‹ Le commerce au dix-neuvième siècle: état actuel de ses transactions dans lesChapitre 8 sur 66 · Influence du soL · texte numérisé non relu

Influence du soL

Un con^merce actif et prospère peut avoir lieu , sans aucune production indigène du sol» dans une ville. tcllo

SUR LB COmSRGB. l5

que Tyr dans les tanps anciens , et Gènes ou Venise dans les siècles modernes ; mais ce commerce se réduit à celui d'entrepôt , et sa durée est éphémère , paixe qu'il \ est dans la dépendance absolue des transactions humaines et qu'il n'a point pour base la puissance des agens naturels. U est possible néanmoins qu'il se prolonge et s'étende comme celui de la Hollande , s'il est alimenté par de , grandes colonies , dont les productions suppléent à celles •de leur métropole; mais le commerce , tel que l'ont fait les peuples de l'Europe réunis en sociétés immenses» accroissant perpétuellement leurs besoins et leur industrie » ne peut exister avec le déyeloppement qu'il a reçu, que par les ressources de l'agriculture. C'est du secours qu'elle lui donne» qu'il tire ses moyens d'échange» et c'est \ avec les richesses du sol qu'il obtient de l'étranger les matières premières , dont ses manufactures décuplent la valeur. De même qu'un climat favorable permet de varier la nature des productions et en élève le prix » la fertilité de la terre et l'étendue du sol en accroissent la quantité ; elles récompensent le travail » en fournissant » avec abondance , à la consommation , et en livrant au commerce les premiers élémens » dont se forment ses exportations et sa prospérité.

Ainsi» toutes choses égales d'ailleurs, la compétition ^ conmierciale existant entre deux états » doit se terminer en faveur de celui dont le territoiie est le plus vaste et le plus fertile» s'il sait en explorer utilement tous les avantages » puisqu'il possède une plus grande masse d'objets d'exportation » et conséquemment des moyens plus considérables d'échange» d'industrie et de commerce. Cet

iG RBGUBAGHfiS STATISTIQUES

AVAhivfgà ^'attpùehie d'a^rtâm plo» qUe la, protection en cllftiaf lui dotin& h feôolté de ?àriei« les production» du sol , et qu'elle leiU" âc^^de tme valeur supérieure à ccfies des régiOi^s boréale

La Fmdte et TAfigleiefré qvà scmt placées à la léte de la emiisatioii du Mdiklei ^oM les setdff Etats àoM k rh^a->lité commerÇÂiHe puisse bous offrir tine applieatiofi de ceà prhieip^s , appuyée fût des faits statistiques pleine-^ ment étal)lis. I^o^s aHon^ , en les comparant Tun à j'auti-^ soiis les rapports Ae Téteiidiiè et de la ferlilîfé , ehercbei^ à déterminer le degré d*ÏDffluence qu'exerce le territoire d'nù peuple sur la richesse de soù coââiiiierce. . La surfec^ de l'Angleterre ^ du

Pays de Galles est de &4»iiâ millet Cffl^rés*

Celle de TÉcosscï de ..... . 0*5^00

Celle de rirlattdô <ïe . ..... 28^01^

L'étendue du Royaume-Uni est

de ^ 107,724 milles carrés,

chacun de 2 kilom.- carré , 58 hect.

ou environ, • • 1 5,396 lieties carrées,

La surface de la France est de 26,900 lieues carrées, chacune de 25 au degré. .

Celle de la Corse de 54o

• •|rrU»^».*i» I m^UméÊ^imm^

L'étendue du Rôyauine est de , 27,44olieti^^rréQs^

La différence de surface entre la France et la Gr^indé^

Bretagne est conséquemnlent de i4>o44 lieues carrées ^

et l'étendue du premier de ces Etats excède de 648 liottcs

le dottblcf de la surface du second.

D'après d'autres supputations ^ il faudrait potter jusqu'à i2i^Ss9 milles carrés d'Angleterre-, Tétendue des Iles Britanniques , qui contiendrait alors 3 1,448,479 hectares, La surface de la France étant strictement bornée à 5 1,910,06a hectares, la di£férence ne serait que de 20,461,534 hectares, ou environ deux cinquièmes.

La connaissance de la fertilité du sol repose sur des bases moins positives que la détermination géodésique de sa surface; cependant nous pouvons l'acquérir à un degré suffisant par la considération de données authentiques , qui fournissent des termes approximatifs.

Il n'en est point des contrées de l'Europe comme de celles du Nouveau-Monde , oii d'immenses régions n'ont jamais été cultivées , faute de population ; en France et en Angleterre , par-tout où la terre a promis l'abondance au travail , elle a cessé de demeurer en friche. Sans doute une grande étendue de territoire qui refuse maintenant de produire des moissons , pourrait agrandir le domaine de l'agriculture, -û une. industrie ingénieuse et persévérante y, développait ou y faisait naître la fertilité ; mais on peut croire sans erreur que toutes les bonnes terres sont en culture dans des contrées aussi populeuses, et que, s'il y existe des terrains en friche qui pourraient en ) >/ accroître la surface, ce serait seulement par des soins * et des efforts multipliés qu'on y parviendrait , en réussissant à vaincre leur stérilité naturelle.

Ainsi l'étendue des terres cultivées représente à trèspeu de chose près celle des terres fertiles ; et s'il y a quelques modifications à faire dans ce rapprochement , ce doit être plutôt en moins qu'en plus ; car la nécessité

18 RECUERCHES STATISTIQUES

fait souvent mettre eh culture des terres médiocres ou mauvaises , et il est bien rare que des terrains fertiles soient négligés.

D'après cette double considération , nous essayerons de trouver les limites du domaine de l'agriculture dans les Iles Britanniques et en France.

La surface de l'Angleterre et du Pays de Galles est distribuée ainsi qu'il suit :

Blé, orge et seigle 3,858,ooo acres statute.

Avoine et pois 2,800,000

Navets , chous , carottes . . . 1,1 20,000

Trèfles 1,120,000

Houblon 55,000

Jardins , vergers 45, 000

Parcs , pépinières 24,5oo

Jachères < • • 2,100,000

Pâturages.. 1 7,000,000

Bois 1 ,600,000

Eaux et chemins 1 ,282, 1 00

Communes et terres încult". 6,277,800

Total. . , 37,534,000 acres.

Le domaine de l'agriculture , restreint aux terres maintenant cultivées et y compris les parcs , est de 9 millions d'acres ou environ 3, 600,000 hectares. Les pâturages et les jachères en occupent 19 millions ou plus du double. Les bois forment seulement un peu plus du 6.* des terres 1 cultivées , le 12.* de l'étendue des pâturages et le 23.' de • la surface totale. Les terres incultes et les eaux ont une étendue de 7,559,900 acres , ou plus de 3 millions d'hec-

tares, équivalant à un 6.*" près, à toute la surface des terres cultivées ; joinl^ aux jachères , elles forment ' 9,659,000 acres , c'est-à-dire plus du quart de la surface entière du pays; réunies aux pâturages, qui par leur nature se confondent souvent avec elles , elles excèdent de beaucoup les deux tiers de l'Angleterre et du pays de Galles.

D'après Middleton et le comité d'Agriculture , le territoire de ces deux pays est ainsi qu'il suit:

Terres incultes et en communes* . • . 7,816,000 acres. — - cultivées ou en rapport 29,518,000

Surface totale. «.•.>.... 37,3549000 acres,

ou environ i4>700,ooo hectares.

Suivant les meilleures autorités , le sol de l'Ecosse est distribué ainsi qu'il suit : .

Terres incultes i4>2 1 3,224 acres. '

, — > cultivées ou en rapport i2,i5i,47i

Surface totale. •««»••••• 26,364,ooo acrej,

ou environ io,5oo,oo9 hectares.

D'après les recherches de Newman et du docteur Beaufort , l'Irlande semble divisée de la manière suivante :

Cultures et pâturages 12,439,000 acres.

'Terres incultes ou stériles.. ....... 7,000,000

Surface totale. ,..••..* iq,43q,ooo acres,

OU environ 8 millions d'hectares.

Les 7 millions d'acres incultes de l'Irlande se forment de 3 millions de bogs ou marais , 3, millions incultes mais .

20 BEC IIERCHES STATISTIQUES

divisés en propriétés , et un million fournissant quelques productions sans valeur. «

D'après ces données , la surface du Royaume-Uni , serait d'environ 85yi44»ooo acres ou à peu près 35 millions d'hectares. Les terres incultes et conséquemment presque entièrement stériles , n'auraient guère moins de 3o,ooo,ooo d'acres, ou près de 12 millions d'hectares; elles formeraient conséquemment beaucoup plus du tiers de la surface totale des Iles Britanniques ; on peut même admettre qu'elles en t^nstituent la moitié ; et Mac-Diarmid y dans son enquête sur le système de défense de la Grande-Bretagne avance » comme un fait démontré par le calcul , que prèâ de la moitié de son territoire est inculte {waste) ou improductif. A l'appui de cette assertion , nous trouvons en effet , par d'autres données que nous fournit sir John Sinclair , qu'eh Ecosse , les terres cultivées entièrement ou partiellement ont une surface de 876 lieiles carrées ; et celles en friche , inclusivement aux bpis et aux plantations , 2,4 1^ lieues. Le territoire 'Itant réduit à 3,289 lieues carrées » par l'étenduexles lacs, qui est de 71 ; les terres incidtes-, en y joignant les bois, occupent presque les deux tiers de la surface de l'Ecosse. La France va nous offrir dans la division de son territoire , une distribution différente. ^D'après les opérations de détail du cadastre , sa surfacp est ainsi qu'il suit :

Terres de labour. 22,818,000 hectares.

Vignes .....;..... 1 ,977,000

Potagers 328,000

Jardins et vergers 687,000

Cultures particulières 780,000

ira L£ COMMERCE. 31

Olivettes* 43>ooo hectares.

tfoublonièrea. • • • • 60^000

Chateigneraies «••,••••.. 4o6j,oqo

P^ECS » bosquets , pé|iimère&.. • • 3g,ooo

Oser^tes , aunaies • « ^ 55»ooo

Pâturages 3»52â,ooo

Prés 5,488,000 V

Bois de futaie , • •••...,. I^&o^ooo

Taillb ••.../ ^,Çi2,ooo (1)

Terres yagues , laudes , bruyères. 3,84^ »<><^o

Tourbières.. • < ^ 7>oqo

Mines et carrières 28,000

S|iper£icie des propriétés bâties

et imposées • 2i5,ooo

Gauaui^ de navigatiou et d'irrigation ; 9,Qoo

E^tangs. . • . b 2i3,ooo

Marais • 186,000

j^outes , rivières , montagnes , rochers. f • • . 6,555,000

Sur&ce totale de la France., . • . 52,000,000 hectares, ou environ 27,000 lieues carrées.

On trouve , en aggroupant ces termes numériques , que Tensemble des cultures occupe 27,191,000 hectares, ou plus de moitié de la surface du Royaume, Les pâturages

(i) L^ MéQKHrial des eaux et Ibréts ne porte l'étendue actuelle, das forêts qu'à 6,521,470 hectares , au lieu de 7,073,000 , dont OQ faisait compte en 1816.

forment 7,oi3,ooo hectares , ou du y.'au 8.* de l'étendue de la France. Les bois sont à peu près aussi vastes. Les canaux et la superficie occupé^ par les édifices est de 222,000 hectares. Les terres vagues , les landes, les bruyères , les montagnes stériles , les ruisseaux , les rivières , les étangs , les marais , les tourbières , les carrières et les mines forment io,85o,ooo d'hectares. Si l'on extrait de cette étendue celle des terrains utilement employés par les carrières , les mines , les routes , qui seules occupent 1 1 5, 000 hectares , il ne restera pas 1^ 5.* partie de la surface du royaume pour les eaux et les terres incultes.

Si l'on compare cette distribution géodésîque à celle du territoire des Iles britanniques , on arrive aux résultats ci-après : le domaine de l'agriculture , formé des terres de labour , des pâturages et des bois , a en France une étendue de 4» millions d'hectares; Dans la Graiade-Bretagne , il est de 2 1 millions. La diflférence absolue est de près de moitié, Les terres incultes , et en grande partie stériles , ont une surface de 1 2 millions d'hectares , dans les Iles Britanniques , et de 10 millions en France. Dans ce dernier royaume, elles ne forment que la 5.* partie de la surface totale , tandis qu'elles en constituent plus du tiers dans les Iles britanniques , et vraisemblablement sont même égales à la moitié de leur étendue. La fertilité de l'une et de 1 autre contrée étant dans des termes analogues , si l'on su|)ppse une industrie agricole également puissante, la France peut conséquemment donner, abstraction faite des avantages de son climat , une quantité de produits agricoles bien plus grande que celle qu'il

est possible à T Angleterre de tirer de son territoire , puisque d'une part , sa surface est d'une étendue presque double , et que de l'autre les terres en rapport sont comparativement comme les 4 cinquièmes et la moitié. Ainsi l'influence qu'exerce le sol sur la prospérité commerciale et son agrandissement , produit^ en faveur de la France comparée aux Iles Britanniques , une différence de plus du quart, quant à la surface fertile du sol et de près de moitié , quant à l'étendue du territoire agricole. Si les termes de cette différence ne se retrouvent point dans la comparaison du produit de notre sol , avec la quantité et la valeur des productions, que l'Angleterre obtient de son agriculture > et qui lui servent à alimenter son commerce extérieur, il demeurera évident qu'il ne faut en accuser , ni la fertilité de notre territoire , ni son étendue. I Par la connaissance du déficit , qui a lieu , dans la masse . de nos productions agricoles , et subséquemment dans c^Ue de nos exportations , nous pourrons apprécier les effets des causes, qui atténuent la prospérité de notre codimerce , et montrer à quelle immense supériorité le ferait parvenir la destruction de leur funeste puissance.

Suivant Colquhoun, le produit brut de l'agriculture des Iles Britanniques s'élève annuellement à 2 16,81 7,000 livres sterling, ou 5,420,425, ooafr. , réduit pour revenu net , à 107,246,000 llv. sterf. , ou 2,681, i5o^ooo francs.

D'après les tables officielles , l'exportation qu'il fournit a été : en 1819, de. . . . 3,2^52, 1 43 lîv. sterl.

1821. . • . . . 2,868,3ii 1822 2,734,846

a4 RvfiCHfiRCBfiS STATIftTIQUBS

Faisant , année moyenne , 3,029,000 llv. sterl. , ou 75,725,000 francs, ce qui laisse à la consommation pour rénorme valeur de 5,344»700,ooo de produits agricoles. Selon Arthur Young , en 1789, le produit brut de Tagriculture s'élevait en France à 5,189,000/000 francs, et le produit net, à 2,455,ooo,ooo; mais on manquait alors de données pour établir cette évaluation, et celle du célèbre agronome anglais est exagérée. En 1819, M. lexomteChaptal , d'après des bases que lui ont fournies les docuipens officiels , a porté le produit agricole du royaume à 4*678,708,000 fr., réduit à i,344>7o390<>o > pour produit net.

D'après les états de douanes , ^exportation que la France a faite pendant une période récente de quatre ans , a été en produits agricoles , ainsi qu'il suit :

* 1820 163,074,000 fr.

Faisant ensemble , année moyenne. . i49,o5o,ooo fr. Ce qui laisse à la consommation pour une valeur de 4,529,658 fr. de produits bruts de l'agripulture.

Par le recensement exécuté de 1799 à i8o3, la valeur des produits naturels de l'Espagne a, été portée à 1,268,455 francs, y compris le revenu des mines.

D'après les produits Statistiques de Krug, en i8o3 , le produit agricole de la Prusse, en y comprenant encore celui des pêcheries , des chasses et des salines , ne montait qu'à 942,413,000 francs.

SVR Lf COMMERCE^ 25

D'après M. Félâ Beau jour , le produit annuel de l^agriculture des Etats-Unis et de leurs forêts s'éleyait, en i8o5 , lorsque la population n'était que de 6 millions ^ à 1 75 millions de dollars. En admettant , comme il est vraisemblable de le faire , qu'il se soit augmenté proportion-^ nellement au nombre des babitans» la, population étant maintenant de 10 millions» il doit être de 291 millions de dollars qui, au change de 5 fir. -^ , font i52$ millions.

Ces données numériques , qui sont fondées sur des éraluations o^cielles ou authentiques les plus rapprochées de la yérité qu'on ait encore pu se procurer , vont nous fournir une série de résultats curieux et importans sur l'état agricole des Iles Britanniques et de la France*

Considéré , sans référence au sol et à la population , le produit brut de l'agriculture anglaise excède la valeur du nôtre» de 747,000,000 fr. , ou, en d'autres termes, le n&tre lui est inférieur d'un 6*^^ ou même davantage. Mais ce qui est un effet prodigieux de la diflfirence d'industrie agricole , c'est que le produit net est de près de la moitié du produit net brut, tandis qu'en France, d'après l'é^ valuation de M. le comte Chaptal , il s'en faut de 220 millions qu'il n'atteigne seulement le tiers du produit primitif des terres. D'oii il ^uit que le bénéfice de l'agriculture anglaise est presque de 5o pour 100 de la valeur du' produit brut du sol , au lieu que la nôtre n'en tire pas plus de 5o. Cette énorme différence résulte du bas prix des denrées , par YeSei d'une consonmiation trop restreinte et d'une exportation trop bornée* Il est vraisemblable qu'Arthur Young , en élevant jusqu'à la mioitié du produit brut , le revenu net de la France , avait adopté cette éva~

luation par une induction erronée de ce qui a lieu dans la Grande-Bretagne.

Il y a une différence absolue de i,336,ooo,ooo fr, ou de moitié entre le produit net de l'agriculture britannique et celui de la nôtre ; tandis que , proportionnellement au revenu brut dçs deux pays, cette. différence ne devrait être que du 6.™" ou 741 millions. Ainsi, toutes choses égales d'ailleurs , l'Angleterre gagne annuellement près de 600 millions par la plus value de ^es productions.

Nous avons montré précédemment que le domaine de l'agriculture est cependant en France moitié plus étendu que dans les Iles Britanniques; or, si son produit net est moindre d« moitié, il faut nécessairement en conclure que , rdalgré la supériorité du climat et la fertilité plus grande du sol, notre culture est tellement inférieure en capitaux , en industrie et en ressources pour la vente de ses productions , que la valeur moyenne de l'hectare est en France du quart seulement de son rapport dans le royaume de la Grande-Bretagne. En effet , quoique le produit brut de cette surface s*élève à 270 fr. en Angleterre, et à ii4 en France, ce qui restreint 1^ différence à moitié , celle du produit net est double de cette valeur, puisque par un terme moyen, l'agriculture anglaise tire de l'hectare un revenu annuel de i34 fr./, tandis que nqus n'en obtenons que 52 à 53.

On suppose dans ces calculs, que les terres incultes ne ,

donnent aucun produit , ce qui n'est pas exactement vrai , et l'on établit une compensation entre le maximum et le m^inimum, du revenu des différentes parties du pays. La différence entre ces deux termes est très-oonsidéra*

StJELECOStMER€E. 2^

ble. Dans les départemens du Nord du royaume » le pro-> duît moyen de l'hectare est de près de 60 fr. ; il est réduit à 26 fr. 5o c. dans ceux du Midi; il descend dans les Alpes et les Landes Jusqu'à 6 (r. , ce qui est le terme le plus bas de la valeur des terres , et dans le département de la Seine il monte > par le voisinage d'une grande population» au taux énorme de 216 francs. En Irlande, il est moindre de moitié que sa valeur en Angleterre y et dans ce dernier royaume , il excède du quart le produit net qu'il donne en Ecosse.

En cherchant des termes moyens on trouve que la différence absolue du produit brut de l'hectare, en France et dans les Iles Britanniques, est de i56 fr» , et celle du produit net de 102 francs.

Les causes de cette immense supériorité de l'agriculture anglaise sont : les dessèchemens , les irrigations , les améliorations du sol par des engrais et les amendemens , la multiplication des bestiaux , l'étendue des prairies artificielle^ , la pratique de la conservation des foins en meules , la meilleure fabrication des instrumens de labour et des outils , leur usage beaucoup plus étendu , la construction moins imparfaite des usines et malsons rurales ; enfin , les avantages résultans des clôtures , des barrières et d'une foule de détails qui dépendent d'une industrie perfectionnée, et du secours que donne une grande masse de capitaux.

Ces capitaux proviennent ei^nXajeure partie de la prospérité du commerce , qui doit elle-même son plus solide fopdement à l'agriculture. Les données suivantes fourniront la preuve de cet heureux enchaînement. En France «

28 RECHEBCHES STATISTIQUES

3o millions d'habltans comommant pDUP4»S^OyOoo>ooo (t. de proihilts agricoles iadigèoes» le commerce intérieur auquel clonne lieu cette consommation , ne s'élève qu'à environ i5i fr. pour chaque individu. Dans les Iles Britanniques 9 fis millions^ d'habitans consomms^nt annuellement pour 5,^44>ooo,ooo fr. de produits agricoles indigènes , le commerce intérieur résultant de cette consommation monte à-peu-près à 2^^ &• pour chaljue individu.

En France , le commerce extérieur auquel fournissent les produits agricoles , n'excédant pas annuellement i5o milUons d'exportations , la participation de chaque individu est de 5 fr. Dans la Grande-Bretagne , l'exportation de ces produits étant de 76 millions , la participation de chaque personne à ce commerce est de 3 fr. 5o cent.

Ainsi , leâ produits du sol des Iles Britanniques donnent lieu annuellement à un commerce de consommation et d'exportation montant » po^ chaque individu de leur population » à 248 fr. So cent. , tandis qu'en France cette double branche de commerce est bornée pour chaque

1 personne à i56 fr. Notre commerce agricole est donc su-

\ périeur à celui de l'Angleterre , quant à l'exportation , ce qu'il faut attribuer à la valeur de nos vins; mais il lui est inférieur de 94 fr. par personne » quant à la vente que lui donnent ses marchés à l'intérieur. Ce défaut de consommation tient h. l'inactivité d'une partie considérable de notre population rurale , dont le travail est insuflbant

. pour lui procurer des moyens d'^échange et d'acquisition.

; Nos 30 milKons d'agr4culteurs ne créent, chaque année ^ <}ue pour 4>68o,ooo»ooo de fr. de produits , ce qui borne à â54 (t. le fruit du travail de chacun; tandis que d^s les

lUa Britûaoiqufis environ 7 millions de cuHivateurs obtien-

o fr. de produits; ce qui donnée par la terre au : la population rurale. La f' 'î'un à 3 ^.

er de ces comparaisons la

' ' Ter l'agriculture française

; il ne manque à ses efforts

' tercer par-tout également

de hâtef et d'agrandir les

ans. Pour juger de son état,

produit agricole de quelques

;. ans y un produit rural de !, 625^000 fr. était créé par millions , c'est à -peu -près

J'-*Oi

d'habitans créaient annuels déplorables , un produit :k moins de 127 fr. par indi-

xn :i ons d'babitans créent pour . .'gricoles ; c'est à raison de

JCiiu i.' X aju^R/ • «^ w kA- 1.1

i habitans donnent naissance à une ma^e de produit évaluée 4967090009000 fr. ; c'est environ i56fr. pour chaque personne.

Dans les lies Britanniques» 22 millions d'babitans produisent annuellement une richesse agricole de 594so>ooo90oa de francs ; c'est à-peu-près 248 fr. par individu de la population des trois royaumes.

3o HEGH£BCH£8 ST A TIST.I Q17 £ j

Ainsi donc , si l'on excepte l'Angleiterre ^ la France est de tous ces pays , celui qui » relativement à sa population , donne le produit agricole le plus grand.

Les données suivantes nous permettront de nous faire une idée de sa fertilité , comparativement à d'autres pays , de l'Europe, d'après l'appréciation qui résulte de l'étendue des terres en cultures.

En 1 8 1 9 , la Suède qui , non compris la Norwège , a une surface de 22,000 lieues carrées , av^it une étendue de terres incultes de plus de 11,000, ou au-delà de moitié; ses forêts excédaient considérablement le tiers de sa surface totale , et ses cultures n'en égalaient que le 8°*'.

La Norwège, qui a 3, 640 milles carrés, n'en comptait, en 1824, que 3oo en culture, ou seulement la i2.™*partie.

En 1807, l'examen d'un grand nombre de documens statistiques relatifs à la Pologne , offrait les résultats que voici , sur l'état physique de cette contrée : les forêts occupaient un peu moins de la moitié de sa surface , les eaux et les terres incultes , le quart ; les terres labourées et les pâturages formaient le surplus. En termes plus rapprochés : la surface du territoire étant supposée divisée en 60 parties , il y en avait 26 couvertes de bois , 1 7 incultes', 4 cû prairies et i3 en culture et en habitations.

En i8o5, la Prusse, y compris le Brandebourg, la Poméranie , la Franconie et la Basse-Saxe , avait une étendue de 1 5,5 16 lieues carrées ; les forêts en couvraient 4,934 , ou presque un tiers ; il y avait 1 569 lieues de terres absolument stériles , et l'on ne comptait guères que deux lo.*" du territoire en culture régulière.

StU LE GOltMBAGË. Si

L'état physique du pftys de Saltzbourg peut donner quelque idée de celui des pays de la Confédération du Rhin. En 1808 > on estimait sa superficie à 176 milles d'Allemagne. Il y en* avait 99 en terres incultes ^ ou les quatre 7.™**; les glaciers» les eaux et les marais en occupaient 9 ; les forêts 4o , et les cultures jointes aux pâturages, 28 seulement 9 ou beaucoup moins du 6\

En 1806 , la monarchie autrichienne avait une étendue de 29,567 lieues carrées ; 7,678 ou le quart étaient occupées par les villes^ , les habitations , les routes , les fleuves et tes terres inhabitables; il y en avait 8,4âo en forêts, qui constituaient moins du tiers ou plus exactement deux 7.'°*' de la surface totale ; les cultures , les pâturages , les vergers, les étangs occupaient 13,739 lieues carrées , ou plus du tiers , mais moins de la moitié du territoire.

On ignore l'étendue des terres qui forment en Espagne le domaine de l'agriculture , mais on peut la déduire de la connaissance du produit brut de ce royaunie et de celle de sa superficie. On a vu précédemment que le devenu annuel de la Péninsule montait, il y a 20 ans, à 1268 millions , y comprise la valeur ^es mines. Si , considérant le prix élevé des productions que l'Espagne doit à son climat , telles que ses vins , ses laines i ses huiles et la soie qu'elle récolte , nous évaluons à 100 francs le revenu brut de l'hectare des terres en valeur, ce qui suppose pour différence de son industrie comparée à la notre , un 6. • de diminution , on portera la surface en rapport de ce royaume, à 12,684,000 hectares. Or, la surface totale est en nombres ronds de 4o millions ; il y a donc 27 millions d'hectares , ou beaucoup plus des deux tiers de l'Espagne en friche , ou occupée par les forêts.

Su RECHERCHES STATISTIQUES

L'Anglet^re proprement dite à 9,i83»ooo acres de terres incultes » bois , parcs , eaux et chemins , sans y comprendre micune partie de ses jachères et de ses j>âturagesy qui en occupent ensemble plus^du double. Le domaine agricole s'y trouve réduit à 28 millions d'acres; c'est une perte seulement du quart; mais il faut l'élever au tiers , si les jachères y sont jointes. Les bois n'occupent que 28 lieues carrées sur toute la surface de ce royaume.

L'Ecosse et ses îles ont 3,560 lieues carrées; leurs terres cultivées entièrement ou partiellement ont une étendue de 876 ; les lacs » les bois et les terres en friche en forment 2»4S4 9 ou près de trois quarts de la surface totale.

L'Irlande ne compte pas six millions d'acres de terres cultivées régulièrement ; il y en a autant qui n'offrent que de faibles traces d'une industrie imparfaite , et plus de 7,000,000 qui sont stériles ou marécageuses. Le véritable domaine de l'agriculture n'occupe pas le tiers de la surface de l'île.

En récapitulant ces nombres , on trouve les résultats suivans:

La Pologne , forêts , la ^ ; terres incultes , le -J

La Suède ,

lel;

La Prusse ,

lel;

L'Allemagne

le,;

L'Autriche ,

le 3,

L'Espagne ,

L'Angleterre,

le23%'

L'Ecosse ,

le2i*;

L'Irlande ,

La France ,

le 8';

.lei.

; cultures, le j.

lai

; — le 8'.

lesi",

! — le 5*.

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1 — les 7.

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SUR LB GOMXEBCB. 3S

Ainsi donc , en appréciant » par l'étendue des terres productives , la fertilité de chaque pays » on est conduit à reconnaître que sous ce rapport » comme sous celui de la supériorité du- produit agricole » proportionnel à la population , la France est placée , avec l'Angleterre proprement dite y au premier rang des principales contrées dû l'Europe. Son territoire l'emporte même à cet égard , sur^ celui du pays , qui seul entre tous , peut entrer eii compétition avec la fertilité du sien , puisque dans les 12 millions d'acres incultes de l'Angleterre, il n'y en a qu'un 8.* couvert de bois , et conséquemment d*une utî* lité limitée volontairement à cet usage, tandis qu'eà France, dans les 17 millions d'hectares qui n'appartiennent point au domaine agricole , il yen a , sinon la moitié» du moins beaucoup plus du tiek's occupé par les forêts*

€es faits statistiques établissent incontestablement que le territoire de la France possède , au degré le plus élevé » les avantages de l'étendue et de la fertilité | eonséquem'^ ment si son produit est inférieur à celui de l'Angleterre > c'est uniquement parce que l'industrie et le commerce fournissent dans ce pays , à l'agriculture , des ûApitàux dont elle manque dans nos provinces , et dont l'acquisition n'est possible que par la prospérité de ces denx branches essentielles de la richesse publique. Perfectionner les manufactures , multiplier leurs produits , en abaisser les prix , dont l'élévation restreint l'usage et la vente > ouvrir à l'exportation de nouveaux débouchés ; accroître enfin le nombre et l'extension de no^ transactions commer^ ciales , c'est , à l'exemple de la Grande-Bretagne , créer les moyens d'augmenter les fruits de la terre , et c'est

54 llECllIiRCHES STATISTIQUES

agrandir pai* leur abondance le bien-êlre des» Individus et les ressources de l'état.

d*'^ Influence de la papulution, ^ La population est, lepripcipe nécess^re de la puissance jdes états et de leur prospérité agricole et conunerciale. .C'est seulement dans les temps d'ignorance et de barbarie que l'industrie sans, ri v^ d'une ville privée d'un territoire jétendtt^t pc^puleux» peut lui donnw une prépondérance Indépendante du nombre de ses habitans. Dans l'antiquité» jia foirtd^e de Tyr s'éclipéla , dès que la civilisation répandit 5a lumière sur les bords de la Méditerranée. Dans les temp modernes , si Gênes , Venise , et les villes anséatiques qui / long-temps ont fait tout le commerce de l'Europe » n'avaient pas succombé à la puissat^ce des armes , Jour population bornée les eût réduites au rang inférieur de villes d'entrepôt , puisqu'elles manquaient de la force ^qu'ejçige la production d'une grande masse de richesses ^rijçoles ou industrielles. Le nombre total des habitans de la S.uède égUc à peine la moitié de celui des ouvriers qur'employent les manu&Ctures de la Grande-Bretagne ; il y a^ en Angleterre trente fois plus de fabricans , manu* focturiers et marchands qu'il n'y avait d'individus dans la population de Gènes , lorsque cette cité superbe étendait son commerce et sa domination sur tout le Levant ; la classe agricole est en Freûoice » s^ Um plu$ nombreuse que la population toute entière de la Hollande ; et celle de nos artisans et manufacturiers e^&cèdede près d'un ipillion la masse totale, des habit^u^ de la Bavière. Or, comme le travail et la quantité de ses produits sont généralement^ en raîsoQ du^oihbre des producteurs , la popiilatHMPi es( la basé de la supériorité commerciale, et il ne peut exister

SUR LE COVMBBCJC.. ,55

de nos jours de concurrence qu'entre les grandes sociétés* Toutefois l'ayantage d'une population coi»idérabIe 00 devient efficace que lorsqu'une heureuse distribution de la propriété territoriale , Une répartition favorable des tra^ vaux de l'agricultiire et de l'industrie , et surtout une ac-r tivrté bien dirigée développent les effets de b force na-^ tionde. Les séi^f^ de la -Russie , les mendians de l'Ës^agso^ les Lsitt^tm ie Naples» accrdis^nf la population) sens ag^ grandir le "cbiiimerce et la prospérité publiqueij et )c^)n''eil (pi'èn déduisàiit du nombre des' habitansJâ^tnrpaysr ^ las individus étrangers à sa eidtûreet ii'.sesfabriquQt^ii qu'on penf ^étènhinerFinfluenee qu^ëxei'ce sa po^idatioii utile, sur Id^ prôgl^ès de sa richesse colnmeroiakié Vdici^elques faifs , ^ui montreront .l'empii^e , qu'ont » sur. les: destin* des peuples , et spécialement ^ur la splendeur, de leur cç«n* merce 9 là division du travail et c^ derld j^priété»

D'après le recensement fait en 1 782 , l'organisation sociale delà Russte offrait à cette époque le lableau suivait : (1) ' Ecclésiastiques. . . soo^Qoiit

Noble» et employés ^j ,.4o9,,46 individu*.'

de Fadmimstratlon. . osi ^660

Bourgeois 587,686

Laboureurs libres.. i,447>3i^ j

— de la Couronne^ 9,549,206 V24>iâ^>99&

— des particuliers. i5,3$6,478J. .....

Marchands.. •,..•,•... . . 2i4»4^6

Population totale. . . . 26,776,000 indlvidlis. Ainsi la population libre ne s'élevait qu à 5 millions ;

>iAaba«M«a

(i) Storcb^Tab. de la Rttasiéy Docomens pmWm^j^^^.

36 X llECaEl\CH£S STATISTIQUES

il y avait les sept huitièmes du peuple russe dans la servitude ; les propriétés territoriales et Fautorité étaient dévolues à une classe d'hommes formant la 18." partie de la nation ; sur i3 individus II y en avait 12 de la classe agricole , et sur 1 20 » il n'y avait qu'un seul marchand ou négociant. Aussi l'exportation n'atteignait-elle pas i3 millions de roubles, ou ââ millions de francs; ce qui ne donnait que /^o sous pour le contingent de chaque personne , en produits non-consommés, tandis qu'alors cette somme montait en France» pour chaque personne. , à 19 ou 30 francs ou neuf à dix fois davantage.

La population de la Suède s'élevait, en 1819, à 2,557,000 habitans , dont 1,785,000 , ou près des troia quarts étaient cultivateurs; les arts industriels, y compris l'exploitation des mines , qui seule occupait 64>ooo personnes , n'employait que 78,700 individus , ou le 33.* de

la population.

Un recensement de l'Espagne recueilli en 1 792 , par Joseph Townsend, nous fournit des bases d'approximation qui permettent d'établir les termes suivans , comme ceux exprimant , à cette époque , la division de la population de ce royaume :

Ecclésiastiqij^es séculiers et réguliers. ....... 188,625 . ,^4 ggg

Nobles 1,441,767

Domestiques. ..... 840,276

Laboureurs 2,721,591 l

Journaliers^ 2,893,713/

Négodians 103,117 j

Manufacturiers. ...» 119,250 ) i,o35,334

Artisans. . . • • • a 812,967

SUR LB GOHHEIIOK. 37

Armée > marine , individus nonclassés 4 * 1 * i,o3i,og^

Population de TEspagne • . . .iOyi52»oQo indir.. Sans les Canaries .,••••• 9> 909^000

Ainsi la population agricole de TEspagne excédait de beaucoup , il 7 a 3o ans » la moitié du nombre total des habitans de ce pays , et se rapprochait du rapport de 1 1 à ig; la population improductiya montait à près de 3 millions et demi , ou plus du tiers de la masse entière des individus du royaume ; les manufacturiers et les né* gocians n'en formaient que le 33.'', et joints aux artisans» leur ensenable ne portait la population industrielle qu'un peu au-dessuis du 10.^ de celle que comptait toute TEspagne. Le recensement de 1 8o3 a montré que plus récemment ces calculs ne s'éloignaient pas de la vérité» puisqu'il a porté seulement à 259,736 au lieu de 222,367 les artisans et ouvriers dé toute eâpèce , ce qui , sur une population estimée al<$rs à io,35 1,000 habitans , ne fait qu'un individu sur l^o^

Le Portugal , d'après la supputation du colonel Pranzînî , établie par un .calcul propôrtioiinel , présentait , il , , y a une vingtaine d'atonées , une classification sotîale, ^ ^f ^ '\ telle que l'expriment approximativement les termes sui^ ^ ^,'^^ ,- . vans : -

ecclésiastiques séculiers et réguliers * 162,000

Administration ..... 72,000 . ^

Professions libérales.. ... 38,ooo | ' *

Armée et marine. .... i4o,ooo

Domestiques. ...... 198,000

58 R£CU£RGU£S STATISTIQL£$

D* autre part 6po,ooo pew.

Proprîélaîrçs. ..,,,, 94<>sOoo Propriétaires laboureurs. 584>ooo Fermiers,. .....;. 54o>ooo ) iî,i^4><^ûo

Journaliers • . ; '. . ; • 86d,doo Bergers «...•»... i4a,ooo Négocians. . . . . . . . 127^300 \ ; '

Ârtiâans. ••...... 524»^op j ; âai^soo

Pécheurs. • . . . .. ^ ,► *. 70,000 *

Nôn^ualifiésJ .......... 54>8oo

Population totale. . ... Oyt{t\09ÔdoiiïS\y^

Le;iom|>re des propriétaires n'étant que de'62.4>ooo, le;^ cinq s^ièqies du pei|p|^ |>Qi^i|gaif ne partijcîpaienj ppîo* k la propriété te^'rltorisje; ^J si 1/es bieps du Clergé et ceuf

de JIq Ço^roi^ne n'avfrient.pasi été cpnâîd^r^les,, le royaur ]^ étant 'répaï'tî eptre un tQl nomJbre d7i;MU.YJdus , I4 pr^iriélté de ^bqoun d'e^iix eût été de près, de 6 lieues çair^?* La popillaticNQ agricole mmt ait comme en Espagne » beaucoup au-delà de la moitié di4 poQibre total de)r habitons et $^ rapprochait des deux tiers ; la population improductive était 'd'un 5.^ ; la )>opulatioQ îfiidustrielle » en y <:ompr^q^^t lei pêcheur» , p*étftit pa§ plpjB çpps^^ér rabJle.

L'Angleterre va nous fournir une suite de données p^u^

^es et plus détaillées ; d'après Grégoire ]K.iûg.s sa po-

pulationlStAtt-diYijée fiinsi qp'U suit » à Ja fip du 1.7** siè<?le :

Clergé / 5o.,<>QO per$pRaes.

Noblesse ........... 7>93o , î

sua LE COMMERCE. §9

D'autre part.. . ^ . 5 7, g3o personnes.

Propriétaire& de terres 8id,ooo •^*

Fermiers. • ^âp^ooo

Laboureurs. •..••...« i«8eo,ooo '

Commerçans 5o»ooo

Marohands • • • i • • s5o»ooo

Artisans 3oo,ooo

Professions libérale^ 175,000 ' •

Marins.. • l5o,ooO ^

Soldats 70,000

Dernière classe du peuple . . . i,33o,ô'6o

■ [ I ■ Il I I II

Total de la population. . 5,767,930 individus.

Le recensement de 181 1-, cpii -compreiid la population de l'Angleterre et celle de l'ËtiOss^ , ^ntre-queU changemens la puissance 4'^^ si^I^p^ut apporter dam Torganisation êociak d'ua- petiple. Btf Toict 4«»»<tdrtne» pri nfi^ipaux : ; >. /.

Clergé.. *.;... 64,c^o<) pcM^imney

Noblesse. . u ' ' 16,000 /'^

Agriculteurs 4,6oo,ood * * - -

Commerçans.. .....'.;.' 5o,ooô " " ^

Commis et emp!.** du connn.**/. 80,000 " IMarcliaiids . . .... : \\: .' Sâ6,oo<$^ '' ' '[

Ouvr."etempl.*'desmanùfaét> 4,7€o,oo<^ ' / ' ^ Profe^siôtis fibéraîes. . i . . . 98,006 -^ '-[ Marins du fcommerce ..... ^ i58,ooô -

4o RECHERCHES STATISTIQUES

D'autre paru .... 9,540,000 personnes,

Troupes et milices. . .,'•,. s4o,ooa Marine royale . ........ - iSajOoo

Derniiîre diasse du peuple. •. -. 2i445>ooo

Total de la population. . .1 2,353^000 indÎTidus.

La comparaison de ces deux tableaux et l'examen de leurs difrérqQ^ termes numériques établissent les folts aulyans:

Au commençeinent du dernier siècle , toutes les propriétés de l'Angleterre étaient partagées entre 164,00a familles; savoir:

j ,586 Familles nobles , dont les chefs étaient pairs ,

; : chevaliers ou baronets ; 3,000 -frt d'éçuyers ou ^^wif^/ '

4o,ooQ rr*-'de propriétaires; dé première clause ; . . } 20,000 -^ de proprîéfaife& de seconde classe* lies six septièmes de la population ne participaient polojt à la propriété territoriale , et chaque fanwUe de propriétaire correspoi^dait à 3o individus sans propriétés. La surface de l'Angleterre étant approximativement de i5 millions d'h,eçtares, l'étendue moyenne du domaine de chaque famille eût été , s£^ns les communes , les terres vagues , le domain^ royal et celui du clergé , de 89,000 bectares ou 44 Heiiçs carrées*

La classe agricole était alors forméo de 822,000 propriétaires et de 5^,570,000 cultivateurs ; ensçqible : 5,592,000 individus. oQ beaucoup plus de moitié , et pour wn§î dire le^ ^pvçx. ^içps de la population.

SUR LE COHUEBCE. 4>

Ainsi r Angleterre était constituée > il y a seulement un siècle , comme le Portugal , TEspagne et même la France le sont encore à présent , et d'une manière différente de son organisation actuelle. En effet, on voit , par le recensement de 1811 y que les agriculteurs ne formaient plus alors que le tiqrs seulement du nombre total des habitans, et depuis cette époque , leur masse s'est affaiblie par l'accroissement de la classe industrielle. Cette classe ne comptait, en iGgS , que 600,000 individus^ ou du g.™* au 10. "*• de la population ; 1 1 5 ans après , elle était nçuf fois plus nombreuse et constituait plus de la moitié de la population de la Grande-Bretagne.

Pour apprécier l'influence qu'un tel changement , dans l'organisation sociale , exerce sur la puissance des progrès du commerce , il suffit de comparer l'exportation des produits du sol et de l'industrie à ces deux époques. A la fin du 1 7."" «iècle ,■ là valeur de cette branche principale du commerce montait à peine à i5b miUiqnsa en 181 5, elle s'élevtt jusqu'à i56o millions., . c'est-à-diire à plus de 10 fois la valeur qu'elle avait SQtts l'empire d'ime distribution différente du travail de la population active des Iles Britanniques. Les* douanes ,' qui, sous Guillaume JII , donnaient seqlement un revenu de 694*892 livres sterling , s'élèvent piaîptenant ,d'une somme beaucoup plus forte , pour l'unique différence de leur âccroisseineut d'une an-née à l'aqtrç; et les recettes publiques de 1824 venant de montera 5o,4i 2,000 livres sterl, , ou 1260 millions de francs , elles donnent au Gouvernement , une richesse an- JÇ^nellé ^2 fois plus grande que celle qu'il obtenait, il y a i^-^Èqié i de .la pcimipalé lirapEicbe de- Iiwa^VorônÙB j s'éus^

42 I\£CI1£RCUES 6TATISTIQUES

l'influence d'une répartition différente de la population agricole et industrielle. .

La division géographique de la population des lies Brt-^ tanniques était » en 181 1 , ainsi qu'il suit :

Angleterre 10,488,000 individus ,

Ecosse. ••.•••• 1,865,000

Irlande.. ...... 4>745,ooo

TqI^I. 17,096,000.

Le recensen^ent fait à l'époque ci-dessus , classait ceU^ population de la manière suivante ;

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