‹ Le Comité des travaux historiques et scientifiques (histoire et documents) (volume 2)Chapitre 73 sur 196 · SCULPTURE · texte numérisé non relu

SCULPTURE

On peut joindre aux précédentes indications sur l'architecture de l'Orient quelques notes relatives à sa décoration sculptée, puis aux productions de la statuaire.

SCULPTURE D*0RNB1IBNT.

La décoration sculptée étant inséparable de l'architecture, elle suivit en Orient, comme ailleurs, une marche parallèle. Ainsi, durant la première période chrétienne , celle où s'exécutaient les basiliques imitées de l'antiquité, les chapiteaux et leurs détails de sculpture étaient dans la voie de reproduction presque servile de l'art du paganisme; quelques timides innovations de détail, un ciseau moins habile, des formes plus pesantes, indiquaient

leuls qu'on était dans une période de transitioa, aonoaçantuae rérolutîon prochaîne. La basilique de Saint Je^n-Studius à Gonstantinople , celtes de Salonique, d'Athènes et autres, répandues dans l'empire, font connaître cette première phase de l'art chrétien.

La seconde période date de la fin du r^ne de Constantin lui-même, et, ^iiaa:^ .^ fait remarquable , elle se manifeste à l'édifice

V'^'^^'^:-^-^-^"—''^-' yâ P^r 's construction duquel il commença à "^^^'^fer ' - -, :^ tracer la route sur laquelle se développa far- 'Si:^',-iLr'~'féî;r"'' -y'' chitecture bvcintine; les chapiteaux de la

^ii—i^^'^ >à^^ basiliquedes Saints-Apôtres, répandus encore

ChapiieaD de l'i-gtise des Sainti-Apâtre» . aujourd'hui auprès de l'emplacement qu'elle a usunLiDop e. occupait à Constantinople , ont la forme cu-

bique, nouvelle alors dans cette région de l'empire, et la sculpture qui les décore commence , elle aussi , à indiquer une voie non encore suivie jusque-là. Le nouvel art oriental était en pleine marche sous Justinien; les chapiteaux des églises de Sergius et Bacchus, de Sainte-Sophie, du Theotocos, à

OMpitMui citt rëgliw du nMtoOM.

Cbtpileaa de l'ë^be du Theotocoi.

GoDstantinopte, ne rappellent plus en rien les styles grec ou romain, soit par la conception de l'ensemble, soit par l'ornem en talion. Leurs formes cubiques, simples ou ondulées, se dissimulent sous de grêles feuillages, sculptés d'une manière acerbe, sans étude du modelé que présente ta nature, et la composition de ces ornements est sans exemple dans l'antiquité. Sur les chapiteaiEc de ïégtiae de Sainte-Sophie commence à se montrer un système de décoration inconnu encore, espèce de filigrane évidé dans le marbre, et offrant les entrelacs les plus capricieux.

Jja fonle, l'orfèvrerie, la sculpture en ivoire, étaient moins novatrices alors que l'architecture. Les belles portes en brome de l'église de Sainte- Sophie, les bijoux, les diptyques de cette époque, conservent encore, quant aux ornements , l'aspect des travaux de l'antiquité , moins le fini et la délicatesse des détails.

L'architecture des successeurs de Justinien se décora d'ornements sculptés , dans le goût adopté sous le règne de ce prince.

Les églises du monastère de Saint-Luc. au pied de l'Hélicon, des Saints- Apôtres et de Saint-Baradias, à Salonique, occupent la période comprise entre le vu* siède et la fin du x*; peu de modifications s'y manifestent à l'égard du style de lomement.

Une autre ère commence vers le xi* siècle : l'originalité byxantine semble

séteindre sous des influences étrangères, une fusion s*établit par le fait des nombreuses relations avec TOccident, le goût arabe pénètre aussi dans Tornemenlation de cette période, et de ces mélanges divers sort un style empreint de notre goût du moyen âge et dans lequel on a cru voir, à tort, Torigine de notre belle ornementation du nif siècle , qui n'y ressemble en rien et doit rester nôtre, tous les monuments byzantins de cette époque lui étant de beaucoup inférieurs.

En&n , la période des croisades agit sur les détails de Tarchitècture de la même façon que sur son ensemble : dès le xii'' sièp le, on voit paraître, dans le midi de l'empire nos chapiteaux romans, nos frettes et autres motifs de décor; les siècles suivants, étendant jusque dans l'Âttique et la Morée, jusqu'à Trébizonde même, l'influence des arts du Nord, nos chapiteaux fleuronnés, nos frises de feuillages et de fleurs des xm% xrv* et xv* siècles se montrent aux lieux où régnèrent les Latins.

Depuis Justinien jusqu'à la fln du moyen âge, la sculpture d'ornement, dont on vient de suivre la marche, a été complétée dans ses effets décoratifs par une coloration variée, harmonisant les détails de l'architecture avec les marbres divers employés aux colonnes et sur les parois des édifices, avec les mosaïques et les peintures murales. L'égKse de Sergius et Bacchus, à Coustantinople, conserve de précieux restes de cette coloration, appliquée à l'un des plus anciens temples byzantins; celle du monastère de Saint-Luc, auprès de l'IIélicon, et qui date du règne de Romanos le Vieux, les couvents du mont Athos, les églises d'Athènes et autres édifices chrétiens de l'Orient» permettent de suivre chronologiquement cette branche de l'ornementation architecturale.

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