Culture
C est par la nature de leurs cultures , que les colonies sont essentiellement utiles à leur métropole , pour laquelle des productions semblables aux siennes seraient sans valeur , ou même deviendraient préjudiciables; mais c’est par 1 étendue , qu’une population suffisante donne à ces mêmes cultures , que leur objet se trouve atteint , et que la quantité de leurs produits répond aux besoins de la consommation et du commerce extérieur. C’est seulement
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en remplissant tout ce qu’exige cette double condition , que la culture des établissemens agricoles parvient h une haute prospérité. Telle est celle des colonies anglaises des deux Indes , qui fournissent à la Grande-Bretagne une consommation de 148 millions de denrées tropicales, et de plus une réexportation de 1 94*
Pour arriver à une situation analogue , voici les termes auxquels il faudrait porter l’extension de nos cultures coloniales. La consommation du royaume exige maintenant, attendu l’accroissement quelle a éprouvé dans ces dernières années :
— 1 20 millions de livres pesant de sucre brut , réduites à 90, qui sont importés chaque année, et dont environ 3o millions sont terrés ;
— 16 millions de livres de café ;
— i,5oo,ooo livres d’indigo;
26 millions de livres de coton en laine.
Pour produire cette masse de denrées , il faut :
20,000 carrés de cannes à sucre , donnant chacun annuellement 6,000 livres pesant de sucre brut, et équivalant ensemble à i3 lieues carrées, de 2,282 toises.
—8000 carrés de caféyers, donnant chacun annuellement 2000 livres pesant de graine , et équivalant à 5 lieues -A.
2000 carrés d’indigotiers , donnant chacun annuellement 75o livres de matière colorante, et équivalant ensemble à une lieue et un tiers carrée.
— 52,ooo carrés de cotonniers , rapportant chacun 5 à 600 livres de laine , et équivalant ensemble à 34 lieues carrées.
Ce qui fait en tout 82,000 carrés , ou 53 lieues | carrées.
Pour fournir au commerce d’exportation de la France , une quantité double de ces produits, excepté le coton, il faudrait seulement de plus 3o,ooo carrés de terre, ou environ 20 lieues carrées ; ce qui porterait la surface totale des cultures coloniales , à 112,000 carrés, ou moins de 74 lieues en rapport. Si les colonies de déportation fournissaient le coton , cette étendue se bornerait à 4o lieues carrées.
Dans l’état actuel des choses , les plantations alimentaires sont dans le rapport d’un à 4 avec les cultures coloniales et les savanes ou pâturages , comme 2 à 3 ; il faudrait donc pour ces deux objets importans , dans’ la dernière hypothèse , une surface de 36 lieues , et dans la première , une de 68. Conséquemment si le coton en est excepté , toutes les denrées tropicales nécessaires à la consommation de la France, plus une quantité égale pour l’exportation , et une étendue suffisante de plantations alimentaires et de savanes , n’exigent qu’une surface de 76 lieues carrées; et il en faut tout au plus 142, si l’on comprend le coton qu’employent nos fabriques parmi cette masse immense de produits coloniaux. Nous examinerons dans la troisième partie , jusqu’à quel point les colonies de la France peuvent remplir les conditions dont nous venons d’exposer les termes numériques.