Administration et défense
L existence de tous les élémens d’une grande prospérité coloniale, peut ne produire aucun résultat favorable pour la métropole , qui devrait en recevoir un accroissement de richesses et de puissance. Il suffit, pour la frustrer des fruits abondans et précieux qu'elle en attendait, d une administration faible ou vicieuse, qui croit tout faire en opposant au mal d’inutiles projets , ou qui , méconnaissant que les colonies sont créées dans l’intérêt de la mé-
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tropole , oublie que tout doit tendre à resserrer les liens qui les unissent. L'histoire des établissemens d’outre-mer de toutes les nations européennes , nous montre tour-àtour , et parfois simultanément , l’autorité qui les gouverne débile ou tyrannique , et la prémunir contre cette double tendance est l’une des premières conditions de la prospérité coloniale.
Il serait superflu ou funeste de perfectionner, à force de soins , des établissemens qui n’offriraient qu’une possession éventuelle; et leur conservation , assurée par tout ce que la sagesse humaine peut réunir de chances , doit être la plus puissante nécessité à laquelle leur organisation sociale doit pourvoir.
Leur défense est confiée à la coopération des armées navales , à là résistance des places fortes , et à une garnison de troupes régulières, assistées par les milices du pays. Le concours de ces moyens est sans doute utile; mais leur efficacité ne devient certaine que par une population assez nombreuse pour obliger l’assaillant à un grand développement de forces, toujours difficile et dispendieux audelà des mers. Il n’en peut être ainsi quand les cinq sixièmes de la population sont des esclaves qu’on n’ose point armer; et l’accroissement du nombre des blancs que demandent également la sûreté intérieure des colonies , l’extension de leurs cultures, et le perfectionnement de leur industrie agricole et manufacturière , est aussi le moyen de défense et de conservation le plus efficace quelles puissent opposer aux attaques de l’ennemi.
La détermination des conditions de prospérité dés colonies agricoles était indispensable , pour montrer avec
clarté dans la suite de ces recherches , quels avantages la F rance possède et quels autres lui manquent pour faire concourir efficacement ses étahlissemens transatlantiques, à l’agrandissement de son commerce , à l’accroissement de sa consommation , et aux succès de son industrie manufacturière. Les hases que nous venons de poser, nous permettront d’arriver facilement à ce triple objet , et de faire sortir une lumière utile de ce sujet non moins obscur qu’important.
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