‹ Le commandeur de Malte (volume 2)Chapitre 4 sur 54 · LE FRÈRE DE LA MERCI · texte numérisé non relu

LE FRÈRE DE LA MERCI

tacha siii' lui ses yeux luimidos de laimcs.

— J'avais pourtant fait mon devoir d'esclave le mieux possible... Mais qu'importe ! — (lit le Maure en soupirant. — Dieu vous bénira, mon bon père, de ne pas m'abandonner.. . Va quand dois-je souflrir.

— Aujourd'hui... tout à l'heure. .

— Que faire , bon vieillard? Supporter, et bénir Dieu de ce qu'il vous a envoyé près de moi dans ce fatal moment.

— Pauvre créature ! — s'écria le père Elzéar, profoiidément touché de cette résignation — vous ne savez pas, hélas! ce que vous aurez à souffrir !

Et d'une voix tremblante , émue, le religieux lui expliqua en peu de mots quelle était la peine qu'il devait subir.

Le Maure frissonna légèrement, et dit seulement :

— Au moins ma femme et mon enfant n'en sauront rien.

A ce moment lecap-de-mestre et quatre soldats, portantdescasaquesde feutre noir à croix blanches, s'approchèrr-nf (\u banc auquel le Maure était enchaîné.

Ifî lE tOMMWhllh lih MAf.TE.

Hughes — dit 11' j.ère Klzéar, au cap-deniestre — siis[)endez,j(^ vous prie, l'exécution, jusqu'à ce que j'aie parlé à mon frère.

La discipline établie sur la galère était si sévère, si absolue, que le canonnier regarda le religieux d'un air indécis ; mais, grâce au respect qu'inspirait le père Elzéar , il n'osa lui refuser sa demande.

Le père se rendil en toute hâte vers le ga- Ton ou chambre de la galère , pour intercéder auprès du commandeur en faveur du Maure.

Ajirès avoir traversé l'étroit couloir qui conduisait au logement de son frère, le religieux vit la clef de sa porte enveloppée d'un crêpe.

Ce signe toujours respecté annonçait que le commandeur défendait absolument et à tous l'enlrée de sa chambre.

Néanmoins, le Maure inspirait tant d'intérêt an père Elzéar, que bien qu'il fût à peu près convaincu d avance de l'inulililé de sa démarche, il voulut tenter un dernier effort.

11 entra chez le commandeur.

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