‹ Le Comité des travaux historiques et scientifiques (histoire et documents)Chapitre 108 sur 155 · RÉPONSE DU CARDINAL DE BERNIS À BERTTN · texte numérisé non relu

RÉPONSE DU CARDINAL DE BERNIS À BERTTN

Rome, 10 août l'j'jh.

J'ai reçu, Monsieur, avec la lettre que vous m'avés fait l'honneur de m'écrire le 27 juin dernier, le second cnémoire au sujet des pièces manuscrites concernant l'histoire de France qu'on pourroit copier à Rome. Pour répondre à voire confiance sur le choix â faire ici d'un sujet dans le cas où il y en auroit , je crois devoir vous proposer M. l'abbé de Lestache, né à Rome. Il est fib de François et il a été naturalisé; je l'ai employé dans I. AS

laraiHiaii ■atioiaii.

diverses occasions ; il a si bien répondu à mes vues par son travail, que j*ai demandé pour lui, dans Tannée dernière, une pension de i,5oo livres, qui lui a été accordée sur 1 abbaye de Marsillac^^^; il a environ 35 ans et la survivance de son père, directeur de 1* église et de la maison nationnales de Saint-Loub è Rome; il est instruit, il a passé du tems en France, il a de la littérature, sçait assés bien Thistoire, possède la langue Françoise, parfaitement l'italienne et très-bien le latin; il est de plus exercé à lire les anciennes écritures de ce pays*cy ; enfin il s'est attiré, par sa conduite et ses talens , l'estime générale. Il so dira chargé par une personne de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, occupée d'écrire Thistoire, de faire des recherches dans cette vue; je protégerai son travail; il se conformera à ce qui est prescrit dans le second mémoire. L'abbé de Lestache quittera sans peine pour ce travail honorable quelques agences qui commençoient à lui être utiles. Les recherches dont il se chargeroit , Monsieur, sous vos ordres, l'occuperoient en entier; il me semble qu'on ne sçauroit lui offrir pour son travail et les dépenses de secrétaire moins de à,ooo livres de notre monnoye par an, pendant qu'il sera employé. Quant aux dépenses extraordinaires, comme de gratifier des archivistes et autres, elles lui seroient remboursées. Je puis singulièrement répondre de son assiduité, de son zèle et de sa probité. Il épargnera les frais autant qu'il le pouira ; je ferai volontiers les avances de ses honoraires et des frais relatifs à son travail ; je demande seulement d'être autorisé à porter cette dépense sur l'état que j'envoye, tous les six mois, des frais extraordinaires que j'avance ici pour les affaires du Roi. Je vous prie d'en convenir avec M. le comte de Vergcnnes ^^^

Je saisirai toujours. Monsieur, avec plaisir, les occasions de vous assurer de l'attachement le plus parfait avec lequel je vous honore.

Le cardinal de Bbbnis.

(CoUection Moreau, d* 317, f<d. loo.)

^*) Abbaye de Bénédictins, dans le diocèse de Cabors.

(*) Charles Gravier, comte de Vergennes, ministre des afiains étrangères dej uis le mois de juin précédent

Page 1