‹ Le commandant Rivière et l'expédition du TonkinChapitre 9 sur 22 · Autorisé à agir ainsi · texte numérisé non relu

Autorisé à agir ainsi

point d'ordonner le nouveau cabinet, le gouverneur s'applique à entretenir de bonnes relations avec les royaumes de Cambodge et de Siam, dans la prévision d'un conflit prochain avec J'Annam; il invite Rivière à retourner à Pnom- Penh à l'occasion de la fête de Norodom qui doit être célébrée le 4.

Les bouleversements ne se firent pas attendre, car, le soir même, on apprenait par dépêche que le décret nommant l'amiral Pierre commandant des forces de terre et de mer était rapporté...

Brave amiral Pierre! puisque son nom arrive sous ma plume à côté de celui à qui je consacre ce livre, qu'il me soit permis, en passant, de saluer sa grande ombre; car, ainsi que Rivière, l'infortuné fut une victime. — Après s'être glorieusement battu devant Madagascar, après avoir relevé là-bas le prestige du drapeau français qui n'y flottait plus que comme une loque de peu d'importance, ce marin de grande race vit la droiture de sa politique et son énergie attaquées par l'Angleterre qui prit un chétif prétexte pour s'en plaindre à nos gouvernants, et nos gouver-

nants s'inclinèrent avec un respect si empressé qu'il fit sourire les autres puissances; ils rappelèrent l'amiral, et ce brave, le sang tourmenté sous le coup d'une pareille humiliation, vint mourir en vue de la terre française sans avoir pu recueillir les lauriers qui lui revenaient.

Le rappel et la mort de l'amiral Pierre, ainsi que l'abandon de Rivière au Tonkin, contribueront à maintenir la Marine en dehors des idées qui dirigent si mal notre pauvre pays.

Dans les armées de terre et de mer, on aime les gouvernements qui vous élèvent et non ceux qui vous amoindrissent!

Le 2 février, à huit heures du matin, la lave- Une, commandée par le lieutenant de vaisseau de Kergommeaux, portant le commandant Rivière et son chef d'état-major, quitte Saïgon pour gagner-Pnom-Penh où elle mouille, le lendemain, à trois heures.

Le roi Norodom reçoit officiellement le commandant Rivière à neuf heures, au moment où les réjouissances publiques vont commencer.

La ville est très animée. Les tagals forment

iiO LE COMMANDANT RIVIÈRK.

la haie dans l'enceinte de la pagode royale, en face de nos soldats d'infanterie de marine en détachement à Pnom-Penh, et la musique cambodgienne — elle aussi! — joue la Marseillaise.

Norodom, pour la circonstance, a pris un air très digne et s'est revêtu du costume de général de division.

Sur un signal, la musique se tait. Le commandant Rivière adresse au roi quelques paroles flatteuses et lui remet, de la part de M. Jules Ferry, les palmes d'officier de l'Instruction publique!!...

Arrêtons-nous ici pour rire un peu, et rions d'autant mieux que bientôt, malheureusement, le récit n'y prêtera plus.

Quelques mois avant ce jour de fête, le gouverneur de la Cochinchine avait sollicité et obtenu de Sa Majesté deux grands cordons de l'ordre royal du Cambodge en faveur de M. Jules Ferry et de M. Wilson. — Sous la République, comme sous l'Empire et la Royauté, quand on prend du galon, on n'en saurait trop prendre. L'échange des décorations est devenu maintenant Va bc des relations diplomatiques. Dès

qu'un nouveau ministère est signalé, le Cambodge et la Tunisie préparent leurs parchemins. En recevant son brevet de grand dignitaire de Tordre du Cambodge, M. Wilson, restant seul de sa famille, n'eut pas de peine à étouffer en son cœur tout sentiment de reconnaissance. Quant à M. Ferry, il songea qu'il avait des frères nombreux à décorer, et chercha par quel honneur il pourrait bien répondre à la politesse de Norodom. Le roi du Cambodge avait gravi tous les échelons de la Légion d'honneur et M. Méline n'avait pas encore sorti du néant les chevaliers du Mérite agricole. Les palmes d'or d'officier de l'instruction publique scintillèrent soudain dans l'esprit du ministre. Norodom n'était pas précisément un lettré, mais comme, après tout, il régnait sur un pays d'où les supplices ne sont point encore bannis, il pouvait être décoré comme vivisecteur, et c'est sans doute à ce titre qu'il reçut les palmes d'or, — à moins toutefois que ce ne fût simplement pour services exceptionnels, ce qui veut dire, en bon français, sans raison sérieuse. Cela fait espérer que l'étoile de l'agriculture ne tardera pas à

s'échanger couramment dans le royaume de Siam contre V Éléphant blanc, car certains ministres, pour être distingués de la foule de leurs serviteurs, ne sauraient jamais être trop décorés.

Le 5 février, lendemain de la fête du roi, grand dîner suivi de danses au palais. Le nouvel officier de l'instruction publique prie son interprète de manifester au commandant Rivière tout son contentement, et prend congé après mille démonstrations affectueuses et reconnaissantes pour un pays qui l'avait plus privilégié que ses savants.

Dans la nuit suivante, la Javeline levait l'ancre et rentrait, le 7, à Saïgon, où le commandant devait être atteint de cette épuisante maladie de Cochinchine dont il souffrit jusqu'à sa mort.

Le gouverneur, voyant Rivière très affaibli, résolut de ne point le laisser à Saigon et de le distraire. Il lui offrit donc de se rendre à la cour de Siam, pour présenter à Sa Majesté Chulalonkorn, M. Harmand, nommé consul général de France à Bang-Kok. Il devrait, par la même occasion, remettre la croix de la Légion d'honneur à des Siamois de distinction.

Son chef d'état-major, le lieutenant de vaisseau de Marolles, et le D r Maget, son médecin de division, l'accompagneraient à bord de l'Antilope, placée par le ministre de la marine à la disposition du futur commissaire général civil du Tonkin. Telles furent les instructions acceptées avec plaisir par le commandant.

C'est pourquoi Y Antilope chauffait le 9 février à 6 heures du soir et arrivait le 13, à 11 heures du matin, devant la capitale du royaume de Siam, dans les eaux du Mê-Nam.

Cette mission est moins agréable à remplir que les précédentes. Le choléra vient de faire une nouvelle apparition dans Bang-Kok. L'équipage reste consigné à bord, mais Rivière doit

se loger à terre où le nouveau consul lui donne l'hospitalité.

Le lendemain matin, quoique très souffrant, il se rend chez le ministre des affaires étrangères pour régler avec lui le cérémonial des audiences. Il fait une chaleur cruelle qui le fatigue au point de l'emprisonner au consulat le reste du jour. Il lui est impossible de visiter cette ville merveilleuse, si riche en pagodes éblouissantes, où For et les pierreries ruissellent de toutes parts sous la lumière violente du soleil.

Le 15 février, un Anglais, M. Palgrave, explorateur de l'Arabie, se plaint que les coups de canon tirés par l'Antilope pour saluer M. Harmand ont brisé quelques vitres à son bord. Le commandant Rivière apaise ce gentleman avec la bienveillance qu'il met dans son accueil. (Je note cela, car il y a lieu de s'étonner vraiment que le cabinet de Londres ne nous ait pas demandé quelque indemnité pour M. Palgrave ! — r Le fait est sans doute resté ignoré...)

Cette ville de Bang-Kok, où s'épandent toutes les couleurs tapageuses de la vie orientale, sous un ciel bleu que les nuages ne hantent jamais,

— sinon pour éclater dans un orage, — est un spectacle féerique pour les Occidentaux. Les énormes éléphants, ornés de soieries et de pierres brillantes, promènent à travers les rues et sur les rives duMê-Nam, leur imposante nonchalance. Non soucieux de connaître la qualité de leurs fardeaux, grands ministres siamois, en costume jaune et vert, ou jolies Européennes vêtues de mousseline blanche ou rose ou bleue, assis en cercle dans leur tour, sous les vastes parasols blancs, ils avancent d'un pas égal et lourd.

En dehors de la ville, à la vue des grandes végétations qui fleurissent, alors ils redressent parfois la tête en agitant leur trompe vers le ciel : — c'est un souvenir de la liberté perdue qui semble les émouvoir; ils respirent le parfum des solitudes lointaines, et se rappellent, peutêtre, leur enfance vécue dans les forêts sonores où grondent les fauves à l'approche de la nuit.

Combien, là-bas, ces animaux géants surpassent en force leurs frères pitoyables que nous rencontrons, à Paris, captifs dans un cirque ou dans une ménagerie !

A Bang-Kok, tout étincelle. Pagodes, costumes, voitures et chevaux, barques et voilures, tout éclate dans la lumière du ciel. Le soleil emplit le monde de la toute-puissance de ses rayons. Il est dieu.

Lorsque, le 16 février, à trois heures, le commandant Rivière fut reçu en audience privée par le roi Chulalonkorn, la ville, quoique frappée par le fléau, avait une grande animation. Le navire français, l'arrivée du consul général et du chef de la marine de Saïgon, mettaient une émotion chez ce peuple multicolore. La cour elle-même, rehaussée à ses propres yeux par l'importance de nos Envoyés, voulait une pompeuse réception.

Le roi, jeune homme de vingt-huit à trente ans, se tient au fond de son palais, dans une enceinte réservée, meublée à la française et dont les hautes murailles sont ornées des portraits des souverains de l'Europe. Cette enceinte est gardée par des femmes qui s'éventent lentement, promenant leurs regards avec indifférence sur les uns et sur les autres.

Chulalonkorn est simplement vêtu, il se

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montre très affable, et sa tenue est correcte. Son entourage ne lui parlant jamais qu'à une distauce très respectueuse, il a le verbe haut, ce qui ajoute encore à sa dignité.

Le commandant Rivière, après avoir présenté M. Harmand, remet les croix de la Légion d'honneur aux Siamois désignés pour cette distinction et l'audience est levée. Il est convenu que, le surlendemain, le roi recevra solennellement le chef de la division navale de Cochinchine ainsi que le nouveau consul.

La chaleur, accablante, fatigue beaucoup Rivière dont la faiblesse physique augmente chaque jour. Les officiers qui l'entourent désirent pour lui le retour à bord du Tilsitt.

Enfin, voici l'heure fixée pour l'audience solennelle. Les voitures de la cour, convenablement entretenues, prennent le commandant et M. Harmand au Consulat français et les conduisent au palais, devant lequel sont rangées des troupes en armes. Les soldats portent le casque blanc et la vareuse bleue. Ils sont pieds nus, malgré la chaleur du sol, et se tiennent irréprochablement alignés.

Neuf coups de canon saluent l'entrée des Français que le ministre des affaires étrangères introduit dans une salle d'attente où le thé leur est servi. Cette salle est sobrement décorée : les statues des quatre derniers rois de Siam se dressent dans les angles, mais les trois premiers monarques sont représentés avec un simple langouti pour tout vêtement. — Le costume que porte le dernier souverain semble marquer les premiers pas de la royauté siamoise dans la civilisation. On dirait, en effet, la transformation soudaine d'un peuple, en voyant, ainsi, face à face, dans le vestibule de la salle du Trône, la statue d'un homme en chemise et celle d'un homme en tenue de général !

Quand la porte de cette salle du Trône s'ouvrit à deux battants devant le commaudant Rivière et le consul, le roi Chulalonkorn, debout sur une estrade, apparut entouré dos grands dignitaires de sa cour, tous en brillants costumes orientaux constellés de pierreries. Il portait, comme son prédécesseur, l'uniforme de général et attendait avec une attitude militaire les dis- , cours qui devaient lui être adressés.

Le commandant Rivière et le consul Harmand s'avancèrent donc et furent arrêtés à vingt pas des gradins de l'estrade royale. Le respect veut, en audience solennelle, qu'on se tienne à cette distance du trône. Les discours prononcés, Chulalonkorn y répondit en protestant de son dévouement à la France et se retira aussitôt, selon l'étiquette.

Le lendemain, 20 février, Y Antilope quittait les eaux de Bang-Kok pour se rendre à Saïgon.

La traversée fut difficile. La mer, très grosse, battait fortement le navire qui dut relâcher à Poulo-Panjang.

Remise en marche le 23, Y Antilope eut toujours à lutter contre la tempête et ne put atteindre que le 26, et encore avec beaucoup de peine, — sa machine étant avariée, — la baie du Sud-Ouest de Poulo-Condore. Enfin, après bien des ennuis et des fatigues, Rivière arrive Je 28 à Saïgon, où il reprend son service.

Les premiers jours de mars s'écoulèrent sans événements importants à signaler.

Les correspondances entre le nouveau ministère de la marine et le gouverneur de la colonie avaient cependant entrepris de nouveau la question du Tonkin, abandonnée lors de la chute du précédent cabinet, puisque, le 25 mars, le commandant Rivière partait pour Hanoï en qualité de commandant supérieur, avec les mêmes instructions que celles reçues, naguère, pour l'expédition avortée en janvier.

Il emmenait le Drac et le Parseval, portant deux compagnies d'infanterie de marine commandées par le chef de bataillon Chanu, vingt tirailleurs annamites, M. Dupommier, capitaine du génie, trente marins du Tilsitt sous les ordres du lieutenant de vaisseau Thesmar, quelques artilleurs et le docteur Maget. En ar-

rivant, Rivière trouvait M. Berthe de Villers, deux compagnies et trois canons, forces qu'il réunit aux siennes, et qui, plus tard, avec l'équipage de la Fanfare, devaient s'emparer de la citadelle, ainsi qu'on le verra dans la quatrième partie de ce livre.

Le commandant supérieur du Tonkin fut logé au consulat, sur l'invitation gracieuse du consul, M. de Kergaradec, lieutenant de vaisseau hors cadre.

C'est dans cette coquette habitation qu'il établit ses pénates, et les premiers mois qu'il y vécut lui parurent supportables, quoique sa santé fût déjà très compromise.

Ainsi, le 1 er septembre 1882, il jetait ces quelques lignes au crayon sur une feuille volante que l'on a retrouvée parmi ses notes :

Ce qui fait que je reste, ce qui me retient, c'est le farniente de cette vie, sa rêverie, son à côté de la vie active que j'ai menée, que je mènerai tout là-bas, à Paris, et qui m'a fatigué. Un bon cigare, un certain travail du cerveau, des projets, le plaisir sobre de la table, de la sympathie autour de moi, quelque inconnu sans que je le désire qui

peut se dégager de l'horizon, tout cela me charme et m'emprisonne ici.

Peu de temps après avoir couché cette impression comme une phrase de journal sur son bureau, les événements la modifièrent. Bientôt vinrent les soucis de voir le nombre des ennemis grossir et de ne recevoir aucun secours, aucune instruction satisfaisante, de se sentir abandonné par un gouvernement qui aurait voulu pratiquer de front deux politiques différentes, la politique de paix et la politique de conquête, et, aussi, l'inquiétude de se dire qu'à cette heure, le ministère qui l'avait poussé dans cette aventure, désapprouvait, peut-être, pour se maintenir au pouvoir, les mesures énergiques qu'il avait été le premier à désirer voir prendre contre les agissements irrespectueux de l'Ànnam.

Les missionnaires français nous ont rendu, là-bas, de grands services et je tiens à le dire ici, par ces temps de persécution religieuse où c'est à peine si l'on ose apprécier tout haut la valeur de ces hommes de bien qui ne craignent pas d'affronter les plus cruels supplices pour la propagation de leur foi et la cause de la civilisation. Pendant cette dernière campagne, ils n'ont écouté que leur patriotisme et nous ont secondés de tout leur pouvoir, quoiqu'ils jouassent gros jeu en se montrant nos alliés contre les mandarins conspirateurs.

Le Delta du Tonkin, — je ne parle pas du Tonkin méridional qui vient d'être le théâtre de nombreux massacres et qui resta toujours

en dehors de notre influence, — est divisé en trois vicariats apostoliques, dont deux, desservis par des dominicains espagnols, se montrèrent très froids envers nous, pour ne pas dire hostiles à notre progrès, jusqu'à ces derniers temps où ils parurent entendre enfin qu'ils ne pouvaient plus faire cause commune avec l'Annam.

La troisième Mission est française et comprend les territoires situés àl'ouestde laRivière Claire et du Fleuve Rouge, c'est-à-dire les provinces de Hong-hoa, Son-Tay, Hanoï, Ninh- Binh et une partie de Nam-Dinh. Son évêque, M gr Puginier, était curé de Saigon à l'époque de la conquête du pays et joua un grand rôle lors de l'expédition Garnier. Il réside ordinairement à Késo, sur le Day, où il achève la construction d'une. cathédrale. Une trentaine de missionnaires français et un nombre considérable de prêtres indigènes vivent groupés autour de lui. Sa parole est écoutée respectueusement et lui donne un précieux empire sur le monde catholique comme sur les mandarins.

Souvent, ces derniers prirent conseil de son expérience et de sa grande justice; souvent, ils

vinrent solliciter son intervention dans les affaires, notamment avant la prise de Nam- Dirih. Le commandant lui-même eut plus d'une fois recours à ses lumières et toujours ce saint homme se mit au service du drapeau. En toutes circonstances, il fit acte de patriotisme, quoique cependant, de l'avis de tous, il n'ait certes rien à gagner à ce que le Tonkin devienne une colonie comme la Cochinchine.

Dès le début de l'expédition, lorsqu'il s'agit de créer un poste fortifié à l'embouchure de la Rivière Claire, M gr Puginiern'approuvaguère notre attitude qui pouvait sembler menaçante à l'Ànnam; il ne cessa de répéter que nous nous engagions avec trop peu de forces et que ses chrétiens en subiraient de cruelles conséquences, mais cela ne l'empêcha point de nous consacrer son influence, — tout en évitant de se compromettre aux yeux des Autorités annamites, ainsi que le commandant le lui avait expressément recommandé.

C'est par les missionnaires seuls que nous pouvions obtenir des renseignements sur le

pays et avoir connaissance des événements qui

s'y préparaient; c'est par eux que, en 1882, nous avons appris l'invasion chinoise : il est bon de le rappeler dans ces pages pour l'honneur de la Mission française.

La Mission de Hanoï est dirigée par le Père Landais qui vit depuis de longues années dans le Tonkin. Très souvent, il venait au Consulat pour causer avec le commandant Rivière et ses officiers, et c'était presque toujours aussi pour nous rendre un nouveau service. Dans la nuit •du 12 au 13 mai, son église fut attaquée par des Pavillons-Noirs ; mais, secondé par ses catéchistes et quelques marins qui composaient le poste, le P. Landais repoussa énergiquement l'ennemi.

Plus tard, après la terrible journée du 19 mai 1883, ce sont encore les missionnaires qui se mettent en campagne pour découvrir les cadavres de Rivière et de ses infortunés compagnons et c'est par eux qu'ils nous sont rendus, c'est-àdire, c'est par eux que nous savons où les aller recueillir. — Or j'estime que ces actes de courage et de dévouement ne doivent pas rester sous silence et méritent, au contraire, d'être signalés à la reconnaissance de la Patrie !

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