‹ Le commerce au dix-neuvième siècleChapitre 72 sur 87 · DU* COMMERCE · texte numérisé non relu

DU* COMMERCE

Mais , jusqu’à présent , aucun peuple n’avait usé des combinaisons des tarifs de douanes , avec une politique aussi étendue et aussi profonde que celle cachée par l’Angleterre dans la pratique de ce simple moyen d’administration. Pour rendre illusoires des concessions qui semblent accordées par les dispositions les plus libérales , il suffit de leur opposer la puissance mystérieuse renfermée dans les chiffres de la cédule qui accompagne un hill. Ainsi, en 1823 , par une tolérance qui semblait mériter la gratitude des Etats-Unis , et exiger d’eux en retour d’autres stipulations favorables , il fut statué que les produits américains seraient admis dans les colonies anglaises. Mais le Congrès , sans tenir compte de la manifestation du principe, chercha, dans les nouveaux tarifs , comment il fallait apprécier la réalité de son application ; et blessé de la délusion qu’il crut y trouver, il frappa d’un droit considérable l’entrée des bâtimens anglais dans tous les ports de l’Union. Une représaille qui assujettit les navires américains au même droit , à leur arrivée dans les colonies anglaises , ne lui fit point* abandonner son système hostile , et il en résulta pour les Antilles anglaises une disette d’approvisionnemens qui a rendu nécessaires les mesures récentes du ministère britannique, contenues dans le bdl sur le libre commerce des colonies. Cette loi qui fait profession d’établir un système d’union commerciale entre la métropole et ses établissemens d’outre-mer, en remplacement du système des restrictions commerciales , dont le temps est passé , dit-on , et les chaînes rompues , ne tiendra sansdoute pas mieux ces magnifiques promesses que celle don t les Etats- Unis ont si rudement repoussé les préten-

dus avantages. Il est évident qu’elle a pour objet d’appeler les navires suédois et danois à l’approvisionnement des Antilles , c’est-à-dire, à créer une concurrence dont on espère que le dommage obligera le Congrès à retracter ses mesures. Quant à la révolution qu’elle doit faire dans le régime colonial , dont autrefois la prohibition était la règle et l’importation étrangère l’exception , tandis que maintenant il en sera , dit-on , précisément au contraire , on conçoit que les tarifs des douanes peuvent réduire cette théorie à une illusion dont les seuls effets seront de calmer la fermentation des habitans de la Jamaïque , et de montrer sous un jour brillant la politique libérale de l’Angleterre.

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