LETTRE DE DOM LE NOIR À MOREAU
Roaen, 30 novembre 1764.
Monsieur, j*ai vu Monsieur ilntendant ^^K qui in*a fait mille offres de services et mille politesses. Ainsi j*espère. Monsieur, que rien ne retardera désormais mon travail, si ce nest les difficultés qui en sont inséparables, et qui souvent ne sont pas petites; il en est une stnrtout que je souhaiterois bien de tout mon cœur que vous pussiez m applanir : c*est la difficulté qu'il y a à rendre et peindre, pour ainsi dire, les différens caractères d'écriture de chaque pièce , car ou ce caractère est trop petit , ou Fencre en est trop blanche , ou le temps est trop sombre pour pouvoir le calquer à la vitre, de façon que jy perd un temps infini, et très-souvent je ne réussis pas. SU y avoit donc moyen de m'exempter de celte partie de travail , ce seroit pour moi beaucoup de peines épargnées et bien du temps de gagné. Je n'ai point l'instruction dont M. Bertiiï me fait l'honneur de me parler dans sa lettre. Je l'ai eue entre les mains et j'en ai pris lecture, mais elle ne m'est pas restée. Je vous prie donc de vouloir bien me l'envoyer conjointement avec le nouveau ' mémoire instructif que vous me promettez de la part de ce Ministre, et cela, s'il vous plait, le plutôt qu'il vous sera possible; d'autant plus que me voici actuellement à l'ouvrage, et qu'il seroit disgracieux pour
J.-B.-Fr. delà Michodière, intendant de Roaen, de 176a à 1767.
moi, ou de ne le pas faire entièrement comme il faut, ou d'être obligé de le recommencer.
J'ai l'honneur, etc.
Le Noir, R. B.
(Cdlection Bforeiv, n* 943, f«L 98.)