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leurs audiences ne doivent pas être confondues avec leurs Assemblées ; ces dernières étaient de deux sortes : les unes, particulières, auxquelles prenaient seulement part les Juge et Consuls en. exercice, et qui se tenaient régulièrement une fois par semaine; les autres, générales -- qui n'avaient lieu que dans des circonstances extraordinaires et sur convocation des Juge et Consuls en charge, — où se réunissaient, avec ceux-ci, les anciens Juges et Consuls. L’exécution des résolutions adoptées dans ces deux sortes de réunions était assurée par les Consuls en exercice qui faisaient rédiger les lettres, mémoires, procès-verbaux, te:
Lorsque parut l'arrêt du Conseil du 11 juillet 1788, par lequel le Roi demandait aux ordres, juridictions, communautés, «même aux savants » de lui donner des renseignements en vue de la convocation des Etats Généraux, le Consulat de Nantes fut d’avis que le premier vœu à formuler serait en faveur d’une représentation particulière du Commerce à ces Etats. Il fit immédiatement part de son dessein aux Chambres de Commerce Ve dix-sept villes de France, dans une lettre du 23 juillet dont voici le passage essentiel :
« La découverte des deux Indes a entièrement changé la politique des puissances de l’Europe. La facilité d’accroitre son numéraire par le Commerce, et sa force politique par le numéraire a dirigé toutes les vues des divers Gou- - vernements vers l'accroissement du Commerce. Les éléments de cette grande science, si perfectionnée en Angleterre et en Hollande, ne sont pas encore posés en France, et l’'Adiaihistration demande des lumières. Nous
pensons qu’il conviendrait que toutes les places de Com-
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merce se réunissent pour solliciter la permission d'envoyer des députés de chaque place de Commerce à l’Assemblée de la Nation. Nous vous prions de nous donner votre avis à cet égard » (1).
Cette initiative fut généralement approuvée. Deux mois après, les Juges-Consuls précisent leurs desiderata: ils ont l'intention de demander que chaque place de Commerce envoie deux députés aux Etats Généraux, et ils invitent treize Chambres de Commerce à suivre leur exemple.
Par une « Requête au Roi et à Nosseigneurs de son Conseil », du i8 octobre, le Commerce de Nantes sollicita l'envoi aux Etats Généraux de deux députés qui auraient voix délibérative dans l’ordre du Tiers (2).
Le 6 novembre, même demande fut adressée aux Notables assemblés pour travailler à la composition des Etats Généraux ; le mémoire rédigé à cette occasion est curieux par les motifs invoqués, qui révèlent dans quel esprit la bourgeoisie commerçante envisageait ses rapports avec les autres classes de la Nation. à
«.. Depuis la dernière assemblée des Etats Généraux en 1614, la composition de deux des trois ordres a totalement changé. Le Clergé est le seul qui n’ait pas cessé d’être un corps simple, uniforme dans ses intérêts comme dans sa constitution. L'ordre de la Noblesse s’est beaucoup accru
par les ennoblissements.. Mais l’ordre du tiers état est
(1) Ch. Com. C. 607, fo 273. d
(2) C. 848-850, Carton 78, cote 2. (Le document cité ensuite figure dans la même liasse). (