LETTRE DE BERTIN À OMER JOLY DE FLEURY
Avril 1770.
Le catalogue des chartes imprimées et publiques que le Koy lait imprimer au Louvre n*a point été regardé. Monsieur, lorsque Sa Majesté a donné ses ordres à ce sujet, comme un ouvrage destiné au public et propre à être placé dans les bibliothèques : ces chartes , en effet , sont desjà connues , ainsi que les livres qui les contieneQt. Ce catalogue na donc été destiné qua faciliter la i^cherche et la collection des chartes encor inconnues. Car, avec son secours, chacun des savans qui travaille à ramasserles chartes encor enfouies dans les dépôts, et dont Tintention du Roy est de faire im- « primer dans quelque tems Timmense reccuil , est en état de distinguer celles qui, étant desjà publiques, devienent inutiles à lobjat de ses recherches. Ce simple catalogue nest donc quun instrument de travail destiné k tous ceux qui peuvent enrichir par leurs recherches notre dépôt général. Je conviens^ Monsieur, qu*à ce titi^ même il est de notre intérêt de vous loOrir, mais je ne vous cache point l'engagement que vous contractez en facceptant. Notre but étant de former un jour une collection aussy intéressante pour la France que Test celle de Rymer pour TAngleterre, nous avons besoin de
tous les inventaires qui peuvent indiquer la nature etTobjet des chartes qui sont dans le trésor précieux confié à votre garde. Les catalogues de M. Dupui sont dans toutes les bibliothèques, mais nous ne pouvons tenir que de vous ces catalogues et ces notices qui sont le fruit du zèle et des soins de feu Monsieur votre père ^^^ et des vôtres, et qui doivent nous mettre au fait des richesses contenues dans les regitres du Trésor. Ils sont, je le say, au nombre de 3oo et il y en a desjà i3/i^^)qui ont été dépouillez et dont les catalogues sont faits. Je vous demande donc instamment, et au nom du Roy de qui j ay pris Tordre, la permission de faire faire à ses frais des copies de tous ces inventaires. Je suis bien sûr, Monsieur, du plaisir avec lequel vous vous prêterez à un arrangement si utile. Je vous envoyé donc mon catalogue, ainsi qu'à Monsieur votre frère ^^\ et je déclare que c'est moy qui vous devray du retour.
Je suis, etc.
Bbrtin.
(Collection Moreav, n* 395, fol. 2^7.)
MAUDIRE DE MOBEAU À BERTIN SUR UN PROJET DE COPIE DU TRESOR DES CHARTES.
L'intention du Ministère seroit de se procurer des copies des chartes contenues dans le Trésor de la Sainte-Chapelle et d'avoir dans le dépôt du Roy un double de cette transcription.
Il s'agiroit pour cela de profiter du transport de ces layetes dans un nouveau local qui leur est destiné. M. le Procureur général consentant une fois à cette transcription , il ne sera plus question que de trouver un fonds pour cette dépense.
Peut-on , dans cette circonstance , s'aider d'un secours que le dergé ofiBre ,
(0 GcdUaume-Françob Joly de Fleary, procorear générd aa Parlement de Paris , né à Paris en 1675, mort le 33 mars 1756.
^*) Est-ce le commencement de la collection en 333 volumes qui est consenrée au Biinistère delà justice?
(A) Jean-François Joly de Fleury, (jui fut intendant de Bourgogne, conseiller d*État, puis ministre des finances, né le 8 juin 1718, mort à Paris le i3 décembre i8o3.
et qui suffira seul h tout le travail de celte iraoscription , mais auquel ii attache une condition, c'est qu'on lui permettra de prendre, pour lui-même un double de toutes tes copies de titres qui inléresseront les biens des f^iises? Si l'on considéroit cette question en point de droit, il semble- - roit que, dans un tems oii le Gouvernement semble exiger que les évèques et les bénëficiers écl<^siastiques , qui sont plus que jamais aujourd'hui sujets et sujets fidèles de S. M-, s'avouent eucor ses vassaux, la justice demande que le Roy, à titre de seigneur, les aide de la coramunication de tous les titres à raison desquels il veut les assujetir k des devoirs féodaux.
Mais, indépendamment de ces motifs de bonne foi et de justice, n'envit sageons sa proposition que relativement aux vues d'économie qui doivent
I être précieuses au Gouvernement.
Le Roy connoit l'intérêt qu'il y a pour lui-même de doubler, pour ainsi dire, l'existence des monuoiens les plus précieux à la monarchie et d'assurer la conservation des originaux eux même, en mettant le public à portée d'en consulter d'abord les copies; on sent combien la facilité que l'on aura pour lors de consulter nos anciens litres doit augmenter les connoîssances historiques dont nous avons cncor besoin. Gomment , dans cette hypothèse , pourroit-on refuser un secours de 5o,ooo livTes par an, uniquement destiné à un travail dont le Roy et l'Etat tireront la principale utilité ?
Cependant la défiance  cet égard est encor telle que le clci^é, qui paroit résolu à cette dépense, est en même tems persuadé que, s'il fait à découvert celte proposition au Ministre, elle sera éconduite, parla seule raison de l'avantage que tes ecclésiasliques en Ureroient eux même. I C'est ce qui m'a été rendu par M. l'Archevêque lui-même'", d'après plu-
[ sieurs délibéralions prises dans des comilez qui ont été tenus chez lui.
1 Aussy ne m'a-t-il permis de confier ses vues qu'an Ministre seul , pour qui
I ce mémoire est destiné. Si le Ministre croit que la proposition du clei^é
1 n'eOarouche persone, s'il connoit assez les dispositions de ceux ù qui
I nous aurons à faire pour nous laisser l'espérance du succès, le Minisire
' est suplié de me confier là-dessus ses idées et ses vues, d'après lesquelles je
reverray le prélat et lui rendray ensuite les espérances et les demandes de ses collègues.
[CoUeclion Morean, n' 308. fol. njj.)
''> Celte propMilion Tut faite, en 1778. ptr Cbriitophe de Beiumont, archevêque de Parii <l'*oût 171(6 k décembre 1^81.