L\ MAISON-FORTE
Raymond IV, iiti des tçentilsliommes les plus gravement compromis dans la rébellion des Razats (1) qui éclata sous Henri III en d578, et qui fut dinicilement comprimée par M. le maréchal de Retz.
Le baron voyait impatiemment Pomnipotence du cardinal de Richelieu s'accroître aux dépens de l'autorilé royale et le souverain disparaître dans l'ombre du premier ministre.
Quelques mouvements s'étaient manifestés en Languedoc et en Provence, en faveur de Gaston d'Orléans, frère de Louis XIII, que la faction royaliste opposait au cardinal.
Nul doute que , sans l'appréhension que causaient les pirates sur la côte, le baron n'eût pris une part active à ces menées; mais obligé de concentrer ses forces pour défendre sa maison et ses propriétés, il se contenta de déclamer violemment contre le cardinal, surtout depuis que celui-ci eut donné à M. le maréchal de Vilry le gouvernement de la Provence.
Ces importantes fonctions avaient jusqu'alors été remplies par M. le duc de Guise , amiral du Levant ,
(1) Le comte de Garces, éiant (;>'and sénéclial iXe Provence, iloniia une lelle liherté aux gens de guerre i>our l'exaction des deniers, (ju"ils faisaient de grandes concussions parloul où ils logeaient , et emportaient les biens des habitants partout où ils passaient; d"où est venu le nom de Razats à ces [lauvres spoliés <le leurs biens , comme si le rasoir eût passé sur leur clicf, par ceux qui étaient employés par le comte de Garces , ou d'un autre nom barbare Morabez ou Haraboux , nom que j'ai oui attribuer de mon temps en Provence a des tiomnies cruels et sauvages. {Histoire de Provence, liv. x, page (>:)7, Honoré Bouche, in-f» ,vol. I. )
qui, à la grande joie des Provençaux, et après maintes traverses , avait remplacé le duc d'Épernon.
Le vieil ours fui ainsi dévoré par le jeune lion, dit à ce sujet César de Nostradamus , en célébrant la nomination du jeune priflce lorrain à ce poste important.
Lorsque M. de Vitry fut promu au gouvernement de la Provence, la noblesse fit éclater son indignation; car c'était à peine si un membre de la maison de Lorraine lui avait semblé digne de remplir cette dignité, ordinairement réservée à un prince du sang.
A propos de M. Louis Galhiccio de l'Hospital, marquis, puis duc de Vitry, et pour donner une idée des façons de voir si diiïérenles selon les temps elles mœurs, on fera remarquer que le cardinal de Pietz, sans blâmer auiremenl M. de Vilry d'avoir été Tun des meurt*"iers du rnarécbal d'Ancre, dit siraplemcnl de lui : « Il avait « peu de sens, mais il était bardi jusqu'à la témérité, « et l'emploi qu'il avait eu de tuer le marécbal d'Ancre < lui avait donné dans le monde un certain air d'affaire « et d'exécution, t
Le baron des Anbiez , malgré ses velléités d'indépendance et de rébellion , était le meilleur , le plus généreux des bommes.
Adoré des paysans de ses domaines, révéré des habitants de la petite ville de la Ciotat, qui l'avaient toujours trouvé prêt à diriger leurs forces , et à les aider de tout son pouvoir à se déléndre contre les pirates, il exerçait une véritable influence dans les environs.