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LA CONSOMMATION DES EAUX-DE-VIE

Quand on examine, à l’aide des données fournies par la statistique officielle, la répartition, par nature de liquide, des quantités d'alcool soumises au droit général de consommation, on ne peut manquer d’être frappé de ce fait que, d'année en année, avec une régularité qui ne se dément pas un instant, les chiffres qui concernent les « esprits » ne cessent de décroître en valeur.

De 238.904 hectolitres d'alcool pur en 1884, le nombre d’hectolitres descend progressivement à 71.583 hectolitres en 1898 ; il n’est plus en 1909 que de 43.184 hectolitres.

La diminution constatée dans la consommation générale est insuffisante pour donner la raison du fait que nous venons de signaler.

Si l’on peut à la rigueur lui faire une part pour expliquer la diminution des quantités imposées depuis 1898, l'explication est complètement en défaut pour les années qui précèdent cette date.

En effet, de 1884 à 1808, si les chiffres concernant les esprits sont en recul important et constant, ceux qui enregistrent la consommation générale sont au contraire

en augmentation presque ininterrompue.

Il faut donc chercher ailleurs les causes de la diminution.

Elle tire son origine, croyons-nous, de ce fait que les esprits, à l'état naturel, acquiltent de moinsen moins les droits. Ils ne sont plus saisis par le fisc qu'après leur transformation. Autrement dit, ils passent de plus en plus à l'état de matière première. Ils ne sont plus que le véhicule de la fabrication des liqueurs, des eaux-de-vie, des amers, des absinthes, ete. C’est sous cette forme qu’ils sont soumis aux droits, Leur consommation propre en tant qu'esprit décroit simplement dans la proportion où croit au contraire leur utilisation comme matière première.

Il est permis de supposer, d'autre part, que les méthodes de la statistique administrative ne sont pas complètement étrangères à la décroissance des quantités d'alcool données comme atteintes chaque année en tant qu'esprits par l'impôt.

Le départ entre ce qui est esprit et ce qui est eau de-vie ne doit pas laisser que d’être souvent assez délicat, et le critérium appliqué à ce point de vue n’a peut-être pas été toujours rigoureusement identique.

Quoi qu'il en soit, au point de vue qui nous occupe, ilest sans intérêt de maintenir la distinction établie par la statistique administrative, et il convient au contraire d’envisager dans leur ensemble les chiffres concernant les esprits et les eaux-de-vie.

La consommation taxée des eaux-de-vie a passé de

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