LETTRE OE BERTIN AU DUC DE LA VRILLIÂRE
lo novembre 1770.
Jai iliODeur de vous envoyer, Monsieur le Duc, une copie de la lettre
que j*ai écrite à M . Bignon, sur le projet de faire travailler aux notices des
chartes renfermées dans la Bibliothèque du Roy. Vous y verres que je n*ai
compté prendre Tordre de Sa Majesté sur ce que je pourrois faire donner
à nos Bénédictins , qu'après que vous Tauriés pris vous-même sur la manière
dont ils auroient communication des titres et manuscrits sur lesquels ils
doivent travailler. «Tattendrai donc, pour faire commencer cet ouvrage,
que vous ayiés instruit M. Bignon de vos intentions. J ai offert le secours de
nos travailleurs; il sera prest dès que vous l'aurés accepté et que je pourrai
leur prescrire la manière dont ils doivent se conduire.
Je suis, etc.
Bbrtin.
(Archives nationales, AB*.)
LETTRE DE BERTIN X BIGNON, BIBUOTHiCAmE DU ROI.
Novembre 1770.
Je connois , Monsieur, tous les soins que l'on se donne sous vos ordres pour mettre en ordre tous les manuscrits de la Bibliothèque du Roy, et j*igQore s'il en existe des catalogues. Mais parmy les richesses que cette Bibliothèque contient, il est un genre de manuscrits qui intéresse le département que le Roy ma confié: ce sont les chartes originales, dont elle renferme une multitude immense. Pour hâter le travail dont le Roy ma chargé, j'ai cru quevous trouveriés bon que je vinsse au secours de vos travailleurs , et je ne prendrai sur cela l'ordre de Sa Majesté qu'après avoir sçu ce que vous penseriés de ma proposition. Je voudrois faire faire incessament, par un ou deux Bénédictins très-habiles que je destine à ce travail , des notices exactes et détaillées de toutes les chartes que renferme la Bibliothèque du Roy. Ce travail peut être long, mais vous sentes combien il sera utile. Je vous prie, Monsieur, de me faire part de votre avis sur mon projet et de
me mander en même tems 8*ii sera nécessaire que mes Bénédictins travaillent dans la Bibliothèque même, ce qui seroit très-incommode dans Thyver, ou si Ton pourroit leur confier, toutes les semaines, sous leur récépissé, une liasse de chartes comptées, qu'ils remettroient ensuite à M. Béjot^^\ lorsqu'ils en auroient fait le dépouillement. Je crois, Monsieur, seconder votre zèle en imaginant ce moyen d avancer le travail qui vous est confié. Les frab que coûteront ces notices regarderont uniquement mon département, et vous pourrés , pour faciliter vos catalogues , vous procurer un douhle du travail de nos Bénédictins.
Notre dépôt des chartes, Monsieur, nest ni ne peut être étranger à la Bibliothèque du Roy; il est même destiné à Tenrichir quelque jour, et pour vous prouver que je n'en négligerai aucunes occasions, j'ai Thoneur de vous prévenir que je compte dès à présent vous faire remettre un manuscrit très-précieux qui lui manque ; c'est l'ancien manuscrit de Frédéguaire ^^\ qui a été donné à notre dépôt par M. de Lauraguais ^^K J'ai commencé par le faire examiner par M. de Bréquigny, qui ne doute ni de son authenticité, ni de son antiquité, et j'ai conservé seulement les notices qu'il en a faites. M. Moreau vous le portera de ma part, et je vous prierai alors de vouloir bien et lui en donner une décharge et m'en accuser la réception.
Je suis , etc.
Bbrtin.
( Archives nationales , AB*. )
REPONSE DU DUC DE LA VRILLIÈRE k BERTIN.
i5 novembre 1770.
Je connois trop bien, Monsieur, l'importance de l'ouvrage dont le Roy vous a chargé pour n'être pas flatté de contribuer à sa perfection, en tout
(*) François Béjot, né à Montdidier le i4 septembi^ 1718, mort à Paris le 3i août 1787, membre de TAcadémie des inscriptions, censeur royal, garde des manuscrits de la Bibliotbèqne da Roi, un des principaux rédacteurs du catalogue de 174^*
(*) Ce manuscrit porte le n* 10910 du fonds latin de la Bibliothèque nationale; il est du ?ii' ou du vni* siècle et avait fait partie de la célèbre collection du collège de Clermont.
(^) Louis-Lëon-Félicité, duc de Brancas, comte de Lauraguais, pair de France, cbevalier de la Toison d*or et lieutenant général des armées du Roi, membre libre de TAcadémie des
ce qui poura dépendre de moy. Je suis bien persuadé que vous n'en avés
confié le soin qu*à des personnes sages et éclairées. Âinsy je viens d'écrire
à M. Bignon de donner à ceux qui seront porteurs de vos ordres toutes les
facilités que Ion poura, pour rendre leur travail plus facile, et de leur
confier sous récépissé les titres et chartes originales dont ils pouront avoir
besoin.
J'ay l'bonneur. etc.
Le Duc DB LA VaiLukRE.
(CoUectioa Morean, n* 206, fol. 97.]