‹ Le Commerce de Nantes et la RévolutionChapitre 29 sur 62 · PAR · texte numérisé non relu

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celui qui a éprouvé les plus grands changements... Il s’est formé dans son sein une classe de citoyens presque inconnue alors, une classe qui, par ses richesses, son activité, son industrie, doit être distinguée aux yeux de la Nation et contribuer plus que toute autre à faire évanouir entièrement l'obscurité qui couvrait dans les premiers temps le Corps auquel elle appartient. Cette classe est celle des Négociants ». Puis venait un copieux éloge des vertus du négociant, — ce qui ne dispense pas le rédacteur de remarquer que « le fond du cœur humain paraît être le même partout, et dans tous les temps: un composé de passions

plus où moins déguisées ». Le mémoire continuait :

« Le seul besoin naturel à cette classe de laborieux citoyens est la considération. Ce besoin est en général celui de tous les hommes enrichis par leur travail, comme la Gloire l’est des hommes de génie. Le Négociant aspire à la fortune ; mais quand il l’a obtenue, il aspire à la distinction, et n’er trouvant pas dans sa profession, il en achète une ailleurs ; c’est dès ce moment une famille entière perdue pour le Commerce... Ce n’est donc pas seulement de la protection qu'il faut au Commerce; aujourd’hui qu'il fait une grande partie de la force de l'Etat, il faut l’élever au niveau des classes distinguées de la Société et répandre dans son propre sein une portion de la considé-

ration dont il puisse s’alimenter de lui-même... » (1).

(t) À rapprocher, ce passage du mémoire de 1787 sur le Commerce du Nord (cité plus haut) :

« En France, la Noblesse est la source unique des honneurs et de la considération. Le Négociant, dont les travaux ont été couronnés par la

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