‹ Le Commerce de Nantes et la RévolutionChapitre 19 sur 62 · DATES · texte numérisé non relu

DATES

éloquentes et véhémentes Réflexions sur l'esclavage des

nègres, qui commencent par cette phrase cinglante :

« Réduire un homme à l'esclavage, l’acheter, le vendre, le retenir dans la servitude, ce sont de véritables crimes,

et des crimes pires que le vol. »

- [ls dédaignent le mouvement qui se dessine chaque jour avec plus de précision, en Angleterre, aux Etats-Unis, en France, contre la traite du bois d’ébène.

Le métier, s’il a ses profits, comporte assez de risques réels, actuels, pour qu'on ne se préoccupe pas en outre de risques für, incertains, chimériques. Affronter tous les dangers de l'Océan, à commencer par les corsaires des côtes marocaines et ceux aussi de la Méditerranée, qui guettent au passage les riches cargaisons destinées à la traite; puis, lorsque les cales sont remplies de bétail humain, l’amener à bon port, supporter les pertes qu'occasionne une mortalité moyenne de 7 à 8 °/,, mais qui, en certains cas, est encore plus considérable, et qui peut atteindre 15 ©}, et plus, sans épidémie (1), cela, il faut en convenir, ne peut avoir l'approbation des philosophes. On se contente du moins de celle du Gouvernement : et les négociants nantais éprouvent toujours une intime satisfaction à reproduire l'attestation que leurs pères avaient

reçue du roi le 11 octobre 1722:

(1) L'évaluation moyenne est de 7 à 8 / : voir AUGEARD, ouvr. cité, p. 35. — Mais on trouve facilement une proportion plus forte. L'exemple auquel nous faisons allusion est extrait, entre mille, de la Feuille marttime de Nantes, du 10 février 1791. Il s’agit d'un navire qui, en 52 jours, a perdu 75 noirs sur un convoi de 515, et cela avant d’être arrivé à desti-

nation !

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