Perfectionnement industriel des Produits importés
C'est le commerce qui fait refleurir l'agriculture et qui répare les mauxcle la guerre et des révolutions; mais il ne peut exercer cette puissance salutaire qu'autant que l'importation est circonscrite dans des limites moins étendues que l'exportation. Pour atteindre un objet aussi important y trois conditions sont nécessaires : perfectionner les objets importés pour en obtenir une exportation avantageuse; trouver des débouchés qui permettent au commerce d'entrepôt de les répandre chez l'étranger» et consommer le moins possible d'objets dont l'importation ne provient point d'échanges favorables à l'agriculture ou h l'industrie du pays. Examinons d'abord la première de ces conditions :
Les objets qui constituent l'importation se divisent en deux classes : les uns entrent immédiatement dans la consommation sans éprouver aucune transformation ; les autres sont ou des matières premières , ou des produits susceptibles d'un perfectionnement industriel. Autant il est ruineux pour un état de satisfaire aux besoins du luxe et de la vie domestique , en consommant beaucoup d'objets étranget'S, autant il trouve d'avantagesà se procurer des matériaux , dont il augmente la valeur par
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son travail et dont la vente à l'extérieur accroît sa prospérité commerciale. Citons quelques exemples qui montrent Téminente utjlîté de cette dernière branche d'importation.
Les vingt-cinq raffineries de Pajpis et de ses environs exploitent annuellement 55,6oOyOoo livres de sucre brut et terré valant 27,669,000 fr. Au moyen du travail de 600 ouvriers, il enrésulte un produit de 31,719,000 fr. Les droits fle douanes montent à 9 millions , le fret des ^' ^^ ^/^<' matières premières à 2,900,000 fr. Ainsi le seul perfec- ^'^^ ^^ffr^^Xâ tionnement industriel des sucres importés et raffinés à ^ ^'-
Paris , donne un bénéfice de 17^841,000 fr. Or, le terme moyen des sucres bizuts et terrés entrés pour consommation dans l'intérieur du royaume fut de 181 5 à 1817, de • 51,796,000 livres pesant; conséqtiemment la capitale jie ; possédait alors que les deux tiers de l'industrie qui s'exerce sur cette branche d'importation, etJa France obtenait alors , par «a totalité , un revenu brut de 5o millions et un bénéfice de 27, dont i5^ revenaient aux douanes, 4^^ la J marine marchande et 9 à l'industrie. Mais il y a lieu maintenant à doubler toutes ces sommes , car l'importation des sucres s'est augmentée de près de moitié depuis ce temps, et son terme moyen a monté, en 1822 et 1825, à 97,401,000 livres pesant. ^
Les filatures de coton du département de la Seine mettent en œuvre annuellement , au moyen de cinquantedeux établissemens, i,5oo,ooo livres pesant de coton en laine, évalué à 3,760,000 fr. Le salaire des ouvriers, qui sont au nombre de 4>S3^> s'élève à 1,800,000 fr. et l'ensemble des dépenses à 6,091,000 fr. Une partie du coton est employée dans les bonneteries, par i65o ouvriers.
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qui, au moyen d'ane dépense de i ,53S,ooo fr. , lui donnent une valeur de 4*657,000 fr. Une autre partie est employée dans les filatures de tissus par 4>366 ouvriers, qui lui donnent , par une dépense de 4>3o2,ooo fr, , une valeur de 1 3,636,000 fr- Ainsi, par la main-d'œuvre de 10 à 11,006 ouvriers et un ensemble de dépenses de 1 1 ,928,000 fr. , une masse de produits importés qui ne valait primitivement que 5, 7^0,000 fr, s'élève à 18,029,000. Conséquemment sa valeur intrinsèque est presque quintuplée par l'industrie ; et le bénéfice qu'elle donne étant de 6,365,000 fr. , est presque double de la matière première , indépendamment de l'avmitage d'un mouvement de fonds de 12 millions.
L'exportation des cotons en tissus et en bonneterie fut de 26 millions en 1820, de 19 en 1821 , de 20 milKons eu 1822 , et de 24 à 25 en 1823. Si l'on y comprend la contrebande , elle n'est pas au-dessous de ce dernier terme pour l'année moyenne ; et les données précédentes établissent : que la matière j^rémière de ce commerce ne coûte que cinq millions; qu'elle fournit du travail à 16,000 ouvriers , et que l'industrie accroît sa valeur de près de 20 millions dont la mbîtié est acquise comme b^iéfice.
La bijouterie, l'orfèvrerie et les autres branches industrielles dans lesquelles sont employées spécialement ou accessoirement les matières d'or et d'ai^nt, mettent en œuvre chaque année^ à Paris , pour une valeur de 149552,000 fr. Sept à huit cents ouvriers , et une dépense d'environ 7 millions, ^vent à 27,394*000 la valeur de ces matières transformées ; on en exporte annuellement pour 2,633,000 fr. Ainsi, tes différentes industries qui
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s'exercent dans la Capitale sur For et sur .Fargent , doublent la valeur de ces métaux par un travail qui en coûte le quart. Or » la fabrication dans les départetoteUs excède de sSySiOyOoo fr« c^elle qui a ligu à Paris » si nous la suppo- ^ sons seulement égale, ce qui la porte d'un 20.* au-dessous < de la réalité» Si s'ensuit que 29 millions d'or et d'argent ' *^ * A ^ bruts acquièrent par l'industrie de i5,ooo ouvriers, une valeur de 55 millions et donnent à la France un bénéfice de 1 2 millions , excédant de beaucbup les deux cinquièmes de la valeur première ûes métaux employés. L'exportation fournie par l'orfévrerie^et la bijouterie, indépendamment d'autres professions doM les étabKssemens soht en nombre égal , monte annuellement à 8 millrons , somme dont la iltioitié se forme de la main-d'œuvre et du bénéfice qu'elle procure.
L'horlogerie de Paris fait chaque aimée, dans «es cinq cent vingt établissemens , une dépense de i6,3o6,ooofr. , tant pour Tachât des minières premières que pour le salaire de plus de *2ooo ouvriers. La v^ite s'élevant ^ i9>7G5,ooo fr. , te produit net est de 3,459,000 fr. La main-d'œuvre , les loyers et les impositions sont évaluées à 3>&5osooo fr. , ce qui réduit à 12 millions, la valeur intrinsèque des matières employées. Conséquemment l'industrie élève cette vafcup de près de 8 millions , ou des deux tiers , et elle en retire un bénéfice presqu'égal à la troisième partie du prix de leur vente. La France ejqiorte annueHement pourphisée 4 miUions d'objets d'horlogerie. Dans cette somÉie , la valeur des métaux est seulement pour i3 à 1 400,000 fr. La main-d'œuvre pour 16 à 1700,000 ; le produit net ^t de jdus d'un miHîon. > ,
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Ces exemples suffisent pour établir :
i."" Que l'importation des sucres bruts et terrés donne lieu à une fabrication , qui double leur valeur primitive » et produit en faveur de l'exportation un bénéfice correspondant ;
?." Que la bijouterie et l'orfèvrerie accroissent aussi de moitié la valeur des métaux importés qu'elles employent , et en tirent un produit net qui surpasse les deux cinquièmes de leur valeur intrinsèque.
3."^ Que l'horlogerie augmente des deux cinquièmes le prix des matières métalliques dont elle fait usage , et en obtient un bénéfice égal au tiers*
4.'' Que l'importation des cotons alimente une industrie qui quintuple leur valeur première et procure sur leur exportation un profit qui n'est guères au-dessous de la ^loitié de cette valeur.
D'où il suit que .pour diminuer la. balance défavorable existant entre l'importation et l'exportation, l'un des moyens les plus prompts serait iie favoriser l'entrée des matières exotiques , susceptibles comme le sucre et le coton , de recevoir, par les procédés d'une industrie perfectionnée , une transformation qui double leur valeur et qui peut même la quintupler.
Mais la condition nécessaire de ce succès est la possession de marchés étrangers, qui permettent une vente rapide, assurée et avantageuse. Si la France avait des débouchés extérieurs constamment ouverts , comme ceux de la Grande-Bretagne , il suffirait de l'extension d'une seule branche d'industrie , pour combler un déficit , tel que celui que nous avons éprouvé en 1822 , et qui a laissé
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une différence de 4^ millions entre la valeur de notre exportation et celle de notre importation. Ce résultat important pourrait être donné par la seule importation d*une quantité de coton brut , triple de celle que nous recevons ,. et qui, payée i5 millions , nous permettrait d*en exporter pour 7S ; il pourrait être obtenu par une importation proportionnelle des sucres Bruts et terrés , puisque leur ra£Snage accroît leur valeur de près de moitié. Ainsi le > malheur d'être forcé de recevoir de Tétranger une quantité de produits , excédant la valeur de ce qu^Il achète > peut trouver un remède dans l'importation elle- même,; j^,*,^^^ / dirigée, au moyen de la protection des tarifs, vers^lesj^ objets , dont ta transformation augmente la valeur ; mais; ce secours ne peut être efficace que par les ^ins d'une industrie active et perfectionnée, et par la sollicitude d'un Gouvernement qui lui procure l'exportation et la venté de ses produits.
&;* E0(rnatwii été objets impértis.
Les puissances oonimercialés accroisseiit l'exportation de leurs produits indigènes, i.® en recueillant dààs kâfi entrepots des marchandises étraiigèrei qu'ils réeij>o1r0ént avec bénéfice ^ 2.^ ell transformant^ par leor ifidil^k), Jes matières exotiques , et en les exportant avec l'avunta^ d'un accrdlssémeiit de valeur considérable.
i«^ Le système de recevoir, dans des entrepôts heureusement situés, des marchandises étrangères , sert diervëîllëiïsemént le commerce anglais^, et contribue à sa grande prospérité. DeUt conditions soni nécessaires à
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l'accroisseinent de cette branche de traGc : la possession de colonies qui puissent fournir au-delà de ce que consomme la métropole» et une activité maritime qui procure la prépondérance dans les marchés étrangers » d'où Ton tire à bas prix les objets susceptibles d'être rendus ailleurs avec avantage. Voici , pour la Grande-Bretagne , le montant de la double réexportation des produits coloniaux et étrangers pendant neuf ans.
Jknnée».
Prodaits coloniaux. Produits étrangers. Totaux.
iS^gSo^ooG. .... 3,177,000. . . 19,167,000 st.*
i3,o25,ooo 2,683,000. • . 15,708,000
7,703,000 3,i32,ooo. • • 10,835,000
7,oo4»ooo. • . . • 3,598,000. • • lt),602^00O
Par ces nombres , dont la connaissance est officielle , il est établi : ^ .
1.** Que la Grande-Bretagne exporte chaque année, de ses entrepôts, pour 80 à 90 millions de francs de produits étrangers; savoir, laine, coton, soie non -manufacturés, blé, chanvre, lin, peaux, fer, huile, raisins, tabac , esprits , vins , fourrures , etc.