‹ Le Comité des travaux historiques et scientifiques (histoire et documents) (volume 2)Chapitre 57 sur 196 · Toor de It borbMww. ^ C. ViBc · texte numérisé non relu

Toor de It borbMww. ^ C. ViBc

un long

entre deux murs, quelquefois flanqués de tours, et se i3.

tcnnînant par une sOrle de fort dâaché. On voit une disposition as cette espèce dans lea fortifications d« la cit^ de Garoassonne , du côté qui &it &ce i la ville moderne.

k. POBTES.

Après avoir franchi le fossé, on arrivait à la porte de l'enceinte principale. La même observation qui avait fait consiruire des ponts en zigzag, avait fait reconnaître qu'il oe fallait point placer la porte dans l'axe du pont , mais à gauche de celui-ci. La porte s'ouvrait i gauche parce qu'on obligeait ainsi l'assiégeant de présenter aux remparls son flanc droit, qui n'était point couvert par les grands bouliers nommés pavois qu'on portait dans les sièges. Cette disposition, que nous avons remarquée déjà dans les fortifications des Romains, parait leur avoir été empruntée, ainsi'que beaucoup d'autres, parles ingénieurs du moyen âge "^ La porte d'un château est presque toujours placée dans un massif épais

Pig ai A. Porte. — B. PoaL — C. Fouj.

Porte d'Aigues-Hortes (xiv* siècle].

(■) ■ CnnndQm maiime videtur Dtipmiarc

deitram latus accedentibui qnod icnto non'erit le(

, itinen non siol direcU sed Izit.namiiueliiiii m, proiimum erit moro. • (Vitr., I, 5.]

Ibnné par deux tours ^ue lie entre dies un corps de Mtîment plus ou moin* eonndérable. Elle présente un passage, atsex étroit, qu'on pourait fermer 1 Ms deux extrémités et quelquefois même au milieu. Ce passage travene souvent une ou plusieurs petites cours comprises dans l'intérieur du massif dont on vient de parier.

- PorU dt HtU, ■ BnueliM.

Une disposition assez semblable à celle de b figure ci-dessous parait avoir existé dans plusieurs châteaux mais on iie pourrait quant k présent

Pig ai —Porte de San Viceate (Avilt) en citer un exemple bien conservé en France. Le dessin ci-joint repré-

sente une porte du xiv* siède, existaot encore aujounfbni dans une ville d'Espagne.

On voit que les deux tonn entre lesquelles s'ouvre la porte se projettent en avant , laissant entre elles un pas- (•jf***'j'rr>»Aï ?jf^ sage assez étroit. Le pont sert, non

seulement i établir une comiQurncation entre les deux tours, mais encore à recevoir des soldats qui, à l'abri de forts parapets, pouvaient contribuer, d'une manière très efficace, à la défense de la porte.

Presque tous les châteaux ont deux portes -. l'une grande, l'autre petite, très rapprochées l'une de l'autre. La première servait pour les chars et les cavaliers, la petite pour les hommes à pied.

Dans les maisons particulières on trouve aussi fréquemment ces deux

PoTtea da chïteau de Lochei

Fig. 36. — Porte» de lliàtcl de Sent, à P*ri«.

portes. La maison de Jacques Gceur, à Bourges, et l'hôtel de Sens, i Paris, en ofii'ent des exemples remarquables.

Le pt>nt4evis, une fois relevé, faisait en quelque sorte l'ofRce d'un large boudier opposé à l'ennemi; mais à force de bras, oubieaavec des machines., celui-ci pouvait parvenir A l'abaisser ou bien k rompre les cbatnes qui le tenaient suspendit.

Il fallut donc lui opposer un autre obstacle.

Ce fut la herse, espèce de lourde grille en fer, quelquefois un système de paux indépendants, glissant dans des rainures pratiquées aux parois des murailles du passage.

On élevait la berse k l'aide d'une machine, et k l'approche du danger on la laissait tomber.

Dès ce moment le passage était fermé, et il fallait briser la herse pour pénétrer plus avant, car il était impossible de la relever à l'extérieur.

Fig. 17. — Porte de Horet

Les hommes qui manœuvraient la herse étaient placés dans une salle Mineure ou quelquefois i cOté de la porte. Des OQvmures étroites , percées

dans la muraille, leur permettaient d'obsenrer ceux qui se présentaient sur le pont-levis.

Outre la berse, pour défendre l'entrée d'une place, on employait encore des portes massives en bois hérissées de clous, ou revêtues de lames de fer. Presque toujours il y avait deax portes, une à diaque extrémité du passage.

Fig. $0. — Coupe.

On en voit un exemple au château de Saint-Sauveur-le-Vicomte, et dous donnons ici le plan, la coupe et l'élévation de son entrée principale.

Flg. 3i. — ËUntiao.

N, B. Li porte k ànùu de rentrfa ot nudane.

Si quelque accident ou quelque ruse de rennemï Venait h empêcher la manœuvre de la herse'^', on avait ménagé des moyens de défense dans l'intérieur même du passage. Des ouvertures dans les voûtes ou dans les plafonds permettaient aux défenseurs de la place de lirer à couvert sur l'assaillant. On voit aussi dans quelques châteaux des balcons soutenus sur des consoles, pour recevoir au besoin des hommes d'armes qui combattaient avec avantage de cette position élevée.

3i. — Pttite de Cadilkc.

*" Oi^M Mrrit Mavent iTeciiiccèi.fiiiulct inrpnHa.decIuuretteiqaiiConclQituKiailepuMiga dt h porta, taifiàiùtai U bene it t'àbûtter.

Enfin, aussitôt que les annes à feu furent en uMge, des meurtrières percëes dans les murs latéraux, et même des embrasures pour des canons, complétèrent les moyens de défense, accumulés, comme on voit, à l'entrée des places fortes.

Une partie de ces dispositions se conserva pendant longtemps dans l'intérieur même des villes. On a déjà cité l'hôtel de Sens, qui marque en qndque sorte le passage de l'architecture militaire à l'architecture civile. On a pu remarquer les meurtrières percées au sommet des ogives de ses deux portes; la figure ci-jointe présente une coupe de la meurtrière principale.

Rg. 33. -

de U porta de l'hfitel de Seiu, k Paru.

Nous avons parié dés salles où se tenaient les gens chargés de lever ou d'ahaisscr la herse. EUles servaient aussi de corps de garde. On y trouve de vastes cheminées, quelquefois des hancs de pierre et des niches qui ont pu servir de râteliers d'armes.

Nous ne nous occuperons dans cet article que des tours qui flanqucot l'enceinte continue et se tient à un système de FortiBcations plus ou moins étendu. Leur usage principal était de protéger les angles de l'enceinle , plus exposés que les fronts , attenduqu'ils ne peuvent présenter à l'ennemi qu'un fort petit nombre de défenseurs.

On espaça encore les tours de distance en distance le long des murailles de l'enceinte, afin d'en augmenter la force, de défendre l'accès des fossés et de donner les moyens de prendre en flanc les soldats qui voudraient assaillir le rempart.

Dans ce but on leur donna souvent une saillie considérable. En outre les tours, s'élevant en général au-dessus des murailles, formaient comme autant de petites forteresses , où quelques hommes pouvaient résister avec succès à un grand nombre. Enfin, les tours servaient encore de logements et de magasins.

Les tours sont tantôt verticales.

Fig. 33 bû, ToDT de SaamQT.

Fig. 34.

- Tour de NniMone.

tantôt elles affectent la forme d'un cône tronqué;

Fig. 36. — Tour dn chàl^iu de Foagère*.. ,

souvent on a combiné ces deux dispositions en élevant un rempart vertical sor une base coniqae, ou bien en forme de pyramide.

Fig. 36. — Tour de Provins. Fig. 37. — Tour d'AngixdéiiM.

A l'extérieur les murs sont lisses, ou quelquefois renforcés de contreforts i^us ou moins saillants.

Fig. 38 iii. Fig. 3.,.

Plan de la lonr de Loudan. Tour du Landau.

Us sont toujours très épais, surtout i leur base.

On observe la plus grande variété. dans la forme des tours, aussi bien que dans leurs dimensions et leur appareil. La plupart sont roodea ou carrées; mais on en voit de semi-circulaires, de prismatiques, de triao^laires. d'el-

lipliqnei

ng. *o.

Quelques-unes présenlent k l'extérieur des angles aigus, dont la destinatioD n'est pas encore bien déterminée <" ; telles sont plusieurs tours du diflteaa de Loches et la tour Kanche d'Issoudnn.

Ci IVobaUBnmit oo «rait tdoptd ^etto forme pour emptcba renocmi de m Mitîr du btiia-. En «ftt, contre fxagla wiDaiit, le Uficr ne poarait gntre faiie lirècbe, et a'il était dirigé i droite on k gracbe de tel aag^, Im bommei qni le roanagnaieBl prttaieot le flanc am tratti d» aaiWgék

Mais cette forme bizarre doit être considérée comme une exception. Toutefois, il semble qu'il n'y ait jamais eu de forme généralement préférée,

Toar du châ(e<u de Loches.

Fig il lur Blanche d'Iuoudun.

et que le caprice des ingénieurs beaucoup pins que l'expérience ait fait adopter tel ou tel mode de construction. La figure suivante ofire une tour triangulaire dont les angles sont abattus.

— Toar de BMUoire.

On voit des tours ouvertes à l'intérieur, mais, en général, elles ne dépassent pas la hauteur des murailles d'enceinte, et ne sont alors à proprement parier que des saillies du rempart.

On adopta cette disposition, sans doute parce qu'avec une moindre dépense on obtenait la plupart des avantages qu'offraient les tours ordinaires. Cependant les tours fermées furent toujours d'un usage plus général, et elles étaient justement regardées comme ^' ' - plus fortes que les précédentes.

Page 1