PAR LUI SONT CELLES DÉVELOPPÉES PAR SES PRÉCÉDENTES
communications; le recul au Tonkin serait aujourd'hui la perte absolue de notre influence et do notre prestige dans l'extrême Orient et la ruine
complète de notre autorité en Gochinchine. Ne pouvant reculer, rester stationnaire serait imprudent et nous rendrait ridicules devant les violations continuelles du traité et l'attitude menaçante des Gouverneur et Mandarins.
Le plan que semble s'être tracé le commandant Rivière est d'arriver progressivement, sans bruit, et pour ainsi dire sans coups férir, à conquérir le Del ta. Le plan est sagement exécuté et mérite votre approbation et celle du gouvernement. Je crains seulement que les troupes dont le commandant dispose ne soient pas suffisantes pour se maintenir avantageusement dans les positions occupées peu à peu, et, pour ce motif, j'ai demandé l'envoi immédiat de renforts.
Signé : Tiiomson.
Cette lettre est, tout'd'abord, bien accueillie au ministère qui se propose de nommer Rivière commandant supérieur des forces de terre et de mer au Tonkin. Mais malheureusement M. Charles Brun est bientôt paralysé par l'attitude de M. Ghallemel-Lacour aux Affaires Étrangères, qui semble, au moyen de fréquentes absences, vouloir toujours se dérober devant une décision à prendre, et par les avis
contraires qui divisent les Chambres où l'esprit de parti semble dominer toute question d'honneur et de patriotisme. Bref, M. Charles Brun ne peut envoyer au Tonkin les renforts demandés et jugés nécessaires pour y maintenir le nouvel état des choses, et Bivière ne voit point élever ses fonctions.
Après avoir consulté le conseil des ministres, il télégraphie simplement à M. Thomson de prescrire à Bivière de se borner à l'occupation de Nam-Dinh, sauf nécessité absolue pour sa sécurité, aucun renfort ne pouvant partir J .
Le gouvernement ni les Chambres ne voulurent comprendre que le commandant Bivière n'était pas en force là-bas pour se permettre de rester inactif et qu'il lui fallait, pour maintenir le statu qao, selon les termes ministériels, se montrer souvent à l'ennemi et lui apprendre ainsi qu'il veillait sur les positions prises et se gardait.
Cette vie quotidienne sur le qui-vive devait exiger fatalement des luttes, donner la parole