‹ Le commerce au dix-neuvième siècleChapitre 45 sur 87 · Salubrité · texte numérisé non relu

Salubrité

C’est parce qu’on a toujours négligé de s’occuper de cet élément de succès , qu’une foule de projets ont avorté ou n’ont produit que des désastres. Java serait plus importante que la Jamaïque ; elle surpasserait l’ancienne splendeur de Saint-Domingue , si Batavia n’avait été fondé dans une situation pernicieuse. La Guyane le disputerait aux États-Unis , si ses marais n’avaient englouti successivement , depuis un siècle , toutes les grandes migrations d’Européens , qu’on a fait surgir sur ses bords dangereux. Les fièvres qui s’en exhalent et les maladies dysentériques , qui naissent de l’action violente du climat des tropiques, sont les plus grands obstacles qui arrêtent les progrès de la population dans les colonies de la zone torride. On ne peut prévenir les unes qu’en écartant les hommes des lieux où leur germe se développe. Quant

aux autres , il est possible d’y remédier par un régime alimentaire moins mauvais que celui auquel sont soumis les nègres , les militaires et les colons. La fièvre jaune et le choléra-morbus sont deux ennemis plus redoutables encore , s ilse peut ; mais , pour en garantir les colonies des deux Indes, il suffit de précautions sanitaires trèssimples et peu rigoureuses , si elles sont suivies avec vigilance et exactitude,

4*° Fertilité.

Dans toutes les contrées delà zone torride, elle varie selon la disposition du sol à retenir l’humidité chaude de 1 atmosphère ; cette disposition résulte , soit de la nature propre du terrain , soit de ses formes géologiques. Il n’en est point entre les tropiques comme dans nos contrées , où la puissance assimilatrice des élémens qui constituent le sol , forme la principale cause de sa fertilité ; dans les régions équatoriales, les propriétés de l’atmosphère y suppléent , et souvent, indépendamment de l’espèce du terrain, la chaleur et l’humidité donnent naissance à une fécondité prodigieuse. Si l’on recherche , au surplus , quelle est l’assimilation de chaque sorte de sol , dans lès grands archipels volcaniques où gissent, dans les deux Indes, les premières colonies européennes , on reconnaît qu’elle est nulle dans les terrains tuffacés où prédomine la silice ; elle est atténuée dans les terrains calcaires par les circonstances qui les privent d’humidité : le défaut de forêts et d’élévation des reliefs; elle varie, dans les terrains argileux , selon le degré de décomposition des laves dont ils sont formés; elle acquiert son terme Je plus

élevé dans les terrains d’alluvions ; mais l’abondance qu’elle produit est achetée par la puissance nuisible des plantes sauvages , la multitude des insectes , les inondations et les maladies qui attaquent les cultivateurs.

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