‹ Le commerce au dix-neuvième siècle: état actuel de ses transactions dans lesChapitre 36 sur 66 · Industrie · texte numérisé non relu

Industrie

L'une des premières nécessités des établissemens coloniaux de la France , est le perfectionnement de leur industrie manufacturière. Des expériences dont les détails sont trop étendus pour trouver place ici , ne laissent

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point douter» par exemple » que sans ajouter à Fétendae des cultures de ia canne à sucre , on ne puisse obtenir des produits plus considérables d^un quart , ou même davantage , par la seule application des découvertes récentes dont se sont enrichis les arts chimiques. Mais de grands obstacles s'opposent à ce succès. Ce sont principaiement: — La difficulté de faire réussir quelque perfectionnement que ce soit » dont les opérations ont pour agens , des nègres esclaves qui manquent de soin , d'activité , d'intelligence » et presque toujours de bonne volonté. — L'esprit de dénigrement qui comprime toute espèce de désir d'échapper au joug imposé par la routine. — Le défaut d'exemples , de direction , d'encouragement, de lumières dont on puisse) profiter pour mieux faire. — Le prix élevé de la main-d'ceuvre et la lenteur du travail des ouvriers libres qu'on emploie, et qui sont presqu'exclu* sîvement des affranchis. — L'état précaire des colonies, dont on ne s'est point assez occupé depuis la paix , pour relever les espérances de leurs habitans , appaiser leurs craintes et encourager les travaux de perfectionnement que leurs fabriques exigent pour lutter de succès contre les avantages naturels des produits de l'Inde Britannique. Cependant les causes de ces malheurs peuvent être taries , et la possibilité de faire le bien n'est pas au-delà du pouvoir que possède le Gouvernement.

Le commerce des colonies a pour élément :

i."* Les importations nationales, qui se composent* des marchandises et comestibles provenant de l'industrie et

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du sol de la France ; elles fournissent à la coQsommation intérieure des colonies et à l'approvisionnement de leur entrepôt ^ et formant le commerce réservé exdusivement aux navires appartenanjt à la métropole; -

a."" Les importations étratigères qui se composent des objets de consommation dont Tarrêt de 1784 permet l'introduction aux navires étrangors , en concurrence avec ceu]^ de la métropole. J^s derniers en sont exclus par le fait de la supériorité des avantagps que donnent aux an-^ l!k*es , la possession » h proximité , les comlânaisoBs del'ixiterlope, etc. ;

3.® Les exportations nationales , qui «ont formées dqs dei^^ées provenant, de la cultjiire et des faibriques coloniales ; elles s'efEecti^ent exclusiv^nent par les navires frai^çais; ....

4*^ Les exportations étrangères qui ont lieu en vertu de l'arrêt de 17 84,. par les navires sous pavillon étranger; elles se composait des produits coloniaux secondaires , tels -que les silïops.et les .tafias, et d'une faible quantité d'objets d'origine française , dont les contrées voisines ont bè- ' s<w pour leur, approvisionnement. . .

"" L^impôrt&tiôn s^ règle sur la vente , qui est {imitée ellemême par les facultés des colons; celles-ci dépendent, jîgoureuse^nènt de^ jsucçès de i'agrici^turû.et de l'industHe agr>5î^ ; plus Jes çidtures sont produicïives > . plus . riphe.est la p^ulaUw des ooloaiès, car plus grande est l'jexportatiâfa d^s pridduM;s coloniaux qpiîiocment son revenu ^ijw^^lliîr, lef d^oijfibé* que troiHTQnt les objets importés £^X ^p\oopsi^tmi' ^Tk cesaestibles. et • objets ihanafaettwé^, sf^ij^ |ii>9pc!rtÂettnâi iil'iE^portàtkn.^ pui^oier cbâfoie coI()li

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■ dépense en raison de son revenu, ce qui est plus rigoureusement vrai dans les possessions transatlantiques qu'en Europe. Ainsi la connaissance dé la valeur des denrées exportées , donne celle des objets importés dans les colonies. Si donc on veut savoir la masse totale qu'aurait le commerce de nos établissemens agricoles » au moyen de l'extension de leur culture , jusqu'aux termes déduits précédemment 9 il faut seulement déterminer quelle serait , dans cette supposition » la valeur des productions coloniales importées en France. En voici l'aperçu :

fti

9!iy00o>ooo de liv. pesant de sucre brut et terré 9 à 66 cent, le kilogramme 3i»ooOyO,po

i6,ooOyOOo de liv. pesant de café» à raison d'un fr. 25 ç. le \ kilo 20,000,000

i,5oo,ooo de livres d'indigo, à raison de

lofr. le^kilo . i5,ooo,ooo

26,000,000 de liv. de coton en laine , à raison de 2 fr. le 7 kilo 52,000,000

1 ,3oo,ooo de livres de cacao , à raison d'un fr. 5o c. le \ kilo 2,000,000

Total de l'importation des colonies en France 1 20,000000

En doublant la quantité de ces denrées , excepté le coton, afin de créer et alimenter une exportation coloniale, telle que la réexportation de la Grande-Bretagne et des États-Unis , on augmenterait cette valeur de 68 millions ; et la somme des importations de nos établissement agricoles serait de 188 millions', ponr les seuls articles principaux tpi'on vient d'énumérer , et sans y comprendre les

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cultures nourelles qui peuvent la faire monter presqu*immédiatement à 200 millions de firancs. Un tel commerce donnerait à la France » dans ses colonies » des marchés pour une vente des produits de son agriculture^ de ses fabriques et de ses arts, d'une valeur qui ne serait inférieure que de quelques millions ; il en résulterait un commerce colonial d'importation et d'exportation de 35o à 4oo mil • lions; et c'est le but qu'il est possible d'atteindre, par un ensemble de mesures qui , toutes» ont la sanction de l'expérience et la garantie du succès. Si l'on joint à ce produit dé la culture perfectionnée de nos anciens établissemens agricoles » celui des colonies d'entrepôt et de déportation» il est indubitable que la France peut trouver» dans la possession de ses colonies , un commerce annuelde plus d'un demi-milliard. On peut décider, d'après- cette seule donnée, s'il faut négliger 4^ eomme on n'a galère cessé de le faire depuis leur établissement» nos possessions transatlantiques » ou même si l'on doit les abandonner entière mpnt » ce qui » dans l'opinion de quelques publiqistes » serait tressa vantagéux aux;. intérêts de la Fraijce.-,

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