AVEC LE DÉPÔT DES CHARTES
Le Roi a ordonné depuis longtcms de rassembler dans un dépost , devenu
(') Marc-Anloine^René , marquis de Paulmy, né à Valenciennes le 9 a novemhre 1722, mort à Paris, en 1787, membre de rÂcadémie française, ambassadeur en Suisse, etc., avait fonné une riche bibliotb^ue. Cest cette bibiioibè({ue, veadoe en 1785 au comte d* Artois, qui servit fdut tard de noyau à la bibliothèque de TArsenal. M. de Paulmy fit partie de la conférence des charte^»
déjà très-considérable, des copies authentiques de toutes les chartes concernant rhistoire et le droit public de France, dans le dessein de faire publier un recueil d'actes pour servir a cette histoire, tel, mais beaucoup plus complet, que celui de Rymer touchant l'histoire d'Angleterre.
M. le marquis de Paulmy, ayant pour principal motif rhônneur de contribuer à l'éxecution désirée de ce grand et important projet, offre de remettre dans ce dépost une ample collection de pièces relatives à cet objet, et dont le catalogue seul forme i volumes in-folio, d'environ 5oo pages chacun.
L'unique chose que M. le marquis de Paulmy supplie le Roi de lui accorder en retour est un recueil de copies beaucoup moins nombreuses d'anciens romans ou poèmes françois, qui se sont rencontrées parmi les manuscrits que Sa Majesté a acquis de M. de Sainte-Pâlaye , pour être placés dans son dépost des chartes manuscrites.
Ces pièces sont étrangères à l'objet du dépost. D'ailleurs elles ont été toutes copiées sur les manuscrits de la Bibliothèque du Roi, excepté quelques poésies transcrites au Vatican; mais, comme M. de Sainte^Palaye avoit fait faire deux copies de ces dernières, il en resteroit une au Roi. Ainsi le Roi ne se priveroit de rien, par la cession demandée de ces manuscrits.
L'échange proposé seroit, au contraire, très-avantageux au dépost des chartes historiques. Il le débarrasseroit de copies de poètes et de romans qui y seroient peu utiles, et il l'enrichiroit , sans aucuns frais , d'un trèsgrand nombre de pièces qui y sont essentielles. On peut juger de leur mérite, en considérant qu'elles ont été recueillies par feu M. de Fontette, auteur de la nouvelle Bibliothèque historique de la France, et l'un des savans les plus versés dans la connoissance de notre histoire ^^\
Si toutes, quoiqu'importantes, ne sont pas de nature à être conservées dans un dépost destiné uniquement aux chartes, celles quon croiroit devoir en exclure serviroient à faire des échanges, qui procureroient au dépost de nouveaux accroissemens ^^\
(CollectûmnoveAii, 11*1097, fol. Au)
<*^ Cfaaries-Marie Fevret àe FMitette , aoembre aisocié de rAcadémie des inscriptions, né à Dijon le 1 à avril 1710, mort dans cette ville le 1 6 révrier 1 77 3. H avait eAtrepris une seconde édition de la Bikiwlhèqne Aittori^oe de la Pnmce dn P. Lelong, mais il n en put <fenner q«e les deux premiers volumes.
(S) L*échange proposé ayant été accepté, deui cents manuscrits de la collection de Sainte*Pala)«