‹ Le Comité des travaux historiques et scientifiques (histoire et documents)Chapitre 7 sur 155 · L\IX · texte numérisé non relu

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d'ordonnances, déclarations, édits, lettres patentes, etc. , provenant du fonds acquis du libraire Prault, et accru depuis par Tenvoi gratuit des pièces du même genre imprimées à Tlmprimerie royale ou aux frais des Cours souveraines. Il comprenait encore: i° une collection de registres de finances, en 38 volumes et g cartons, contenant des papiers précieux, tek que des lettres de la main de Louis XIV à Colbert, collection acquise , en i 788 , de Gênée de Brochot, procureur général des requêtes de Thôtel, moyennant une pension viagère de 6,000 livres, et déposée à la bibliothèque de la Chancellerie, le 7 avril 1789; 2° une collection relative à Tadministration des finances , qui était à coup sûr considérable , puisque , d'après les renseignements que nous fournit Moreau , elle renfermait, en dehors de 1 a 7 volumes et d'une foule de pièces de correspondances de di£Férents ministres, des registres, liasses ou cartons en assez grand nombre pour remplir au moins quatre chambres. — Commencée par Desmarets, Contrôleur général des finances depuis 1 708 jusqu'en 1715, cette collection appartenait au Contrôle, et avait été confiée à Mesnard de Conichard jusqu'au moment où elle entra , pendant l'été de 1 789 , à la Chancellerie ; — 3° la bibliothèque de Sainte- Palaye, acquise en 1765 et réunie au Cabinet des chartes en 1781 : elle était composée de 3,162 volumes imprimés et de 126 volumes manuscrits , comprenant les recherches de ce savant sur les antiquités françaises, la géographie, le glossaire français et provençal, les extraits de troubadours, etc. ; k^ la bibliothèque de Moreau, riche en ouvrages sur rhistoire et le droit public, au nombre de 1,200 ou i,5oo volumes; 5® 89 portefeuilles et 4 1 registres provenant d'xm échange fait, en 1780, avec le marquis de Paulniy, qui avait demandé la collection des poètes et fabliaux de Sainte-Palaye en retour de portefeuilles et registres venant de Fevret de Fontette et concernant l'histoire de la Bourgogne ; 6^ xme collection de 2 2 2 registres du Parlement , acquise des maîtres des requêtes, et qui venait s'ajouter à 28 volumes, qui en étaient la suite, mais qui appartenaient déjà à la Chancellerie; 7^ enfin 43 volumes de copie des Olim et des Judicata. L^ensemble des édits, ordonnances, arrêts et règlements qui composaient la Bibliothèque

de législation était énorme ; il était évalué à environ 3oo,ooo pièces, tant imprimées que manuscrites. Une table générale en a été dressée par M oreau-Dufoumeau ; elle ne forme p^ moins de 36 volumes (^). Tel était Tétat de la Bibliothèque de législation, histoire et droit public, lorsqu'un décret du i4 août 1790 en ordonna la réunion à la Bibliothèque du Roi. Ce décret, sanctionné le 1^ décembre par Louis XVI , fut aussitôt mis à exécution , et les richesses historiques et diplomatiques recueillies par les soins de Moreau devinrent l'une des précieuses collections du département des manuscrits, où, par im légitime hommage rendu à la mémoire de celui qui avait tant contribué à les rassembler, elles ont servi à constituer le fonds qui porte son nom. Ce fut le Comité des finances de l'Assemblée constituante qui décida la dislocation de l'œuvre que Moreau avait mis trente années à élever avec une énergie , une patience , une ténacité , un dévoue-^ ment qu'on ne saurait trop admirer. Toutefois l'Assemblée n'avait pas prononcé du premier coup sur le sort de l'institution elle-même , et les collaborateiu*s de la Chancellerie restaient provisoirement dans les conditions fixées en 1788. Moreau, qui avait triomphé de tant de résistances ministérielles et qui ne pouvait se douter de la force irrésistible des Assemblées, essaya une dernière lutte. Il protesta contre le décret de translation à la Bibliothèque, adjiu'ant les membres du Comité des finances de faire revenir toutes les collections à la Chancellerie, poiu* que le Garde des sceaux continuât à diriger les publications législatives. On ne l'écouta pas. La suppression des ordres religieux , en dispersant les Bénédictins , porta le dernier coup à l'entreprise. Il lui survécut une quinzaine d'années, car il ne mourut, presque nonagénaire, que le 29 juin i8o4- Mais, si l'étabhssement qu'il avait fondé a péri au début de la tourmente révolutionnaire , ce n'a pas été sans nous avoir laissé ses richesses. Par une sorte de hasard presque providentiel, c'est bien peu avant une époque de troubles, où tant de précieux documents d'archives devaient dispa-

<^) N" i386-i4a6 de la collection Moreau, à la Bibliothèque nationale. T. I, p. A43- 444 1 et L. Deli^le, Le Cabinet des mannscrits, p. 571-574*

raitre, que Moreau a pris soin de nous en conserver un si grand nombre. Il a mérité ainsi une reconnaissance que ne lui ont marchandée aucun de ceux qui, de nos joiu^, se sont occupés d'études érudites. Quant à nous, en insistant si longuement sur la mission qu'il a remplie, nous avons voulu siutout lui assurer le titre qu'il mérite, non, seulement de fondateur du dépôt des chartes, mais de précurseur 4u Comité des travaux historiques.

Nous avons dit que le « département » de Moreau comprenait près* que tous les grands travaux d'érudition de l'époque. Sous le prétexte ou par la. raison que l'histoire touche à tout, Thahile historiographe de France était arrivé à placer dans ses attributions, bien que quelquesunes y eussent été d'abord étrangères, les principales publications savantes. L'énumé;ration qu'il en donne , dans l'état du 2 9 septembre 1788, que nous avons déjà<cité, comprend : le Journal des savants, le recueil des Ordonnances, le Recueil des historiens de France, la Collection des conciles de dom Labbat, le Rymer français , le Catalogue des chartes imprimées f les Lettres d Innocent III, le Glossaire de l'ancienne langue françoise, commencé par Sainte-Pakye et continué par Mouchet , les Histoires des provinces, dont étaient chargés les Bénédictins des coiigrégations de Saint-Maur et de Saint-Vanne. Il eût pu y ajouter lai Notice des Gaules de dom Lièble, qui rentrait dans son progranune, niais qui ne devait pas voir le joifr, le manuscrit de cet intéressant ouvrage ayant été détruit par l'incendie où' fut consumée une partie de la bibliothèque de Saint-Germain-des-Prés , le 31^ août 1794*

^ Nous croyons utile d'indiquer, en suivant l'ordre chronologique, quels progrès ont faits, depuis la fondation du Cabinet des chartes jusqu'à la Révolution , celles de ces publications que les collaborateurs de Moreau ont continuées ou entreprises.

Le recueil des Ordonnances avait pour objet de remplacer les collections antérieiu^es, qui, malgré les seiyices qu'elles rendaient aux

historiens et aux jurisconsultes, étaient notoirement incomplètes ou mal ordonnées. La plus ancienne est le Stylos cariœ Parlamenti, de Guillaume du Breuil, publié, revu et corrigé, en i549« P^ Charles Du Molin. Antoine Fontanon, et avec lui Pierre Pithou, Bergeron et d'autres jurisconsultes, publièrent, en i58o, en 2 volumes (4 tomes in-folio), les Edib et Ordonnances des rois de France, recueil plus complet, moins fautif et qm ne comprenait pas uniquement des ordonnances. En 1611, Gabriel de La Rochemaillet en donna une nouvelle édition, en 3 volumes in-folio. Les Basiliques et le Code Henry, du président Brisson, publiés en 1687, sont un abrégé du recueil de Fontanon, qui va jusqu'au règne de Henri III inclusivement. Pierre Néron , avocat au Pariement de Paris , publia ensuite le Recueil des Edits et Ordonnances de François I^ à Louis XIV, l6à^ et i656, in-ii^ et in-folio, réimprimé, en 1720, en 2 volumes infolio. Louis XIV crut nécessaire de faire entreprendre une nouvelle collection des ordonnances, depuis le règne de Hugues Capet, à l'exclusion de celles des rois des deux premières races, qui étaient ou devaient être comprises dans les capitulaires des rois de France. Louis Phelypeaux, comte de Pontchartrain , fat chaîné d'assurer l'exécution du travail. Les recherches qu'il fit faire dans les dépôts d'archives donnèrent d'excellents résultats. Une table chronologique des ordonnances ainsi découvertes et de celles qui avaient été imprimées jusqu'à l'année i^oo, fîit publiée en 1706 par Laurière, Berroyer et Lager. En lyiS, Laurière reçut la mission de former et de publier la collection projetée. Le premier volume parut en I7a3; lorsque Laurière mourut, le 9 janvier 1 728, le second volume n'était pas encore imprimé entièrement. Il parut en 1729, avec l'éloge de l'auteiu*, deux suppléments et des tables , œuvre de Secousse , qui avait été désigné par le chancelier d'Âguesseau pour remplacer Laurière. Les volumes suivants, jusqu'au neuvième, sont de Secousse; ils parurent de 1732 à 1765. Secousse étant mort en 17641 avant que le dernier volume qu'il avait préparé eût pu paraître, le chancelier de Lamoignon lui donna pour successeur Louis-Guillaume de

Villevault , conseiller à la Cour des aides , et jusque-là occupé à la continuation de l'inventaire des registres du Trésor des chartes. Comme il nous rapprend dans la préface du tome IX , p. 3 , il avait été obligé , pour son instruction particulière, de consulter joiu^nellement l'ouvrage de Laurière et de Secousse. En 1767, il publia une table générale et chronologique des neuf premiers volumes du recueil et lit précéder cette table d'un Avertissement, où il priait les savants de lui comniuniquer ou de lui indiquer les ordonnances dont ils constateraient l'omission. En acceptant la succession de Secousse, Villevault s'adjoignit comme auxiliaire Bréquigny, son ami d'enfance, qui collabora avec lui à la préface du neuvième volume, préface faite d'après le plan suivi jusqu'alors. Peu d'années après, en 1759, Villevault fut nommé maître des requêtes et commissaire du Roi pour l'administration de la Compagnie des Indes , puis intendant du commerce extérieur et maritime. Employé en même temps'dans plusieurs affaires par les Ministres, qui connaissaient son talent et ses lumières , il fiit amené à laisser d'abord ime grande part de travail à Bréquigny, et, plus tard, à lui abandonner en fait l'œuvre tout entière. Le dixième volume fut publié en 1763; les onzième, douzième et treizième en 1769, 1777 et 1782. Villevault mourut le lô mai 1786. Bréquigny, resté seul chargé de la continuation du recueil, fit paraître le quatorzième volume en 1790. On peut reprocher aux savants éditeurs du recueil des Ordonnances de l'avoir mis au jour avant de s'être procuré , autant qu'il était possible de le faire , les documents nécessaires à un aussi important travail. Aussi , dès le onzième volume , commence une série de suppléments qui en rendent l'usage très incommode t^'.

Le Recueil des historiens de France était, comme la collection des Ordonnances, destiné à remplacer un ouvrage de même nature, qui depuis longtemps avait reçu un commencement d'exécution. André Du Chesne avait entrepris , sous le titre de : Historiœ Francorwn scriptores, une édition des œuvres des principaux historiens; elle devait

^'' T. I, p. aSg-ag i , et préfaces des divers volumes du recueil des Ordonnances. I. j

comprendre vingt-quatre volumes in-folio; cinq seulement parurent (i 636-1 6^9), dont trois furent publiés par les soins de François Du Chesne, fils d'André Du Chesne. Cet important projet, repris en 1676 par Colbert, fut abandonné à sa mort, puis repris de nouveau par Le Tellier, archevêque de Reims et bibliothécaire du Roi, qui voulait en charger Mabillon. Mais] Tillustre Bénédictin déclina la proposition, la trouvant au-dessus de ses forces. En 17179 dom Maur Audren suggéra au chancelier d'Aguesseau le dessein d'une édition nouvelle des Historiens de France de Du Chesne. Dom Martène dressa un plan de l'ouvrage qui fiit agréé; mais des changements ministériels en empêchèrent Texécution. Le Père Lelong, de l'Oratoire, en fut alors chargé; il mourut en 1721, après avoir recueilli poiu* son œuvre d'importants matériaux. Cette même année, le Ministère rendit à la congrégation de Saint-Maur la mission de publier l'édition qui jouait ainsi de malheur, et , en 1 7 2 3 , dom Martin Bouquet commença à la préparer. Six années lui avaient suffi pour achever les deux premiers voliunes; mais la fatalité qui pesait sur l'entreprise n'était pas épuisée. Dom Bouquet ayant été relégué dans l'abbaye Saint-Jean de Laon, ces deux volumes restèrent longtemps encore manuscrits. Rappelé à Argenteuil en 1735, puis aux Blancs-Manteaux, dom Bouquet mit enfin au jour, en 1738, le commencement de ce grand ouvrage, sous le titre latin de Rerwn gallicamm et francicaram scriptores, et le titre français de Recueil des historiens des Gaules et de la France. Il en publia huit volumes jusqu'en 1752; l'impression du neuvième était bien avancée, le 6 avril 1764, lorsqu'il mourut aux Blancs- Manteaux. Ses continuateurs, dom Jean - Baptiste et dom Charles Haudiquier, firent paraître le tome IX en 1767, et le suivant en 1760. Ils avaient préparé et déjà fait imprimer ime partie du onzième volume, publié en 1767, lorsque, en 1762 , dom Poirier et dom Précieux furent chargés de continuer l'œuvre. Dom Housseau les seconda quelque temps dans leur entreprise; mais il mourut le 5 octobre 1763. Nous publions ^^^ un intéressant procès-verbal des <»î T. I, p. 393-297.

conférences dans lesquelles se traitaient les questions relatives à la préparation des voliunes. Ces conférences, présidées par le Garde des sceaux, comme devaient Tètre plus tard celles du Comité des chartes, étaient composées de membres de l'Académie des inscriptions, de Foncemagne, de Bréquigny, de Guignes et de Gibert; des auteurs du Recueil, dom Poirier et dom Précieux; de dom Berthereau, qui préparait le Recueil des historiens des croisades; de dom Henry, l'un des auteurs du Gallia christiana; de dom Patert, bibliothécaire de Saint- Germain- des-Prés, et de dom Tassin. Nous y voyons aussi figiu'er Sartines, lieutenant général de police, qui présidait en l'absence du Garde des sceaux. Des conférences de ce genre étaient tenues chez les chanceliers d*Aguesseau et Lamoignon. Entre le 12 juin 1769, date du procès-verbal que nous venons de mentionner, et le 5 août suivant, dom Poirier et dom Précieux avaient quitté, au moins pour un temps, la congrégation de Saint-M aur. Us auraient désiré continuer la collection des historiens de France f*^; mais, en offrant leurs services au Garde des sceaux, ils témoignaient le désir de posséder les matériaux qui se rapportaient à la partie de l'ouvrage préparée par eux. Le Supérieur général, dom Boudier, ne voulait point les leur remettre; il n'entendait pas aliéner à leur profit des matériaux recueiUis à grands frais et dont beaucoup étaient le résultat de recherches dues à d'autres rehgieux. Le 1 4 décembre 1 769, il écrivait au Garde des sceaux pour lui proposer dom Clément et dom Monniotte, en remplacement de dom Précieux et de dom Poirier. Dom Monniotte resta complètement étranger au travail; c'est dom Brial qui fiit adjoint, dès 1771, à dom Clément. Ils publièrent le douzième et le treizième voliune, qui parurent en 1781 et en 1786; les matériaux du quatorzième étaient prêts au moment de la Révolution: dom Poirier avait fini par s'en occuper seul. Une somme annuelle de 1,200 livres avait été d'abord affectée par le Gouvernement aux frais de recherches et d'impression du Recueil des historiens de France; nous avons déjà dit

qu'elle fut attribuée au dépôt des chartes, lorsque la Congrégation se chargea de toutes les dépenses du Recueil.

Au Recueil des historiens Moreau rattachait YArt de vérifier les dates, important ouvrage qui avait été conçu et commencé par dom Maur Dantine, refait par domCbaiies Cléroencet, et publié en 1 760 : il formait un volume in-4°. Malgré les immenses recherches contenues dans ce livre Y malgré les services qu'il pouvait rendre aux études historiques, sa valeur était un peu diminuée par beaucoup d'erreurs ou d'omissions, qui ne disparurent pas entièrement dans l'édition de 1770; de là vint la pensée qu*eut dom Clément d'en faire une revision complète et d'en donner une édition nouvelle. Après treize ans d'un travail assidu, il publia, en 1783, le premier volume de cetle édition; le second parut en 1 784 1 et le troisième en 1 787 ; les tables furent ajoutées en 1792. C'est peut-être au mérite de ce beau monument d'érudition, plus encore qu'à sa collaboration à V Histoire littéraire de la France et slvl Recueil des historiens , qu'il dut d'être admis, en 1785, au nombre des associés de l'Académie des inscriptions. Lorsqu'il mourut, au mois de mars 1793, à l'âge de 79 ans, il s'occupait d'un complément kïArt de vérifier les dates, pour les temps antérieurs à l'ère chrétienne.

Si une Table chronologique des chartes et diplômes imprimés re-. latifsà l'histoire de France n'avait pas, au point de vue historique, toute l'importance des recueils des Ordonnances et des Historiens, ou de ÏArt de vérifier les dates, elle répondait plus directement aux besoins des savants occupés à la recherche des chartes. Même avant la formation du dépôt, on avait compris combien il était utile de savoir si un document avait été publié ou ne l'avait point encore été. En effet, dès 17Â6, Foncemagne, Sainte-Palaye et Secousse avaient proposé, on s'en souvient, au Contrôleur général Machaut, de faire dresser un catalogue de toutes les chartes imprimées relatives à l'histoire de France qui se trouvaient éparses dans un nombre considérable de volumes. Leur projet ayant été accueilli , Secousse avait reçu la mission de l'exécuter. Déjà chargé de continuer le recueil des Ordonnances,

il dut s'adjoindre plusieurs auxiliaires, qui s'occupèrent du dépouillement des ouvrages qui contenaient des chartes et principalement de ceux de ces ouvrages que renfermait sa riche bibliothèque. L^état de la vue de Secousse ne lui permettait pas de suivre et de surveiller le travail de ses collaborateurs. Aussi bon nombre des extraits étaient défectueux, les dates imparfaitement déterminées, les notices mal rédigées et certaines pièces faisaient double emploi. Composé presque uniquement d'après des ouvrages publiés en France, ce catalogue présentait de notables lacunes en ce qui concernait les dociunents contenus dans les ouvrages étrangers. A la mort de Secousse, Sainte-Palaye continua le travail jusqu'en 1 760, époque où son âge avancé le détermina à Tabandonner ^^). Bréquigny le remplaça; il s'occupa d'abord de compléter les notices dues à ses devanciers, en y ajoutant celles qu*il put recueillir, pendant sa mission à Londres, dans les travaux des historiens anglais; mais comme sa mission et la continuation du recueil des Ordonnances absorbaient la plus grande pairie de son temps, il se fit seconder très activement, pendant cette première période, par Mouchet. A la fin de 1764) la table chronologique formait vingt-trois volumes manuscrits in-folio (^). Louis-Etienne de Foy, abbé de Saint-Martin de Séez , poursuivait en même temps une ^treprise à peu près semblable , qui devait se terminer par la publication, en 1765, d'im premier volume intitulé : Notice des diplômes, des chartes et des actes relatifs à l'histoire de France. L'auteur de ce médiocre ouvrage recevait, pour le préparer, une somme annuelle de 2,000 livres, qu'il changea, en 1763, contre im bénéfice. L'impression de la Table chronologique des chartes et diplômes, décidée en 1 76^^ longtemps retardée par la nécessité d'une vérification rigoureuse et d'un remaniement des notices qu'il fallait transcrire de nouveau, enfin par l'addition des pièces publiées dans des ouvrages postérieurs, fut commencée , en 1766, à rhnprimeriie royale. Le premier volume va jusqu'en 1 o3 1 ; il parut enfin en 1 769; le second va jusqu'en 1 1 36

^*' T. I, p. 188-189, 3o6-32i , et L. Delisle, Le CabiRCt des manascrits, t. I, p. 558. WT. !. piao.

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