‹ Le Comité des travaux historiques et scientifiques (histoire et documents) (volume 2)Chapitre 74 sur 196 · STATUAIRE · texte numérisé non relu

STATUAIRE

Constantin , en réunissant dans sa capitale les chef-d'œuvre de la statuaire des Grecs, dut y provoquer le goût de la sculpture au delà des limites qui lui furent assignées à Rome. Les nombreuses statues qu'il fit exécuter pour la décoration des édifices et des places publiques de Gonstantinople appe. lèrent dans cette ville les artistes que la Grèce pouvait posséder alors. Ces œuvres de fart n'existent plus; mais les bas-reliefs du temps de Théodose qui s'y voient encore démontrent que le style antique persista jusqu'à la fin du IV* siècle, et déjà paraissaient des compositions religieuses exécutées dans cette voie.

Après ce temps, l*art byzantin prit le caractère qui lui est particulier, le costume changea , la toge disparut pour faire place à des vêtements couverts de broderies, de perles et de pierres précieuses; la simplicité et Tidéalité antiques furent remplacées par un réalisme froid et sans mouvement, dont quelques sculptures sur ivoire peuvent donner une idée précise. Cette marche de Tart fut suivie par les chrétiens d*Orient jusqu à fépoque des iconoclastes, qui fit disparaître toute représentation sculptée. Le moyen âge ramena, particulièrement au xi'' siècle, le goût de la sculpture dans Tempire oriental; c'est cette période qui eut quelque influence sur TOccident , au moyen des relations vénitiennes, et par cette voie commença aussi une réaction que les croisades devaient compléter plus tard , en portant vers ces contrées lointaines le style de notre sculpture, née au milieu des développements de la civilisation occidentale.

Les principales productions du règne de Constantin étaient : i"* la statue de rimpéralrice Hélène, posée sur une colonne au milieu de ïAugasteam, vaste place publique entourée de galeries; a® un groupe de bronze représentant Daniel dans la fosse aux lions; S^'la figure du bon pasteur surmontant les fontaines de la ville; à"* un nombre considérable de statues placées sur les colonnes des portiques.

Théodose nous a laissé : i"" la base de lobélisque situé au centre de THippodrome; elle représente, sur ses diverses faces, les empereurs assistant aux fêtes du cirque au milieu de leur cour; a"" le piédestal et une partie du fût de la colonne dite Théodosienne, couverte de sujets militaires, à finstar des colonnes Trajane et Ântonine de Rome.

Justinien, en faisant construire un grand nombre d*églises dans Tempire, dut contribuer aux développements de la sculpture, puisqu'il les orna fréquemment de statues religieuses. On peut attribuer à cette époque quelques bas-reliefs en ivoire, puis un en bronze, de petite dimension, dans lesquels les souvenirs de fart antique se mêlent aux innovations de costume et de style qui commençaient à poindre alors. Justinien avait &it placer sa statue équestre dans une des places voisines de l'église Sainte-Sophie.

Quelques ivoires des ix"* et x* siècles indiquent combien était complète alors la révolution préparée depuis longtemps pour fart bysantin ; les figures impériales y sont reproduites droites , sans mouvement , et enveloppées de costumes enrichis de perles et de broderies.

L*art byzantin des xi' et xii' siècles, contemporain de notre style roman,

nous a laissé plus de monuments de sculpture que les périodes antérieures. La pala d'oro de Venise , les portes de métal , exécutées en Orient et apportées en Italie et en Sicile, pour clore plus d'une basilique, sont couvertes de figurines qui indiquent i*état de la statuaire à cette époque. Alors aussi commencèrent à se produire les nombreux diptyques et triptyques couverts de sujets sacrés, sculptés en bois, dont la reproduction s*cst perpétuée jusqu'à nos jours en Orient, à Timitation, peut-être, de ceux que produisaient nos contrées, et dans Icsqi^^els le style byzantin fut conservé presque sans mélange.

La même période a vu paraître en Orient une branche de sculpture mixte. Elle produisit ces compositions bizarres dans lesquelles des animaux se mêlent aux feuillages qui les enlacent, système de décoration que l'Occident possédait déjà à cette époque et qui parait né dans le Nord.

Enfin, les croisés portèrent en Orient la statuaire de l'Occident. Les nombreuses églises construites par eux dans le midi de l'empire, en Syrie, à Chypre, à Rhodes et dans le continent de la Grèce continrent des statues religieuses semblables à celles qui ornaient les nôtres, et les bas-reliefs sculptés à Trébizonde ont été faits sous la même influence des Latins.

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