‹ Le commerce au dix-neuvième siècle: état actuel de ses transactions dans lesChapitre 26 sur 66 · Consommation des objets importés · texte numérisé non relu

Consommation des objets importés

La c<msçmH3«tioti dèls objets» dont l'oHgine est étfai^rè au scA ei à l'industrie» est nuisible à un pstys» lorsqu'il ne peut y sofiisfeire que par des achats en numéraire» ou l0fsqu'y D^'en maintient pas la valeur totale afihdesBOi» de eelle ^ exporMidnàk II est avantageux» ad ccmtrairé» de consommer des objets exotiques» quand on parvient à se les procurer ^ e& échange depr«(Aiita indigèHer» fl«tillrels

SUR L£ GOHlI£lRG£* ' ' iGl

OU manufacturés. Dans le premier cas , la consommiation Contribue à la ruine du commerce ; et la fortune publique est atténuée chaque année» par la différence qui existe' entre Timportation et la valeur moins grande des objets exportés. Dans le second, on accroît le bien-être de la yie par l'acquisition des choses nécessaires ou agréables , et Ton ouvre d'utiles débouchés au commerce extérieur. Ces motifs étendent leur puissance sur une foule d'oc-^ currences domestiques, qui, par eux, deviennent iuH portantes pour la prospérité générale. Par exemple, il n'est point indifférent qu'un peuple contracte l'usage du thé ou celui du café , s'il peut surtout tirer de ses propres colonies cette dernière denrée ; car il est alors indubita^ ble qu'il l'achète avec les produits de ses fabriques , dont les trois quarts , ou même les cinq sixièmes de la valeur appartiennent à son industrie , tandis qu'il lui faut payer le thé , à Macao , en argent comptant, ou Tacquérir de ceux qui l'ont acheté ainsi , en leur donnant un énorme profit*

Parmi les objets importés , ce sont les denrées coloniales qui forment les masses et les valeurs les plus considérables de la consommation. H est curieux de Voir des pro-< duits exotiques , inconnus aux peuples civilisés de l'antiquité , tirés desjpays d^une autre zone , et obtenus par le travail d'hommçs appartenant à d'autres races, constituer maintenant la dépense la plus grande que fissent pour leur consommation , en marchandises étrajo^res , les principales contrées de ^E^rQpe.

Nous allons essayer de déterminer quelle est en France et en Angleterre cette consommation de denrées cohmiales. *

l62 RECHERCHES STATISTIQUES

Tableau des Produits coloniaux , consommés en France.

^HÉi

Années. Sucres brots ek Café. Indigo. tUcao.

terrés.

i8o4 . . . «53^255,000 liv. pt 30,943,000 liv. 2,061,000 liv. t,248,ooo liv. i8o5.«...57,85i,ooo..<... .20,946,000.. ..1,125,000.. .. 999,000. . . 1806. ... .58,787,000. . .••.17,729,000.... 1,642,000. . .. 391,000.. V

I ■ *MB«MMMBI.W^.M> I M ■ Il I ■■ ^ Il

Anuée moyenne .55,795, 000 20,206^000. • . . 1,609,000. . . . 879,000. . .

Année moyenne. 5 1,796^000 9,927,000.. . . 1,200,21 5 livres pesant.

1820 88,557,000 16,244,000. . . . 1,693,046. . . . i,209,eoo liv.

1821 88,073,000 i4,620yOoo. . . .2,oo5,ooo. . . . 1,532,000. . . .

1822. ...100,722,000 18,297,000.. ..i,i55,ooo.. . 1,384,000.. ..

1823. . . . 83,t>85,ooo 16,417,000. . . . 1,366,000. . . . 1,059,000. . . .

Année moyenne. 92,400,000 i6,4oo,ooo. . . . i,555,oco. . . . i,3oo,ooo liy;

!.• Consommation des suùres. — La France reçut par rimportation française et étrangère, en 1788, une masse de sucres pesant i88,35o,ooo livres; elle en exporta 1 35,059,000; il lui en resta» pour sa consommation, 55,5 11,000 livres. De 1804 à 1806, nous étions obligés d'acheter de l'étranger une quantité de sucre aussi grande ; mais alors la France avait reculé ses frontières et contenait 35 millions d'habitans. L'état de guerre avait réduit cette consommation à une livre et demie par personne , au lieu de 2j qui formaient , en 1 788 , la part de chaque individu. De i8i5 à 1817, )[a consommation du sucre

SUR LB COMMERCE. igg

s'éleva presqu'aussi haut qu'à cette dernière époque^ toutefois la population s'étant augmentée; elle n'était guères ^ue d'une livre ^ par personne. De 1820 à 1825, h quantité de sUcre consommée eh France s'est augmentée de 4i millions par un terme moyen!, et elle $'est rapprochée du double de Ce qu'elle était dans les premières années qui suivirent la Restauration. Elle est maintenant de S livres par individu , et surpasse , en quantité absolue et relative , le plus haut terme auquel elle se soit élevée avaùt la révolution , lorsque nous recevions de nos sfeules colonies des, Antilles, 35o mîHîonsMe livres de sucre pour leur produit annuel. Si , l'une pour l'autre , on porto toute espèce de sucre à 66 centimes le kilogramme , la consonmiation de cette denrée coûte à la France, année commune, 5i millions de francs.

La Grande-Bretagne consommait, eh 1814, 280,000 hogsheads de i3 cw. chaque, pesant ensemble 276 millions de livres, estimées 110,400,000 francs. C'était une quantité double de celle qui, en 1792, suffisait à la Consommation des Iles Britanniques, et qui n'excédait pas 113,758 hogsheads. En 1764, d'après l'évaluation d'Ashley, il ne leur en fallait que 70,000 ou seulement le tiers de ce qu'exigent maintenant les habitudes contractées depuis cette époque, ta Consommation est au moins de i3 livres par personne , qui , à raison de 4o centimes chaque, comme il y a dix ans , faisaient une dépense de 6 francs , réduite à environ 4 francs 3o centimes par l'abaissement des prix. Si l'on suppose, avec vraisemblance , qu'en Angleterre la valeur moyenne dès sucres est à-peu-près comme en France de 66 centimes

l64 R&Cn£BGHES STATISTIQUES

le kilogramme» le royaume- uni dépense annuellement^ pour cette consommation » 9a millions de francs. C'est à un million près trois fois autant que la France ou 61 mil- Uons de plas. Et quant à la quantité , chaque habitant des Iles Britanniques consomme annuellement 10 livres de sucre de plus qu'un habitant de la France^ ou quatre fois et un tiers autant. Cette extrême différence s'explique par Tusage du thé , si général et si grand dans toutes les classes de la population anglaise.

3.'' Consommation du café. — Le terme moyen des quantités de cette denrée » déclarées pour consommation de 1804 à 18069 s'élèye^ 20 millions de livres pesant » que nous achetions entièrement des étrangers » à cause de la perte de nos colonies ; c'était, un peu plus d'une demi-IiTre par personne. De i8i5 à 1817^ lors du rétablissement de la paix » la consommation du café ne s'accrut point comme on devait s'y attendre » et ainsi qu'il en arriva de celle du sucre ; elle demeura au-dessous d'un tiers de livre par individu » et aujourd'hui , quoiqu'augmentée assez considérablement» elle n'excède pas dé beaucoup une d^mi-livre par personne. Â i fr. 5o centimes la livre » c'est une consommation générale de 20 millions et demi » montant à 75 centimes individuellement.

La Grande-Bretagne reçoit annuellement près de 100 millions de livres de café; elle en exporte 60 millions et en consomme 4o» qui, au prix de 75 centimes la livre » font 3o millions de francs. On suppose qu'en y joignant 1^ contrebande » il faut estimer à 2 livres la part de chaque individu des Iles Britanniques; c'est une dépense d'un franc 5o centimes. Cette consommation est quatre

SUE LE COMMERCE. l65

fois en quantité celle d'un habitant de la France ; elle ^ne Texcède en yaleùr que dé moitié v parce que le café est ]presque moitié moins cher dans tes ports anglais.

5.** Consommation de l'indigo^ — Elle avait diminué ^1 18^7; elle s'est relevée depuis» el elle est maintenant aussi grande qu'en 1806» quand les draps bleus de nos nombreuse^ armées en exigeaient cependant une quantité considérable. Elle est aujourd'hui de i^Soo^ooo livres pesant^ qui» à raison de 10 fr. » font une importation de i5 millions.

4*^ Consommation du cacao. — Elle a toujours été très -bornée en France; rai>aissemeni du prix Ta augïneintée dans ces dernières années ; elle est biâintenant de i»3oo»ooo Urtés pesant'» qui» évaluées à 1 francs 5o centimes » foni uhé consonunation de près de s millions.

^.^ Consdmmàtioh dû coton en laine. — <• C'est le plus important de tous tes objets provenant de la zone tôrride. Il est et>nsommé annuellement en France 4^ nûllrons de livrés pesant de coton m laine » coûtant » sans les droits » . ôo ttiillions. C'est une consommation individuelle d'une Uvte 6 oùùes » et â^nû franc 66 centimes.

En Aii^Ietéï^rë « les tnaiiufactttres emploient aimuellelûéfit 127 miOiohs de livrés de coton en Isiine» valant approihbativement ioo millions de francs. Les tissus gardés polir l'usage de la population )absorbent 36 millions de livrés de èotôû» et valent par aperçu » au moyen d'une industrie perfectionnée » s 16 millions de francs ; ceux exportés licitement ou par. l'interlope r&ulteirt de la fabrication de 91 millions de livres de coton; on lés porte à rénormié valeur de 546 millions de francs. La consom-

iCfi r.ECUEnCHES ST A.TISTlQr|iS

mation individuelle est annuelleinent d'une livre lo onces de coton en laîne , coûtant seulement i franc 35 centime$^

ainsi ; çUe est plus ^ande et moins chère que la nôtre*

6,'' Consommation du thé. — Ce produit des contrées orientales de l'Asie es^ en Frappe 4'un qsage très-Inomé^i il ea a été imp^^^é i

En 1820 . • . . 1 78^73 2 lîv. . .valant 638,ooo fr.

— 1822 .' . . . 87,830 35i,ooo

On voit qu'heureusemei)t cette consommation ne ùif^ aucun procès , et qu'elle est , amnée nf oyefnAe , 4^ 1 4i ^009 livres de thé , évaluées environ 5oo»ooo francs.

Il en est tout autrement en Angleterre ; cç fut en 1660 que l'usage du thé y fut mentioAné ^pour Ja preml^» feis* dans les. actes publics; un règlement soumit alors ce pro^ duità WD, droit de huit pences par gallon. En i664> le thé était encore si rare que la compagnie des Indes voulant offrir au Roi, en présent, quelque objet cher. et curieux , acheta, pour lui être présenté, 2 livres. 2 onees^de thé» qui furent tout ce qu'on put s'en procurer, et quicpû*tèrent 4o. shillings la livre. En i6§Ç , il en valait 5o ^ipiaif on parvint à en trouver 22 livres j poqr le trU^tit destii^ au souverain de la Grande-Bretagne. L'ii]^ortatiQn..^'é7 leva rapidement ; ellç fut, en 1678 , de 4*71 3 Uvres per sant; de 1697 à 1699, de 20,000 ; de 1700 k 1708, de 60,000; en 1721 , d'un million; de 1774 ^ >77^> d'après les documens parlementaires , la consommation du thé fut de 4)3 1 3,000 liyres pesant; de 1797 à 18.06, elle fut dû

SUA L£ COMMjBBGEk \^

^9*9^1 >ooo; ea 1820 et 1.821 , elle s'élev,aitt& 22^461 >ooo; au 1825» elle a dépassé 23 millions. On la porte à 25 » avec rinterlope. Les évaluations ofEçielles fdnt monter à 75 millions de francs la valeur moyenne des trois dernières années; m.ais. elles soni au-dessous de la vérité » et à raison de 5 f P. la livre ^ cette consommation est- de 125 millions de francs. C'est près de 6 fr. par personne.

7.® , Consommation du poivre^ <^ Sans être aussi considérable qu'on l'avait cru , elle monte à une somme assez forte. Notre importation a été :

En 1820. • . 9^227 y8oo liv. ... valant 1,842,000 fr«

— i8iii. • . 2,935,400 2,440^000

— 1822. • . 3,483,4oa 2,8749000

— 1825. . . 5;i4€,ooo 2,447>ooo.,

Il est consommé, année moyenne, par les habltanls de ta France, 2,920,000 livres pesant de poivre de toute qualité, valant 2,400,000 francs.

L'ensemble de ces détails nous permet d'étab^r approximativement les valeurs et les quantités de la consommation des Iles Bf H^nniques et de la France » en denrées coloniales.

Consoimnation générale.

FRANCE. GaANDE-BaSTAGNE.

Quantité, Valeur. Quantité, Valeur,

livres pesant. francs. lirres. francs.

S Licres w}n jraffioés . 93,000,000 . . 3 1 ,oDo, 000 • . a76,o«D,ooo . 92,ooo,oo«

Café 16,000,000. . ao,5ck>,ooo . • 4o,ooq,ooo. 3o,ooo,ooo

Xlié .............. i4o,ooo. . SoOjOoo. . 26,000,000. ia5,ooo,opo

Cotoo .42,4oo^ooo. .60,000,000. . 36,000,000. 33,000,000

Val. et «jM^tité totale» i4o^54o,ooo. 102,000,000. .37 7,000,000. 2 79,ooo^opo

l68 REGHBRGBBft STATISTIQUES

Consommation individuelle^

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