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grave que soit encore ce mai, combien n'est-il pas atténué depuis la création du Comité! En ordonnant dans toutes les provinces de vastes enquêtes à la recherche des documents inédits de notre histoire, M. Guizot a fait comprendre à tout le monde le prix des bibliothèques, qui sont les mines d'où les enquêteurs parviennent à extraire de véritables trésors. Des inspections régulières des bibliothèques ont été oi^anisées par le Ministère de l'instruction publique. Si désarmé qu'il ait paru, et quoique son action sur les bibliothécaires ne se soit trop souvent exercée que d'une manière indirecte, par une sorte d'abandon volontaire de ses droits et par un excès de concessions qu'il n'aurait pas dû faire, ce Ministère n'en a pas moins, siur les bibliothèques , tme action qui deviendra de plus en plus féconde. L'inspection, mieux constituée que par le passé, gagnera chaque jour en autorité. On peut donc espérer qu un jour viendra où tous les catalogues des bibliothèques , comme tous les inventaires des archives, seront achevés conformément aux règles de la science moderne. Ce joiur-là, connaissant toutes nos richesses, nous pourrons à la fois les défendre et en tirer parti. L'œuvre du Comité se poursuivra alors à coup sûr; les ateliers de travail seront connus et organisés; il ne s'agira plus que de s'en servir avec intelligence et dévouement.
Mais il est d'autres dépôts que nos bibliothèques, nos archives de province et les Archives nationales où l'érudition historique peut faire de fécondes découvertes. On a vu que M. Guizot signalait, dès i834, les archives de nos différents Ministères comme des collections précieuses entre toutes, qu'il désirait voir ouvrir au monde savant. On a vu aussi qu'un des membres les plus éminents du Comité, M. Mignet, placé à la tête des archives du Ministère des affaires étrangères, s'était occupé immédiatement d'y rechercher des documents qui devaient, entre ses mains, acquérir une immense valeur. Depuis lors, les archives du Ministère des affaires étrangères ont cessé d'être fermées, et de nombreux travailleurs y puisent les matériaux de publications du plus grand intérêt. Peut-être faut-il regretter que ces publications , du moins lorsqu'elles portent imique-
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ment sur des documents, ne se fassent point sous les auspices du Comité et ne viennent pas enrichir sa grande collection, qui en recevrait un nouvel éclat. On blâme souvent chez nous l'excès de centralisation. L'excès de décentralisation n'est pas aussi sans désavantage, car une série d- efforts isolés, parfois contradictoires, ne produisent jamais des résultats aussi parfaits que des efforts unis sous une haute et libérale direction. Les archives du Ministère de la guerre et du Ministère des finances ont également donné lieu à des publications capitales. Est-41 besoin de rappeler celles où M. Pierre Clément el M. de Boislisle ont déployé rérudition si sure et si profonde qui leur a valu l'estime du monde savant? En revanche, le Ministère de la marine n'a presque pas été exploité jusqu'ici, et l'on sait à quelles attaques ardentes, mais malheureusement en grande partie justifiées, a donné lieu la manière dont ses archives ont été dilapidées. On a fait de sérieux efibrts pour arrêter le mal, on y est parvenu; mais ne faudrait-il pas maintenant entreprendre dans les archives de la Marine des enquêtes semblables à celles dont presque tous les autres Ministères ont été l'objet? Que de renseignements ne pourrait-on pas y trouver au sujet de ces voyages d'autrefois , que le Comité s'était proposé de faire connaître; car ils intéressent au plus haut degré l'his* toire , sur la marche de laquelle ils ont exercé une décisive influence (^) ? Aujourd'hui que le Comité élargi compte une section de géographie et que l'activité intellectuelle de notre pays se porte ardemment du côté de la connaissance du globe, qu'on lui reprochait naguère de dédaigner, n'y aurait-il pas un intérêt capital à remonter jusqu'aux traces de nos premiers navigateurs, de nos premiers aventuriers? Et en redescendant ensuite jusqu'au siècle dernier, jusqu'au plein épanouissement de la marine à voiles, que d'informations encore précieuses , que de détails curieux ne pourrions-nous pas recueillir sur ]es explorations de ces hardis marins qui, avec les moyens les plus insuffisants, ont parcouru et observé des contrées désertées et oubliées
^'^ t Y a-t-il d*anciens voyages inédits appartenant au xvi' siècle et surtout aux siècles précédents Pi (Circulaire du i5 mai i835, t. il, p. 3i.)