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70 livres par tête de noir traité », — le navire ayant perdu 9 0/0 des nègres embarqués. Et, finalement, il déclare que les voyages des trois années réunies ne lui ont rapporté que 19.840 livres de primes «c’est-à-dire moins de 14 livres 9 sols 3 deniers par tête ». Encore rencontre-t-il des difficultés infinies dans le réglement des gratifications qui lui sont dues (1).
Ce n'était qu’à la côte de Guinée que la traite était permise aux particuliers. Au Sénégal, le privilège en était réservé à une Compagnie, contre laquelle le commerce de Nantes fit de vigoureuses campagnes, de même que contre toutes les autres Compagnies privilégiées : nous en parlerons au chapitre suivant.
Quoi qu'il en soit, on comprend combien les jugesconsuls étaient fondés à écrire les lignes suivantes: (2)
« La traite des nègres est la base de toute notre navigation : c’est elle qui fournit des bras pour la culture de nos isles; qui nous procure, en retour, une masse incroyable de denrées ou marchandises, telles que le sucre, le café, le coton et l’indigo, tant pour la consommation du royaume
que pour en faire commerce avec les étrangers... »
Sur ce terrain, les négociants oublient totalement qu’ils ne vivent plus sous € un monarque trop puissant et trop victorieux pour êtré philosophe ». Les théories des idéologues leur importent peu. Ils ne prennent pas garde que,
dès 1781, un certain marquis de Condorcel écrit ses
(1) Ch. Com. C 695, no 30. À | . (2) Ch. Com. C 887, Mémoire du 6 avril 1784, Contre l’Invasion des Portugais à Cabinde, en Guinée.