‹ Le commerce au dix-neuvième siècle: état actuel de ses transactions dans lesChapitre 39 sur 66 · SUR LE GOHM£BC · texte numérisé non relu

SUR LE GOHM£BC

dominer successivement les plus vastes régions du globe ;^ il a végné pendant un demi-siècle sur l'Amérique septentrionale , qui forme aujourd'hui la troisième puissance du monde maritime et commercial. Il gouverne despotiquemont rindostan, depuis les monts Himalaya jusqu'aux rives de l'Océan indien \ et s'il ne parvient pas à exercer un .pareil pouvoir sur lee nouveaux états qiy formaient autrefois l'Amérique espagnole» il n'en obtiendra pas moins d'eux les plus grands avantages » puisque la prépon* dérance de son industrie et de son commerce s'accroîtra de leurs immenses ressources. Voici la progression qu'a suivie dans son élévation » le commerce colonial de l' An^ gleteri^e.

Au commencement du dix^huitième siècle , l'Angleterre recevait de ses colonies des deux Indes , pour 25 millions de francs de denrées tropicales et de marchandises orien* taies. Ses vastes établissemens de l'Amérique septentrionale n'ajoutaient à cette masse de produits exotiques» que pour 7 millions d'approvisionnemens. Rien ne présageait dans cette humble fortune, la prospérité qui devait, en l'espace de loo ans » en décupler au moins l'étendue. Vers 1750, les progrès de tons ces établissemens ne donnaienj; pour résultat qu'une importation de leurs produits d'enviroQ 75 millions et une exportation de marchandises anglaises moindre de 12 millions. En 1770, la séparation et l'é* mancipation des provinces américaines » qui se consti* tuèrent en États-Unis, portèrent un coup fatal à la richesse coloniale de la Grande-Bretagne ; qui perdit tout^ à-coup un commerce de 5o millions, tant pour la valeur de§ objets importés que pour çeu^ exportés. PersoQno

24s * BEGHERCHES STATISTIQUES

alors ne prévit qu'un demi-siècle après cette calamité ,-• malgré cette séparation » la guerre acharnée qu'elle fit nattre , et la haine que la paix n'avait pu calmer, il s'établirait entre la métropole et ses anciennes colonies révoltées , un commerce plus riche et plus avantageux que celui qui se faisait entr'elles avant^es événemens. En 1 82 2 , l'Angleterr* a reçu des États-Unis, pour 12a millions et demi d'objets naturels et manufacturés; elle leur en a vendu pour 182,700,000 francs; son commerce avec eux est donc de plu^ de 3oo millions ou sextuple de la valeur qu'il avait lorsque ces contrées étaient sous sa dépendance. On ne peut mettre plus d'habileté à détourner les effets d'un grand désastre et à tirer une nouvelle prospérité des nouvelles combinaisons qui en résultent. Si l'Angleterre avait gardé la possession de ses provinces de l'Amérique septentrionale, elle n'en obtiendrait pas aujourd'hui ce commerce immense , et bien moins encore , s'il est possible , une balance favorable de plus de ^o millions' de francs.

En perdant la nouvelle Angleterre, la Grande-Bretagne trouva non -seulement ce double avantage; mais etitore , par la nécessité de chercher un dédommagement dans l'Inde, elle redoubla ^audace de ses entreprises dans cette partie du monde , et se vit bientôt couronnée par les plus étonnans succès. La destruction de la puissance des Français et de l'empire de Mysore né lui laissa plus que des ennemis faibles et divisés , qui, loin d'arrêter ses conquêtes , contribuèrent à les augmenter. Le commerce d'importation du Bengale et de la presqu'île indîenpe , qui n'était , en 1 780 , que de 38 millions, s'éleva hiio dès 1 794 ;

il est monté souvent à i5o dans la période qui s*étend jusqu'à nous : et en y comprenant celui de la Chine , il est depuis plusieurs années, de 188 millions. Les exportations sont, il est vrai, fort inférieures et varient de 76 à 100 millions , laissant à leur détriment une bs^lance considérable; mais ce sont h{s étrangers qui la payent en achetant les produits que TAngleterre apporté 3e ses colonies orientales ; et les transactions de ces contrées sont devenues de plus en plus avantageuses à leur métropole , depuis que ceUe-ci en obtient des sucres qu'elle raffine , des soies brutes! qu'elle emploie dans ses fabriques et des cotons en laine qui alimentent ses manufactures. Toutefois , ce sont encore les colonies d'Amérique qui sont les principaux établissemens de la Grande-Bretagne au-delà des mers. Leur valeur a doublé , depuis la fin du dernier siècle ; leurs produits importés valent 200 millions , et leur consommation en objets anglais de i5o à 175.

L'usage fait comprendre le comm^ce du Canada avec celui des Indes occidentales , et fait confondre le commerce de la Chine et des Indes orientales ; il est facile de les en séparer au moyen des données qu'on trouve dans ce chapitre.

En embrassant la longue série des importations de ces immenses pays , pendant le dix-huitième siècle et le cornn^encement de celui--cî , on trouve que leur accroissement a été progressif , et qn'dles sont aujourd'hui près de i5 fois aussi grandes qu'en lyoo. L'augùientation des exportations a été moins régulière, et leur valeur s'est t^nue. presque toujours au-dessous de celle des objets exportés, ce qui , cependant , n'a point empêché le commerce an-

sSo RECH£RGH£S STATISTIQUES

glais de prospérer, parce qu'il regagne» par les bénéfice» de la réexportation » les valeurs excédentes qui sont absorbées par la consommation intérieure de la Grande- Bretagne.

Tableau des Importations des Colonies anglaises des 4eux Indes, ég^nsla Grande-Bretagne.

Indes orient, et Chine.

440fOOO. •

88o,ooot t

i,oo5,ooo. .

i,5i5,ooo. .

i,55o,ooo. • 2,701,000. .

3,499iOoo- •

4,924iOOO. .

Indes occidentales

• 58o,ooo •

« 1,260,000 « . 1,290,000 « . 1,460,000 • . 2,io5,ooo •

, 5,4ii>ooo .

Total.

• 1,258,000 1. st.

• i,855,oo6

• 2,390,000 ^ 2,8i5,ooo

• 3,i5o,ooo

. 4,04s ,^oÇ> , 5,410,000

4,3oo,ooo (i)

• 9,859,000 7,3i2,ooo

• 8,212,000 . i3,o37,ooa . 10,433,000 . 12,276,000 .vi3,842,ooo

(i) Jusqu'à cette époque Fimportatioa de la Nouvelle -Angleterre est comprise daiis le total général.

SUR 'LE COMMEBCSd

6,34-8^000. • • 6,o40)OQo • • 5,314.9000. • '. 7,5^5,000

6,07:2 ,ooo« • • 6,636,ooQ • 3,746,000. .. . S, 739*000 3,4o 1,000. • . 7,919,000 5,848,000. « • 8,716,000 • • 3,363,000. « • 7,607,000 . • 4,708,000. • . 8,166,000 .

ImportatioDS des 3 dernières années . • ; . 46,781,000 st.

Année moyenne. ....•%... 15,260,000

ou 38i,5oo>,ooo francs.

Tableau des Exportations de ta Grande-Bretagne à ses principales Colonies » dans les deux Indes»

Indes orientajîes. In4es occidèaules.

Toul.

St.

1700* . • « • i4o,ooo. . . •

X740. .... 36o,ooo. . . .

3o5,ooo. . . . 685,000 335,000. . . . 710,000 435,000. ... 985,000 45o,ooo. . . . 1,1 35, 000 5i5,ooo. . . . 1,635,000

8it .

RECHBECHES STATISTIQUES

85o)Ooo. • • i,33o,ooo; • •

840^000. • • i,4i3,ooo. • • i)84of00o. • • 4fo6o,ooo. • é 3fiii,ooo* • • 3,259,000* • • 3,555,000* • • ,3,708,000. • • 2,990,000* • • 3,117,000* . • 3^o63,ooo. • • 4^578,000* . * 49289,000* ^ « 3,953,000. • * 3,692,000* • • 4>i5i,ooo* • *

• 8,771,000. . * •ii,3o3,ooo. * • •12,362,000. • * •10,379,000* • •

• 6,5oo,ooo* • •

2,58o,ooo

3,iio,opo (i)

4,o4o,ooo

Exportât* des 3 dernières aimées 31,257,000 st.

Année moyenne . 10,419,000

ou :95o,o56,ooo francs.

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