‹ Le commerce de l'alcoolChapitre 18 sur 48 · LES EAUX-DE-VIE DE CIDRE · texte numérisé non relu

LES EAUX-DE-VIE DE CIDRE

duction annuelle ne dépasse pas 5o litres d'alcool par an (1).

Pays de grande consommation d'eaux-de-vie, la Normandie et la Bretagne emploient sans difficulté loutes les eaux-de-vie de cidre qu'elles produisent, et le commerce auquel ces eaux-de-vie donnent lieu est par suite un commerce purement régional.

Les belles cartes dressées par Claude (des Vosges) avec la collaboration de Victor Turquan, comme annexe au rapport de la consommation de l’alcool en France en 1887 et les statistiques qui les appuient, nous montrent que les départements producteurs de cidres sont aussi ceux où la consommation de l'alcool est La plus forte par tête d'habitant; depuis cette publication, la situation n'a pas changé.

Si, depuis un certain nombre d'années, la consommation générale moyenne par tête d'habitant a une tendance générale à décroître, en raison de l'heureuse influence exercée par les ligues antialcooliques, si, depuis dix ans, elle s’est abaissée de 4 litres 70 en 1898 à 3 litres 44 en 1908, la Seine-Inférieure n’en continue pas moins à tenir, et de très loin, la tête de la consommation contrôlée avec 12 litres 18 par tête d’habitant, suivie en bon rang par les

(1) La loi du 29 juin 1907, en imposant en son article 1° à lout propriétaire, fermier, mélayer, récoltant du vin, la déclaration de récolte, tend par cela même, et de façon indirecte, à prévenir dans une certaine mesure, à rendre en lout cas plus difficile la fraude des bouilleurs de cru. Aucune disposition du même genre n’est

de nature à exercer la même action restrictive sur les bouilleurs de cru qui mettent en œuvre des cidres ou des poirés.

autres départements de l'Ouest avec des chiffres qui s’élè-

vent du double au triple (1) de la consommation moyenne

de la France.

Cette consommation s’augmente de tous les alcools de

bouilleurs consommés en fraude des droits. Une partie de cette production est écoulée directement dans la ferme qui l’a distillée, et on cite des cas où en Normandie les ouvriers

de certaines exploitations agricoles touchent leur salaire,

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