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pour ne pas interrompre nos travaux ordinaires, les chartes et les notes que j*y destine. L'assemblée décidera si, par la suite, pour abréger, il ne suffiroit pas de lire seulement les pièces qui souffriroient difficulté. Quant aux autres, il pourroit suffire que j'en conférasse en particulier avec celui qui en a fait précédemment l'examen.
(CoUectioD Moreaaf n* 315, fol. idi. )
OfiSERVATIONS DES fil&NiDICTINS SUR LA PREPARATION DU RTMER FRANÇAIS ^^K
Pour préparer la publication du Rymer françois et fixer le choix des - pièces dont il faut le composer, on a fait passer assez rapidement sous les yeux du Comité, depuis un an, environ 1,800 copies de chartes qui intéressent l'histoire des tems écoulés depuis la mort de Charles le Chauve jusqu'au couronnement de Hugues Capet. Cet espace renferme 1 lO ans.
Il faut aujourd'hui procéder à un examen définitif de toutes ces chartes, et distinguer celles qui doivent être transcrites en entier dans la collection de notre Rymer françois de celles qui ne doivent y entrer que par extrait ou par forme d'appendix.
Les religieux de la congrégation de Saint-Maur, qui ont fourni , chacun en particulier, leurs premières observations sur celles de ces copies qui leur ont été confiées, ne peuvent qu'applaudir k la proposition d'un nouveau raport dont M. de Bréquigny office de se charger, et c'est pour rendre ce raport plus facile, plus sûr, et l'opération de leur triage moins dispendieuse au Roi , qu'ils suplient Monseigneur le Garde des sceaux de vouloir bien : i"" peser les observations qu'ils vont avoir l'honneur de lui proposer; 2^ agréer le plan qu'ils présentent eux même , pour concilier avec la juste confiance qui est due au zèle de M. de Bréquigny la plus grande perfection d'un travail dans lequel ils sont ses coopérateurs.
Il est même d'autant plus nécessaire de régler d'une manière sûre la marche de nos travaux, que cette marche doit être suivie pendant le coui*s d'une opération qui durera plusiem's années.
^^) Ces Observations ont été publiées par M. Cbampoliion-Figeac , Lettres des rois et reines , Introduction , p. xxvii.
Quelque zèle qui anime M. de Bréquigny, il ne peut excéder ses forces ni donner à ce travail qu une mesure de tems peu proportionée à retendue de l'ouvrage. On connoit tous ceux dont il est chargé, et il les a même allégués, lorsqu'il y a environ six mois , on lui proposa de se charger de cette collection. Préposé à la rédaction des Ordonnances, placé à la tète du Glossaire françois, chargé du catalogue des chartes imprimées, le Journal des Sçavans, TAcadémie Françoise et celle des inscriptions, les nouveaux travaux relatifs aux mémoires des Chinois^^\ dont il nous a dit que le Ministre lavoit chargé, lui prennent presque tout le tems que lui laissent ses premières occupations.
Cependant ce nouvel examen ne lui permet pas de s'en reposer sur des travailleurs subordonnés, sur lesquels les religieux de la congrégation de Saidt-Maur réclameroient la préférence, et ces travailleurs subordonnés ne pourroient même manquer d'occasioner au Roi des dépenses qu il est juste de lui épargner, si on le peut, et qui seront mieux employées à entretenir les travailleurs qui nous manquent pour la recherche.
Gela posé, il est impossible que M. de Bréquigny seul rapporte au Gomité ces 1,800 chartes ou environ, en moins de plusieurs années, pour peu que Ion veuille soumettre ses observations au jugement de ceux qui y sont apellés, quand on compterait 20 comités par an, et quand, dans chacun, on feroit le raportde ko chartes, ce qui est beaucoup.
Ajoutez à cela que, si le jugement qui doit fixer le choix de chaqiie pièce est , comme la dit le Ministre , Touvrage des lumières communes du Gomité , il est impossible que, dans une assemblée de 3 ou A heures, on en examine et on en juge plus de 7 ou 8. Si on ne lit pas la charte en entier, si on ne parvient pas à l'entendre, s'il ne nous est pas permis k tous, ou si nous n'avons pas le tems de discuter la forme et le fond du titre, d'y faire remarquer et les traces des anciens usages et les preuves du droit de chaque époque, d'y disputer sur le fait ou sur les inductions du fait, le jugement pourra souvent être fautif ou du moins très-incomplet : la crainte de n'avoir pas le tems de se faire entendre nei laissera aux juges que le plaisir d'entendre M. de Bréquigny, et, dans le vrai, il n'y aura plus d'autre jugement
<*> Bréquigny avait été charge par Berlin de oontinoer, avec Ifouchet , les travaai des PP. Amiot, Bourgeois, etc., sar la Chine. Les papiers de Bréquigny sur la Chine et les Chinois forment, au département des manuscrits de la Bibliothèque nationale, les vingt-sept premiers volumes, plus les n*' io6-ii4 etiai-is6dela collection qui porte le nom de ce savant.
que le sien ; et tandis que la vérité doit naître du choc des opinions , loin d*y avoir dispute et discussion, il n'y aura pas même davis.
Nous objectera-t-on que nous en exigeons beaucoup, et que Ion peut se passer de toute cette critique détaillée qui consumeroit beaucoup de tems? 11 nous suffira de répondre que, si on peut jouir de tous les avantages qu elle présente, sans qu'il en coûte rien au Roi, et même en menant Touvrage plus vite qu'il n iroit en suivant le plan proposé par M. de Bréquigny, ce seroit folie de s'en priver.
Proposons maintenant le nôtre, qui n'ajoutera à celui de M. de Bréquigny qu'une préparation nécessaire pour rendre son raport plus facile, réduire en peu de mots les discussions les plus épineuses , et doubler la célérité du travail , en augmentant encore son exactitude ; le voici :
Nous partagerons cet espace de i lo années en onze intervalles, chacun de dix ans, et M. Moreau fera ranger sous ses yeux, dans deux cartons séparés, d'un côté, toutes les chartes qui ont été, à la première vue, jugées dignes de l'impression; d'un autre, toutes celles que l'on a cru ne devoir être insérées dans la collection que par extrait, ou que l'on a cru même devoir en retrancher.
Nous voudrions pouvoir nous transporter dans le dépôt même, pour y faire avec lui l'examen commun et réfléchi que nous avons l'honneur de proposer au Ministre; mais les frais de voiture seroient trop dispendieux, et nous demandons que la chambre de dom Grenier ou celle de dom Poirier, à Saint-Germain , soit le lieu où seront successivement portées ces onze subdivisions des chartes de notre première époque; et là, dans plusieurs bureaux, chaque semaine, nous serons en état de mettre à ce travail plus de tems que M. de Bréquigny ne pourroit y en mettre pendant six mois.
Ajoutons que notre travail sera alors un examen commun. Tous reverront en même tems la charte à laquelle un seul n'a pu donner jusqu'ici que quelques momens d'attention ; celle que l'un de nous a examinée fournira à son confrère des lumières sur une autre qu'il aura vue: tout sera lu, examiné, discuté, comparé. Le respectable dom Clément ne pourra pas toujours assister à ces conférences, mais on ira le voir pour avoir son avis et pour profiter de ses lumières; on se fera même aider, s'il le faut, par quelques autres sçavants de Saint-Germain, qui se prêteront à ce travail, et l'on écrira un jugement motivé et défmitif. M. Moreau a un commis, homme de lettres, intime ami de M. Béjot, et qui, depuis huit ans et plus, a
manié, lu, étudié toutes ces chartes; il prêtera souvent sa plume pour les rédactions, et, en quinze jours, on viendra à bout de chaque subdivision.
Cela fait une fois, cette même subdivision sera remise à M. de Bréquigny, qui , pendant qu une nouvelle classe de chaii;es sera lobjet des travaux de Saint-Germain, repassera le travail fait sur la première, et voudra bien, à la conférence générale chez Monseigneur le Garde des sceaux, rendre compte du résultat des travaux particuliers, et faire le raport des pièces qui, définitivement jugées dans cette assemblée, seront ensuite remises dans les portefeuilles destinés à l'impression.
Par là le raport sera : i® plus facile; a"" très-bien entendu par les membres de la conférence, qui seront en état de répondre sur-le-champ aiix diflicultés qu*on pourra leur faire; ^ moins long et plus sûr, si bien qu*il sera possible alors, dans une seule assemblée, d'expédier plus de chartes qu on ne Teût fait peut-être en dix , si l'on eût été obligé dans chacune de se livrer aux discussions qui doivent nécessairement précéder le jugement.
Voilà le plan que proposent à Monseigneur le Garde des sceaux les religieux de la congrégation de Saint-Maur, et il n'est autre chose que la répétition de l'opération qui se fit lorsque l'on commença le Recaeil des historiens de France. Les conférences se tenoient chez M. ^e chancelier Daguesseau; mais tout étoit préparé dans des conférences particulières , etdom Bouquet, raporteur au comité général, avoit préparé toute la besogne avec ses laborieux et savans coopérateurs.
Ce plan est de plus l'exécution de l'arrêté qui fut fait , l'année passée , dans une assemblée tenue chez Monseigneur le Garde des sceaux, et il y fut convenu que ces pièces seroient soumises à un second et commun examen de tous les membres du Comité.
Ajoutons aux avantages que ce plan réunit celui d'épargner au Roi des dépenses considérables. Le fonds destiné par Sa Majesté à ce travail-ci est très-modique : il est donc essentiel de l'employer à augmenter les recherches. Nous avons bien des ouvriers à présenter au Roi, pour fouiller les dépôts des provinces dont nous n'avons encore rien ou très-peu de chose; ils travailleront à peu de frais, mais il faut au moins payer leurs déboursés.
M. deBréquigny ne peut se charger de l'entreprise qu'il refusa d'abord, et à laquelle il se soumet aujourd'hui, à moins que l'on ne monte chez lui un bureau, de qui on ne peut exiger le même désintéressement dont nous
sommes redevables à sa générosité. L'argent que cet établissement coûteroit, nous le réclamons pour les travaux destinés à enrichir la collection.
Enfin, cèst la congrégation deSaint-Maur qui elle-même a fourni toutes les pièces qu'il s agit aujourd'hui déjuger et de trier; elle a été apellée à leur .examen; elle désire de suivre cet ouvrage jusqu'à sa consommation, et de répondre au Roi et au public de la fidélité et de l'exactitude de l'ouvrage.
(Collection Monta, n* 315, fol. i3:.)