souvent un lalus. n est fait mention de talus en terre à parois verticales, mais alors probablement les terres étaient retenues par des madriers, et il est présumable que ce n'était qu'une disposition temporaire adoptée au moment d'un siège. Au reste, les fossés à parois verticales ou à fond de cuve étaient considérés comme les obstacles les plus difficiles à surmonter, mais les exemples en sont fort rares.

Il est aujourd'hui à peu près impossible déjuger des dimensions originelles d'un fossé creusé dans la terre et sans revêtement, tel qu'on en rencontre communément autour des anciennes places de guerre. Les éboulemeats et le manque de soin ont presque toujours beaucoup diminué sa profondeur primitive. Cependant l'examen attentif de son état actuel et le rdèvement exact de son talus peuvent conduire ik des conjectures très vraisemblables sur son état ancien. Autant que la chose était possible, les fossés étaient remplis d'eau, ou du moins susceptibles d'être inondés au besoin. Quelquefois l'eau baignait le pied des remparts, d'autres fois elle remplissait seidement la coMtte, c'est-à-dire un canal pratiqué au milieu dufossé, entre deux berges qui restaient à sec.

Lorsque les fossés ëtaient dans une telle situation qu'ils ne pussent jamais être inondés , les diflBcultés naturelles du terrain rendaient presque toujours

cette précaution inutile , et d'ailleurs on y suppléait , soit par une profondeur plus grande , soit par Temploi de chausse-trapes , de pieux aiguisés, etc. cachés sous les herbes qui tapissaient le fond du fossé.

Outre Teau destinée à remplir la cunette du fossé, et qu'on prenait, comme il semble, assez peu de soin Fig. 8. — Chaïuse-trape ; de renouveler, ce fossé recevait encore les égouts muée de rarttllene. J^ château. Les Ouvertures des canaux qui y portaient les immondices étaient soigneusement munies de grilles et de hérissons.

L'absence de fossé est rare, même dans les châteaux situés sur àes hauteurs où des escarpements abrupts paraissent rendre cet obstacle tout à fait superflu.

Presque toujours, à moins que les remparts ne s'élevassent au bord même d'un précipice, s'il restait un peu de terrain uni entre les escarpements et l'enceinte, on regardait comme indispensable de creuser un fossé. En effet la destination de ce genre de défense était principalement d'empêcher l'assaillant de conduire au pied, du mur ses machines de siège. Aussi la première opération de celui-ci était de combler le fossé , et de niveler le terrain jusqu'au bas du rempart.

a. PONTS.

Un pont porté sur àes piles , ou , plus rarement , une espèce de môle traversant le fossé, donnait accès dans la place» Quelquefois, en excavant le fossé, on ménageait une langue de terre, qui servait de passage; mais, d'ordinaire, on préférait un pont léger, facile â enlever au besoin, qui offrait l'avantage de rétrécir le passage, et même, en cas de siège, de l'intercepter tout à fait.

Dans les monuments figurés , dans la tapisserie de la reine Mathilde, par exemple, on voit des ponts semblables qui ne semblent composés que d'une senie planche.

On observera que l'extrémité qui aboutit à l'enceinte ^fortifiée est plus élevée que l'autre.

Le but de cette disposition s'explique suffisamment.

On doit remarquer encore des espèces de marches destinées & aisurer le es des chevaux.

Ftg. 9 — Tap sier e de la re ne Malh Ide xi % ède).

Fig. lo. — Porte Sainl-Jciin i Provins , vue de ïaténmT.

BlenUVt on imagina de conslnune des ponts dont le tablier se composait de deux pièces : l'une immobile, l'autre pouvant se relever au besoin, et.

de la sorte, fermer le passage. Cette iorentioD, qu'on Domma p{mt4ena, m peifectioniia rapidement. La partie mobile du tablier fut manoeuTrée par tiD système de contrepoids, en sorte qu'uh effort même assez &ible suffît pour la lever ou l'abaisser.

Il est {vesque impossible aujourd'hui de retrouver d'anciens ponts-tevis. On reconnaît qu'ils ont existé à de longues ouvertures percées dans les murs , an-dessus de ia porte, et danslesquelles se mouvaient sur un axe les flèches, c'est-i-dire les poutres formant le levier auquel le tablier mobile était suspendu.

Si le pont-levis était très léger, comme ceux qui étaient destinés à donner passage i des hommes à pied seulement, les poutres étaient remplacées par une annature en fer moins compliquée et d'une manœuvre plus facile. Les %nre8 1 3-1 3 dispensent de toute description.

Lorsqu'au lieu d'un fossé il s'agissait de traverser quelque obstacle plus considérable, tel qu'un brge ravin, ou bien une rivière, un pont solide en pierre était substitué aux ponts de charpente réservés aux fossés d'une laideur médiocre. Alors, par des dispositions particulières, on s'étudiait & rendre le passage dangereux et difficile pour l'ennemi. Presque toujours on élevait fortement le milieu du pont, et l'on y plaçait une tour, sous laquelle il

— 17G — fiiHait 'paiier. D'aulres tours défendaientjles extrëmilés du poni; le tablier

Fig. 13, — Tour de Ceuon , prëi de Ssint-Brietic ; eut actud.

Fig. i3, — Tonr de Cewon, porte restaurée.

était très-ébvit, et souvent interrompu par des ponts-Ievis en avant et en arrière des tours'».

Fig. ij. — PoDte I^meatano, prit de Rone.

^ Cet ponts dtargéi de tours étaient wntcnt eonstniits pour favmier le prâfevcment «Tiin ptage- DaiigoecBS,i))pen«Bat te rencontrerfbrt^ign&de tonte antre fortificatioa.Qndqu«icItll««tiintii& tut le bord d'noe rivitre Icvaisnt nn impAt inr la navigatiaD m mojen d'nn barrage on eatacade qui ne laiiMÏt un puHge qn'asiei prii de* rempaitt pour qae )ei bateau ne pniaent le Kmairaire an paf«Bent do drùl fiii. Uyavait, par eiem^, on barrage lurlaSeiDa, Boprii du Cbâteai»4jaiUard.

Dans quelques proTÎnces, od voit le tablier des ponts affecter en plan le

Fig. |8. — Pont (UT le TingoiDo, en Cane.

Tonne d'un Z , et l'on pensait sans doute que cette di^KMÎtion devait r«ulre

plus difficile une surprise, telle qu'en auraient pu tenter des hommes i cheval se lançant au galop pour forcer le passage'».

3. RETR&NCBBHBNT5 EXTiittBDBS, BARRIArBS, BAttBàCANES, POTERNES, ETC.

Au deU du fosse, à la tête de tous les ponts, on élevait un ouvrage plus ou moins considérable, dont la destination était de protéger les reconnais-

' Fig. ig. — Cbfiteiu d« Vincennw.

ill y en a beanconpd'nemplu enepne, du iT* et da kvi* nècie.i

sauces et les «orties de la gsruisoo. Quelquefois il se composait d'aae oa ds pluneurs tours, ou même d'un petit château, auquel ou donnait souvent lanom de bastille.

Plus fréquemment, surtout dans les châteaux de moyenne grandeur, on se contentait de plusieurs enceintes de palissades. (Voir le hasHi^ef de G^rcassonne et la figure 67.)

Les peintures, les tapisseries, les bas-relief, peuvent fournir d'utiles renseignements sur les ouvrages de cette espèce , encore assez imparfaitement connus. Autant qu'on en peut juger par les récits des historiens, oo doit se représenter ces sortes de forlificalions comme une suite de barrières les unes derrière les autres. C'était U que s'engageaient les premiers combats, et d'ordinaire l'assaillant commençait ses opérations par brûler ou détruire ces postes avancés. On leur a donné plusieurs noms, tels que barrières, barbacaue, poterne, et il n'est pas facile de les distinguer. Il parait cependant que le mot de poterne s'appliquait plus particulièrement à une espèce de porte dérobée donnant accès sur le fossé , et aux ouvrages qui la défendaient.

Une forteresse située sur une hauteur escarpée avait souvent une barbacane qui donnait sur la plaine, et se liait au corps de la place. C'était comme

- Barbacine de Ccirattonne.

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