‹ Le commerce de l'alcoolChapitre 13 sur 48 · PRODUCTION DES EAUX-DE-VIE ET ALCOOLS · texte numérisé non relu

PRODUCTION DES EAUX-DE-VIE ET ALCOOLS

Celle-ci atteint son point eulminant avec 963.668 hectolitres (1) en 1865, année de production exceptionnelle pour le vin,

L'année 1875 est favorisée par la plus grosse récolte de vin qu'on ait jamais enregistrée, 83.836.000 hectolitres, et elle est aussi une année de très forte distillation, 717.792 hectolitres. Mais c'est le champ du cygne de la distillation des vins. Nous sommes au seuil de la deuxième grande crise qu'ait eu à subir le vignoble français. Le phylloxera exerce ses terribles ravages. On peut se demander un instant si nous n'allons pas assister à la mort de nos vignobles. La distillation des vins ressent naturellement les effets désastreux de la tourmente. Maïs la consommation, elle, ne diminue pas. Elle tend même à s’accroitre Et comme le besoin a toujours pour résultat de créer l'organe et de le développer, ce sont les alcools d’industrie qui, conjointement avec les importations, vont tendre à combler le déficit ainsi creusé dans les ressources du commerce. Un moment, dans les années qui ont suivi la fin de la crise de l’oïdium, le fléau de la balance a pu sembler indécis. Mais, cette fois, l'équilibre est définitivement rompu. D'un mouvement chaque jour plus rapide, plus définitif, le fléau penche du côté de l'alcool d'industrie.

En 1850, les eaux-de-vie naturelles fournissent à la consommation et à l'exportation 91 à 92 0/0 de ses besoins ; en 1909, la proportion est inversée. C’est l'alcool d’indus-

(1) Ce chiffre comprend également la production des alcools de cidre, marcs, lies et fruits.

trie qui les alimente jusqu'à concurrence d'environ 82.7 0/0 (2.007.569 hectolitres sur une production totale de 2.426.726 hectolitres).

La lutte est ouverte, et elle va devenir chaque jour plus âpre et plus ardente, entre les deux catégories d’alcool et les intérêts qu'elles mettent aux prises.

Pour mieux comprendre les phases par lesquelles a passé cette transformation radicale de la production, il convient d'étudier séparément et avec quelque détail les conditions de la production des diverses sortes d’alcool au cours des soixante dernières années.

Nous le ferons en commençant par la production des

eaux-de-vie naturelles.

Page 1