FRANCE. GRANDE-BRETAGNE
Quantité. Yalenr. Quantité Valeur.
Sucres voù raffinés 3 )iv« . . • i ^r. * . • . i3 livres. • .4 f. 3o cent.
Café » ?... » ^SceBt. 1 i r. 5o;
Thé •. «..••.•.. b » •••. m .»... ty 5 f. 75.
Coton ,A I i •• 1. 66. .«v 1 i i f* 35.
•MBMHP
ôlir... 3* il.. »17 7 .....12 f. 9oceot.
Il résulte de ces données apprbx|aiatiyes qtd ont pour base les termes numériques de documens officiels ou authentiques :
1.^ Que la quantité de sucre consommée annuellement par la iGfrande-Bretagne est triple en poids et en valeur de celle que consomme maintenant la France , ce qui donne , pour chaque individu des Iles Britanniques » une consonmiation 4 fois et un tiers aussi grande que la nôtre, soit en quantité, soit en valeur numéraire ;
s.*^ Que la quantité de café consommée annuellement par la Grande-Bretagne , est juste deux fois et demie celle que la France consomme, quoiqu'elle ne paye guères qu'un tiers de plus que nous;
S.® Que la consommation individuelle du café n'est , en France , que du quart de sa quantité en Angleterre , quoique le prix qu'elle nous coûte ne soit moindre que de moitié de la consonmiation anglaise ;
4/ Qu'il se fait , en France , une consommation de thé qui nW, en valeur, que la a5o.* partie de celle des Iles Britanniques , où chaque individu dépense annuellement pour uûé livre et un quart de cette denrée , 5 fr. 1^5 centimes;
SUE LE GOMMBEGE. \ 169
i.^ Que là cobsonteation du coton en Idne destiné aux lièsVtô qu*eta)pk>te ta population du royaume , excède » en valeur ; de près d'un tiers celle de la Grande-Bretagne , q^oî4ti*elk ne èoit jplàs ^nde en quantité que d'un é&ième;
€.• Qu'elle est, pour cbaque individu, plus chère d'uU cinquiètfLè, quoique, par l'effet du haut prix auquel nous achetons les denrées colcmides , elle soit nioîns considéniAe en quantité dï^ S."" au 6.*;
7.* Que , pour s^àpprovisionner annuellement de sucre , de café , de coton tl de thé , ta I^Vance fait une dépense qiii est tomme 5 à ^ avec celle de l'Angleterre , pour des objets ; mais que cette dernière pùbsance , au lieu d'en obWir set^inënt en plus , une quantité excédante d'ttâë foià I , ta triple on la quaÀ^ùple pour chaque individu , et porte fc 17 livides et demie au lieu de S liv. , la quantité de ces quatre denrées , revenant pour la part de ehaqùe pbrsoiine^
8."* Qu'enfin ia consommàtibh de chaqUe individu en 1;ùdre , fea!8, cotôii et thé, ne s'élève annuellement en France qu'au qûaH de la valeur qiii forme en Angleterre la dépense de chaque personne; mais que l'habitant de ce tfeirnîer pays a pour une valeur quadruple, quatre fois atitsùil de sucre et de café , moitié autant de coton , et i8o fois plus de tké.
Véîd les effets de cette diffS^nce de consommation : Wr scé habitudes et par un haut degré d'aiéance dômes-* tiqiie , qui résulté de l'accumulation des richesses du commerce , la poptdation de là Grande-Bretagfae est dans une singulière d^eudance des besoins journaliers que
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peuvent satisfaire seulement les productions de la l^ne^ -torride y importées en une quantité prodigieuse. Cette dépendance > qui est quatre fois plus grande que celle de ^ France , serait ruineuse pour F Angleterre , si , par l'étendue et l'activité de son commerce , elle n'en changeait pas Içs effets nuisibles en avantages inmienses. On conçoit qiielle influence funeste jurait » sur la prospérité d'un état ^ une importation étrangère de 280 millions de francs » pour quatre objets seulement de sa consommation» s'il fallait U payer comme nous l'avons souvent fait , partiellement 9vec les produits du sd et de l'industrie et partiellement» pour y suppléer» avec, du nuqiéraii^ provenant des bénélices faits par l'agriculture à. quelques époques plus heureuses. Le besoin d'une telle masse de produits exotiques qui semblerait devoir faire pencher la balance au détriment de l'Angleterre» n'a point cet^ ^et. fatal »par!Oe qu'une vaste industrie ]^ai;iufacturière,fouçn|t des. moyens d'échange qui s'accroissent proportionnellement à la quai(tjté de marchandises importées des régions tropicales. Ainsi loin d'être en perte » comme la France l'était en 1788» lorsque ses transactions étaient au terme le plus reculé de leur étendue» la Grande-Bretagne . gagne sur ses produits naturels qu'elle vend aurdelà des mers » po^r des produits étrangers à ^ dhnat i et elle gagne encoi^ en exportant ceux-ci » soit tels qu'elle les a reçus » soit^c^n les perfectionnant par la supériorité des arts industriels. C'est cet endiatnement de.succès ménagés avec une habileté admirable , qui la fait réussir à payer une consommation immense au moyen des tributs que recueille son commerce dans les deux hénûsphères ; elle absorbe pour
SUR L£ COMMERCE. ijh
ses besoins intérieurs» une quantité de ^ucre estimiée 92 mil- Kons; mais elle en exporte pour 25. ^lillIoQs h l'état brut çt pour 38 millions de raffinés, ce qui excède les deux tiers, de sa consommation ; il lui faut annuellement pour 5o millions de café; mais elle ea vend pour 62 » et en i8i4 *. elle en a exporté pour 200 millions deirancs ; elle emploie pour les tissus qu'usent se&habitans» une valeur de cotons en laine d'eqvirop 56 ipillions; mais ses navires en réexportent pour la i^ême somme à Tétat brut , et pour 4o4 millions , de manufacturés. En ajoutant foi à l'exactitude des valeurs officielles , il faudrait même porter cette dernière $omme^à 61 3 millions ou davantage; et si on la joignait au produit de la vente des cotons bruts , la consommation dé de cet article n'égaleraitpas en valeur la 20.* partie de ce que l'Anglptçrre en a v^ndu, en 181^2 ^ d^ins le§ marchés iju'elle parvient à s'opvrir,
^'empire des circonstances que la Grande-Bretagne a fait naître ou dont ellç a su diriger l'influence , sera mieux apprécié par un exemple qui montrera comment les ef^ forts d'une in4ustrie transcendante parviennent à solder UAe consommation prodigieuse » et à la rendre la source d'une prpspérité sans égale dans les archives du genre humain. Le cotonier de l'Inde britannique est cultivé par une population indigène» dont lé travail ne vaut que 4 sous chaque journée; son produit» transporté par les navires anglais» arrive dans un pays où la main-d'œuvre vaut 4 francs » c'est-à-dire vingt fois plus. Mais là » se trouvent avec toute la puissance des arts » près de 7 millions de manufacturiers et io»ooo machines à vapeur équivalant à 6009000 chevaux ou à 3 millions d'hommes , ce qui donne
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aux fabriqqes une force égale à lo millions d'individus, La valeur de la matière première est sextuplée où même augmentée sept à huit fois; de loo millions ^ elle est portée à 760; on exporte pour 4o4 iiiillions de tissus tabriqués avec cette matière; on en introduit pour i4o dans les ports étrangers » à Taide de l'interlope; on en consomme pour ai 6 millions , et il en est qui font retourner dans rinde , sous une forme nouvelle , les cotons provenant de ce pays et qui procurent en échange d'autres quantités de matière première , dans la proportion de 20 livres , ou même jusqu'à 60 pour une seule. En efiet» la livre de coton brut prise au lâarché de Calcutta , ne vaut que 5o centimes ; et fabriquée en gaze ou en mousseline fine, elle vaut Sô à*ancs , ou 60 fois plus.
Il est donc démontré par les faits» que la consommation de nombreux produits exotiques qui riiine un pays sans industrie » ou seulement sans débouchés sufiisans » n'est point nuisible à celui qui réunit ces deux avantages » puisqu'elle alimente son commerce intérieur, satisfait à ses besoins , entretient ses manufactures, et déplus se trouve soldée en définitive par les bénéfices Immenses de l'exportation dont elle prépare les voies et facilite les moyens.
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