Qu'elle exporte également une quantité de pro
(i) 1823. • . .9,791,000 liv. st. — i8a4. . . . 10,978,000.
SUR LE GOMM£RC£. 1^7
doits cdloniaut proyenans des Indes orientales et occidentales, valant environ 1 25 millions; ces produits sont : des sucres. Café , cacao ^ rhum , piment , bois de teinture , morue , huile , épiceries , thé , salpêtre , indigo et tissus des Indes.
3.** Que l'ensemble de ces deux branches de réexportation monte approximativement à 25o millions; il s'était élevé au double en 181 4; mais la concurrence et la fiscalité l'ont atténué progressivement de manière, à ce ^u'en 182a la vente des produits coloniaux n'était guère que du tiers de son. montant dans les premières années de l'état de paix. Ainsi cette partie du commerce anglais décline manifestement; mais l'exportation des produits étrangers se maintient invariablement , au même taux , depuis dix ansi
4.** Que , par cette atténuation ^ le commerce d'entrepôt de la Grande-Bretagne, qui, en i8i4» s'est élevé à 58o millions ^ s'est trouvé réduit à sSo en 1822 ; ce qui le porte encore au double de celui des Ltats-Unis , et au ^ quadruple de celui de la France.
L'infériorité de cette dernière puissance a pour causes : : l'insuifisance du produit de ses colonies , les bornes restreintes de ses relations extérieures, et le défaut d'esprit d'entreprises. Il faut y joindre le nombre* trop limité de ses entrepôts, qui ne lui permet pas de profiter des avan-« tages de sa situation géographique , autant qu'il lui serait possible de le faire. Il est évident que la Suisse 7la haute Italie et une partie de l'Allemagne peuvent recevoir de la France , à meilleur marché que de partout ailleurs , la massé immense des denrées coloniales nécessaires à leur consommation, et que, pour la leur fournir, il ne faut
148 REGHBBCnES STATISTIQUES
qu'un transit facilité par des entrepôts bien placés , des moyens de communication agrandis et perfectionnés , et des stipulations de tarif favorables. Il est urgent d'obtenir ces avantages au commerce , ou de les lui accorder , car c'est à leur seul défaut qu'il faut attribuer une exportation des marchandises entreposées , bornée au sixième de leur râleur totale. En i823, les objets réexportés, par mer , ou par transît s'élevèrent k 5i,796,ooofr» Les entrepôts en contenaient pour .286,827,000 fr. H eut resta pour 235,ooo,ooo, qui ne purent 'trouver d'écoulement. Si la France s'était procuré les moyens de les faire déboucher , par son exportation maritime , dans les ports de la Baltique et de la Méditerannée , et par ses lignes'de transit , dans les contrées limitrophes au nord et à, l'est , cette branche de commerce aurait surpassé de 60 millions celle dont TÂngleterre recueille les fruits , et les États-* JDnis fussent demeurés au-dessous de sa richesse de plus de moitié.
Mais il^est loin d'en être ainsi ; car suppléant aux productions indigènes par le commerce des productions étrangères, et surmontant, par une activité prodigieuse, le désavantage de n'avoir ni colonies , ni comptoirs , les btats-Unis réussissent à faire une exportation de marchandises exotiques , double en valeur de la nôtre , et déjà égale à la moitié du commerce étranger de la Grande-Bretagne. S'ils sont parvenus à de tels succès , quoique privés de la proximité des marchés et des coirsommateurs, de la possession d'établissemens coloniaux et delà prépondérance politique, qm applamt tant d'ob* stades , eoïkibien la France , qui possède toutes ces res-
SUB LB COMMEBCE. 1^9
sources , n'ést-elle pas h même d'atteindre rapidement h une semblable prospérité ?
«•^ L'exportation des marchandises étrangères au pays , par Torigine de leurs matières premières , mais ayant augmenté de yaleur par les opérations de son industrie , confttitne une. branche de commerce encore pltts lucrative. En effet, ces opérations accroissent jusqu'au quintuple le prix des matériaux , et donnent un bénéfice proportionnel'9 tandis qu^ le profit du commerce d'entrepôt se forme uniquement du fret et de la différence du prix' d'achat et de celui de vente. Il y a de plus , dans la transformation de produits étrangers par des manufactures perfectionnées , l'avantage de rencontrer , dans leur exportation , une. /concurrence moins grande , attendu qu'il est beaucoup plus difficile à des peuples rivaux de s'ériger en puissance industrielle que de devenir les facteurs du commerce des autres. On en trouve la preuve dans l'exemple qu'offrent les États-Unis » qui ne peuvent exporter que pour i5 mil-^ lions de produits provenant de leur industrie , tandis qu'ils font une exportation de i4â millions de produits étrangers.
D'après ces* considérations» nous examinerons» avec quelques détails » la valeur des produits manufacturés^» dont les matériaux sont exotiques^ » et dont l'exportation contribue à la prospérité commerciale de chaque pays.
Les principaux articles de ce genre» fabriqués dan^s la Grande-Bretagne et exportés de i8i4^ iSsifi» sont ain^i qu'il suit » d'après leur valeur réelle ou déclarée
l5o BECHERCHE8 STATISTIQUES
Années- G>toii8 manufactnrët Got. filés Lainages Soieries. Sucres raflîttés.
i8i4. . . ly^aiifOoo si^. 3,791,000. . .6,373,000. • .53o,ooo. . .3,091,000 i8i5 . . . 18,946,000. . . . 1,674,000. . .9,338,000. . .623,000. . .3,Si3,ooo 1816 • . . 13,948,000. . . .3,628,000. . .7,844,000. . .480,000. . .2,064,000 1817. . .13,996,000. . . .3,oi4,ooo...7,i63,ooo.. .4oB,ooo.. .3,408,000 1818. ..16,372,000.. ..3,385,000.. .S>i43,ooo. ..499,000... 2,46 1,000 1819. . .13,183,000. . . .3,519,000. . .5,986,000. . .376,000. . .1,446,000 1820. . .13,696,000. . . .2,826,000. . . 5.583>ooo. . . 371,000. . . 1,788,000 1821 . . .13,786,000. . . .2,307,000. . .6,461.000. . . 373,000. . • 1,507,000 1822. . . i4,534,ooo. . . .2,700,000. . .6,484,000. '..38i>ooo. . . . 678,000
T<erme moy. 1
4 aeraières ? » 3,699,000. 3,587,000. . .6,l26,000.. 375,000. . , . 1,355,000 Années 1
Les nombres de ce tableau diffèrent considérablement de ceux consignés dans l'État de l'Angleterre , au commencement de 1823, attendu que dans ce document semi-of&ciel , on a préféré comme secondant mieux son objet qui était de montrer la situation du commerce sous un point de vue favorable , l'évaluation des objets par les Douanes , d'après le tarif de i6g4» à l'évaluation résultant de la déclaration des exportateurs , sous la foi du serment. Or, il est manifeste que le premier de ces deux modes d'information ne peut donner pour les articles en question que des résultats exagérés , puisque le tarif dressé » il y a i3p ans, et qui porte beaucoup au-dessous de leur Valeur actuelle une multitude d'objets , élève au-delà de toute vérité, celle des tissus dont alors la fabrication était beaucoup plus dispendieuse par l'insuffisance des moyens mé- ' caniques qu'on y employait. Si l'on en croyait ce tarif, la valeur de ces produits , exportés l'année dernière , aurait ^té ainsi qu'il suit : cotons tissus 26,880,000 livres slerl. ^
SUR LB COMMBRCB. l5l
coton filé 3»i58,ooo; ensemble 3o mQlions sterling» ou 720 millions de francs ; lainages 6y88o»ooo livres sterl. ;, toiles3y 1 74»ooo ; fer et acier ouvragé^et bruts 1 y490>ooo ; sucre rafiné 1,121,000 ; soieries i8g,oQO. Total de* produits anglais^ et irlandais naturels et industriels exportés en 1824 9 §0,758,000 liv. sterl. ou 1218 millions de francs. En France , Texportation des mêmes produits a été ainsi qu*il suit pendant les quatre dernières années :
Années. ' Cotons mannfactarés. Lainages. Soieries. Sucres raff.
i8ao ,f,,, .35,988,000. . . . 25,796,000 .... 1^3,063,000 546,000
1822 . • • . . .20,295,000. . . . 19,982,000. . . . 99,063,000 2,94i,oco
1823 24,464,000. . . . 19,013,000. . . . 84,3o2^ooo 768,009
. Si l'on fai^ de cette période de quatre ans , une année moyenne , et si l'on embrasse par la même opération , lea exportations britanniques de 181^9 à 1822 , on obtient le&^ termes comparatifs ci-après :
Exportations moyennes. France. Angleterre.
Cotons mannfacturés 23,43i,ooo. . . . 339,775^000,
— filés. • D 64,675,000
Lainages . • a2,365,ooo. .% . i53^i3o,ooo
« Soieries • • 1 o4,526,ooo. . . . 9,375,000
Sucres raffinés i,734,ooo... . 33,S45,ooo
Val. moyenne de i'Export. de ces produits. i52,o56,ooo. . . . 6oo,8jo,ooo
Ainsi les produits manufacturés. au moyen de matières premières, en partie ou totalement étrangères, donnent h ia France une exportation annuelle de plus de i5o mil^ lions de francs, et à la Grande-Bretagne, une^xpyortation quadruple en valeur.
. l/exportation angliaise des cotons manufi^cjtun^s et filé^
4lant de 4q4 QÛUioQ^ ^u mmimum > 4'«près ^s documens pMblics, elle excède la pôtre de $8^1 millîoai, et elfe est 17 à iSfoif plus con^i^rabl^. L'eiiportation aii^laise des lai - Wfj^ excède la nôtre de i3| pûlliop^; eOe en a sept fois I9 yaleur. Ii*expo^atioo anglaise des soieries est inférîeuce à I4 nôtre de 9S p^Uipni ; elle est u à 1 9 ibis moindre. L'exportation des sucres ra0inés de TAngleterre est plus grande que la nôtre de S^^ millions; die pu a s4 foÎB la valeur.
U faudrait que la France augmentât de 44^ millions Fexportation de ces quatre espèces de produits pour égaler le profit immense qu*en tire la Grande-Bretagne; et notre infériorité commerciale consiste principalement dans les IHTOgrès trop faibles ^ trop lents de ces branches importantes qui ne peuvent iteceroir d'accroissement suffisant 9 par le défautMe débouchés extérieurs. Toutefois , la situation de la France à Tégard de ces grandes masses de produits exotiques perfectionnés et exportés» ne semble ainsi réduite à un degré aussi bas » que parce que nous la comparons à celle de la Grande-Bretagne , qui est un pro^ dige; elle ne paraîtrait pas moins merveilleuse que celle de cette dernière puissance si nous- en rapprochions ki ^flTets , des tentatives infructueuses faites dan^ les autres contrées de TEurope.
Essayons de connaître quelle richesse est donnée à l'une et à l'autre 4es deux grandes puissances industrielles , par k transformatioi;! de Fun des produits exotiques dont nous nous occupons et par leurs exportations.
La valeur du coton en laine importé dans la Grande-^ ; B^tagne, et celle du coton réexporté ont été ainsi qu'il suit pendant neuf années récentes :
StR LK GOMIIBBCB. |53
fabricatioa
1814 ••**•• 1 »984>ooo tÎT. st. 337,000 i,647»ooo
i8i5. • •• • • 3,3189000 367,000 2,g5i,ooo
1816 3,i5i,ooo 321,000 2,83o,ooo
1818 5,764.000. ..... 1,124*000 4>64o>ooo
1819 4»868,ooo 1,016,000 4»S^2,ooo
1820 •..,.• 4.933,000 870,000» • • . » 4>S6<^>ooo
1821 4>347>ooo 1,09^,000. • • .. 3,255,000
1822 4>735,ooo 1,279,000. • . • • 3,4^6,000
En cherchant te terme le plu» rapproché de Féttl récent des choses, si Ton prend la Taleur moyenne dea quatre dernières années, on trouve qu'en nombres ap-^ proxîmatifs , l'importation des cotons en laines dans la Grande-Bretagne , est de 120 milIicNis de francs; il en est réexporté pour 20 millions; il en reste une faleur de 100 millions pour les manufactures anglaises. La quantité d^ cette ^;iatière première importée pendant les deux der-i^èrçs années a été : .
En 1828 de 543>028 sacs faisant 135,757,000 iiv. pesant. — 182$ — 671,623 •— 167,905,000 —
Année moyenne. . . i5^ millions de Uïres (i),
i}X Vim^orU^tiop. ^% été qjM dfx 540,57 4 hàSm «tf iM ; »*» % dans les six premiers mqis de x8a5, ellle a^mvpi^ ^ 5q^q^ ^ savoir : 267,679 d* Amérique , 116,903 du BrésU , 47,774 4'5-t gypte , 54, i54 des Indes orient, et occid. ^ plus , i3^49<> sj^rveijiïieai d'aiHeurs. On comptait, pour l'année, sur 110,000 balles d^Égypit.
l54 REGHBRGHB8 STATISTIQUES
Si , d'après la proportion ci-dessus indiquée , il en a été réexporté un 6.* ou 2 5 millions de livres pesapt , il en est resté pour les manufactures 127 millions de livres.
Pe 1811 à i8i5y l'importation du coton en laine dans les ports de l'Angleterre fut de 9,039,000 livres sterl. , faisant 9 année moyenne 9 75 millions de francs; son accroissement en valeur est donc de 46 millions; la guerre réduisait alors la réexportation à peu de choses , et sil'on admet que cette importation entière alimentait les fabri-^ ques, leur consommation actuelle est plus grande de 25 millions , ou du tiers de la valeur des matières qu'elles mettaient en œuvre il y a douze ans. L'exportation des produits industriels résultant de la fabrication de ces matières s'élevait, dans ce temps , par un terme moyen des trois années 1811, laet i3,à i5 millions sterling, ou 375 millions de francs. Elle est maintenant, tant en cotons filés qu'en tissus, de 4o4 millions. Elle est conséqu^nment plus considérable de 29 millions; elle le serait de l'énorme somme de 229 millions, si l'on adniettait comme terme de comparaison , et sur l'assertion du tableau des évaluations officielles , l'exportation des cotons manufacturés , qui s'y trouve portée pour 24,566,ooo liv. 6terl. , ou plus de 6o4 millions ; il faudrait même élever cette vente à 720 millions de fr. , si l'on ajoutait une foi entière aux mêmes évaluations pour 1824* Mais nous avons déduit les moti& qui nous font repousser ce document et donner une juste préférence à celui dressé d'après la déclaration des valeurs.
En 1812, le produit annuel des manufactures de cotoa 4e la Grande-Bretagne était, d'après Colquhoxm,, d©
SUR LB COMMBBCE. l5â
s3 millions sterling ou 5y5 millions de francs. L'exportation des tissus fabriqués dans ses manufactures était de 375 millions; la consommation était par conséquent de 200 millions. Maintenant l'exportation étant augmentée d'un iS.', le produit total dès manufactures doit avoir suivi la même ppportion , car la production s'accroît gé- , néralement comtne la vente. Il y a donc Heu de croire que la fabrication est actuellement plus considérable de 4^ millions» et qu'elle s'élève à 620 au lieu de SjS.
Mais nous n'avons point atteint , dans ce calcul , la quantité de tissus qui échappent par la contrebande aux relevés des Douanes. Voici une supputation qui nous affranchira de cette cause d'erreurs. En 1812 » la Grande- Bretagne recevait pour 76 millions de francs de coton en laine ^ et en fabriquait pour 5 75. La valeur des matières premières n'entrait gu^s que pour le 8." dans celle des objets manufacturés et l'industrie l'accroissait d'un demi-: milliard. L'importation du coton en laine , déduction fahe de la quantité , qui en est réexportée , est maintenant de 100 millions de francs; puisqu'elle est plus grande de fi5 millions où un tiers qu'elle n'était il y a 12 ans; la fabrication a dû s'accroître proportionnellement, et il faut en porter les produits à 760 millions. L'exportation des cotons tissus et filés montant à 4o4 millions , la consommation et la contrebande s'élèvent à 356.
La différence entre ce calcul et le précédent indique I ./ que ce dernier débouché sert ^'écoulement à une valeur 1 de i4o millions ou 1 7 pour 1 00 de la masse des produits , ce qui toutefois n'est qu'une induction probable. Dans cette hypothèse, la consommation serait de 216 millions et ne pe serait accrue que d'un 12.* en 12 ans.
]56 REGHBRCH£$ STAQ? TS TIQUES
Eq résumant ces aperças pour connaître le béaéfiee de TAngleterre sur cette branche principale de son cornmeree , on arrive aux faits que roici : Il est ¥endu annuellement à la France et aux états du nord ^e TEurope , par les navires de la Grande-Bretagne , pour 20 million» de francs de coton &ak laine , sur lequel sont gagnés le fret et la différence de valeur des marchés. Il est exporté dans les ports des deux hémisphères , par le commerce licite des Ile» britanniques au moins pour 4^4 millions de francs de cotons iilés et manu&cturés. On soupçonne qu'il s'en fait , en ovtre . une exportation interlope de i4o milliona, ce qui porterait Texportation totale de cet article ^ S44* L& consommatioB du Royaume-uni est de ai6 millions de francs» Une valeur de 100 miUtons de cotons en laine , donnant par le travail des manufacture» pour 760 millions de produits , la mtatière première n'entre pas pour un 7*^ dans ta^ valeup de»ob)^ fabriqués , et Tinduatrie Tai^mente d& prix sep^ ^ huit fois par âes opérations ékborées*^ Ainsi ^ dans Ve^^ttatioa licite de» cotoijis fabriqués d^ TAngleterie il y a seulement pour dj wUions de matière» première» et pouç 347 BwlUons^ de main-d'œuvre et d^ bénéfice»; et si l'on y comprend l'interlope présumé » le gain et le travail s'élèvent à- la X^h^v prodigieuse de 466 miUi<m» qnMl» privent aiii moyen' de matériaux qui n'en valeni que 78.
]^ ne qaleulani que sur la seule année iSâd , on trouve ({iA'alor& 1(36 mîDipns d» livre» pesant de coton en laî^e coûtaient &. la Grande-Bretagne, une sommie de 118 mil^ lioiis^ d^ fir^nc»,, QU àr peu p9^ \ 8 aeiv la» Uwe ; et c'est ea eiSstt le prix moyen, de» marché» de Londres et dis (i-
?erpo0L II en était exporté 25 millions de livres pesant dans les ports de TEurc^e , notamment dans ceux de la France , qui en reçur^^ 8 millions dans le courant de cette année. Le prix moyen , tant de l'espèce longue soie que de celle courte soie , était de 3 s sous la livre; il y avait conséquemment pour l'Angleterre , dans cette seule exportation , un gaiii de 1 2 millions et demi* Les 127 millions de livres pesant entrés dans les fabrique^ en sortaient manufacturés et valant 760 millions de francs » ou à très-peu près 6 francs la livre , en faisant compensation des tissus grossiers aux plus fins. Ainsi ^ en 1822 , chaque livre de coton en laine employée dans les manufactures dé r Angleterre, lui donnait 5 fr. 10 cent, pour bénéfice et pour prix du travail dont die était l'objet. Quoique cette augmentation de valeur soit énorme, elle est moins grande que celle donnée par le terme moyen des quatre ûng, cominencés en 1819. En calculant sur cette base on reconnaît qu'alors le produit fabriqué dé chaque livre de coton brut montait à 7 fr. 20 cent. La dîfiérence est de 2 francs 10 cent. ; elle est l'efiet de Pîmmense accroissement de cette branche d^ndùsfrie d'une année à Tautre; ce qui lui oppose, dans le pays même où elle naquit , une concurrence formidable. Les progrès de la France dans la filature et la fabrication des cotons , j ont aussi contribué puissamment.
Nous allons tâdier de û(fnner une idée de l'étendue de cette cause. C'est on exemple qui enseigne quels résultats avantageux un peuple actif et industrieux peut obtenir de l'exportation des objets importés après en avoir augmenté la valeuf par le Inmdl de seS manufactures.
l58 KECHERCHE» STATISTIQUES
La quantité et la valeur des cotons en laine dé toute espèce et de toute origine , importés en France pendant les quatre dernières années , a été ainsi qu'il suit :
Aanéet. Quantité. Valeur.
1820 4o»4^6^ooo. liv. pesant . 47>589,ooor f.
1822 45»544>ooo • 51,760,000
Ainsi l'importation moyenne des cotons en laine monte en quantité à 4294oo>ooo livres pesant et en valeur à 5o, 160,000 francs; les droits d'entrée élèvent cette somme du 8.* et la portent à 57 millions et demi, ou environ 24 sous la livre; c'est un quart plus cher que dans les Iles britanniques, et, pour cette première dépense, nos fabriques sont grevées de i4 ^ i5 millions qui , rejetés sur le prix des marchandises , leur donnent une élévation nuisible à la concurrence qu'elles doivent soutenir. Le travail de i5o,ooo ouvriers accroît quatre fois et demi ou même quintuple dans les circonstances favorables , la valeur de la matière première; il l'élève de 5o millions de francs à plus de 225. La valeur moyenne de l'exportation de nos cotons manufacturés, pendant les années 1820 à i825> a été de 24 millions de francs ; ce qui laisse à la consommation intérieure du royaume pour plus de 200 millions de tissus de cette espèce. Les cotons qui sortent de nos fabriques pour alimenter notre commerce extérieur , ne contiennent que pour environ 5 millions de matières premières ; les 1 9 autres sont formés du bénéfice et du prix du travail; dans la masse de notre consommation, la va-
SUR LE GOMMER CB. l59
leur d«5 cotons en laine entre seulement pour 4^ millions de francs ; les i56 autres appartiennent à notre industrie. Si Ton déduit les 3 sous de droits , payés par chaque livre de coton » Tune portant l'autre , selon son origine , sa taleur primitive est , dans le lieu d'arrivée » de 2 1 ou 22 sons environ. La fabrication l'élève à 5 francs ou, suivant d'autres données» à 5 fr. 5o cent. Ainsi, l'importation de chaque livre de coton en laine donne lieu à un travail et à un bénéfice valant ensemble 3 fr. 5o cent, ou même 4 fr. 4oc. et de plus un'droit de 3o centimes.
La Grande-Bretagne jouit encore de plus grands avantages , puisque ses fabriques ne payent le coton en laine que 90 cent, la livre , et que produisant une plus grande quantité de tissus fins et légers , elles en tirent pour 6 fr. de marchandises ; ce qui leur donne pour chaque livre de matière première, un gain plus grand que le nôtre de 70 cent, ou même de 1 fr. 20. Il y a loin cependant de ce bénéfice à ceux dont l'Angleterre est demeurée longtemps en possession et qui lui ont acquis pour ses manufactures des capitaux immenses. Il est prouvé |>ar les recherches du comité des finances de la Chambre des, communes, qij'en 1810, le coton en laine qui ne valait; à Londres que 2 shillings la livre, était vendu 6 shillings à Amsterdam et 8 à Paris. Alors l'industrie anglaise^ gagnait de 5o à 3oo pour 100, sur la seule matière de ses tissus; et, maintenant encore, une somme de 100 fr. ' employée à l'achat de 1 1 1 livres de coton , étant sextuplée par la fabrication , en produit une de 566 fr. , déduction faite des matériaux.
Nous jreviçndrons ailleurs sur tes causes^ qui privent
l6o BBCHBaCBBt STATIttIQUBS
la France d^nne partie des avantagea qu'elle peut obtenir d^nne industrie si féconde pour la Grande-Bretagne ; il suffit , pour rdb)et qui nous occupe ici , d*ayoir môtitré comment un article d'importation fournit à Texporfatioii, par le secours des arts manufacturiers , àei marchandises d'une Taleur sextuple de leur matière première; et com^ stient une seule espèce de matériaux exotiques peut , pat sa transformation^ changer la balance du commerce» et doàner un revenu égal à celui des empires les plus florissans. Si » au lieu d'accroître seulement quatre fois et demi la valeur de notre importation de coton en laine > BOUS parvenions» comme l'Angleterre» à la sextupler» nos produits maniifacturés exportés ou consommés montelraiem # pour cet article Unique » au - delà de 5oo mil- Hoa» de francs » et leur valeur égalerait le revenu annuel & Feihpire d'Autriebe. On ne peut le révoquer en doute , car la Grande-Bretagne obtient aujourd'hui » de ses seules fabriques de cdtob» une masse de produits dont la ricbessè excède de 5o milUons le double de tous les revenus dé l'Bmiiire Knsse» qm s'étend dans trois des quatre {Parties dû globe et qui doixipte 4^ millions de sujets.