‹ Le commandant Rivière et l'expédition du TonkinChapitre 19 sur 22 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

jusqu'aux portes de la citadelle et déjà bombardait la ville de la rive gauche du Fleuve Rouge.

Les compagnies de débarquement de la division navale de Chine furent demandées à l'amiral Meyer.

Elles montèrent à Hanoï, et prirent une part glorieuse aux sorties des 16 et 19 mai.

Ce fut dans cette fatale journée du 19 mai, dans le combat livré aux portes de Hanoï, que périrent nos braves compagnons d'armes et notre regretté chef de division.

C'est en voulant dégager lui-même une de nos pièces de canon menacée par les Drapeaux-Noirs que le commandant Rivière est tombé mortellement frappé, sans qu'on pût enlever son corps du champ de bataille et le soustraire aux mutilations d'un adversaire barbare.

Quatre mois d'efforts et de recherches ont été nécessaires pour retrouver et reprendre à l'ennemi les restes de notre chef héroïque et de ses infortunés compagnons d'armes, et ce n'est qu'aujourd'hui que nous avons la douloureuse consolation de leur donner une sépulture chrétienne et de leur rendre les derniers honneurs militaires.

Reposez en paix au milieu de nous, braves officiers, courageux soldats et marins qu'une mort glorieuse a prématurément enlevés à l'affection de vos parents et de vos amis.

Le sang que vous avez généreusement versé sur le sol du Tonkin, le noble sacrifice que vous avez fait de vos existences ne seront pas inutiles. La France a tressailli en apprenant votre trépas, et de nouvelles troupes nous arrivent chaque jour.

Elles suivent l'héroïque exemple que vous leur avez donné, et vous aurez largement contribué à doter notre Patrie du protectorat de l'un des plus fertiles royaumes de TOrient.

Adieu, Rivière !

Adieu, Berthe de Villers !

Adieu, Jacquin, d'Héral de Brisis, Moulun!

Adieu à vous tous, glorieux compagnons d'armes tombés sur les champs de bataille au Tonkin.

Adieu, ou plutôt au revoir ;

Le discours de M. Morel-Beaulieu est remarquable non pas seulement par les sentiments de grand cœur dont il déborde, mais aussi par la précision avec laquelle y sont relatés, en si peu de phrases, tous les événements qui ont précédé la mort du commandant Rivière. J'ai tenu à le publier ici, à côté du procès-verbal dressé par notre consul en la province de Uanoï, lors de l'exhumation ; car il résume tout ce que Ton a pu lire dans ce livre, ainsi •*»•* les

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