‹ Le Commerce de Nantes et la RévolutionChapitre 21 sur 62 · AGE · texte numérisé non relu

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représentants du commerce nantais, en particulier pendant tout le cours du xvire siècle, veillérent à ce que les étrangers ne s'implantassent point aux îles.Nous les voyons, par exemple en 1773, décider de protester contre le commerce étranger qui empêche l'introduction des nègres et des morues aux [les du Vent: €... Il est d’une conséquence infinie, disent-ils dans une délibération, de faire expulser sans retour les étrangers de nos iles, afin de prévenir la ruine du commerce maritime et des négocians.…. » (1). Les colons pensaient différemment, et, à la fin de cette même année, paraissait à Saint-Domingue un « Mémoire en réponse à celui du Commerce de France » mémoire qui, lisons-nous dans une autre délibération du général du Commerce de Nantes « fait en quelque sorte l'apologie du commerce étranger et de l'introduction de la fausse monnaie, et contient en outre des faits faux, téméraires et

calomnieux contre les négocians français... » (2).

On retrouve les mêmes protestations contre les tentatives des étrangers aux colonies dans presque toutes les lettres, tous les mémoires du Commerce (lettres à Turgot, à de Sartine, 1774, etc...).

Aussi l'indignation et le mécontentement furent-ils extrêmes lorsque parut l'arrêt du 30 août 1784 qui ouvrait aux étrangers de nouveaux entrepôts dans les ports des Iles.

Dès le 25 novembre 1784, le commerce de Nantes déci-

dait la rédaction d’un mémoire tendant à démontrer les

(1) Ch. Com. 584, Assemblée générale du 28 mai 1773. . (2) C 584, 17 juin 1774.

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