‹ Le Commerce de Nantes et la RévolutionChapitre 43 sur 62 · RS PE · texte numérisé non relu

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consistance, On parle d’une ré\olte possible des noirs. On raconte même que la Société des Amis des Noirs fomente une insurrection,et qu’elle aurait fait embarquer à Nantes, pour les iles, 12.000 fusils : les Juges-Consuls s'empressent de démentir « cette fable », à l’aide d’un certificat du directeur et du receveur des fermes établissant que cette exportation d'armes n’a pas eu lieu. Mais ils n’en pensent pas moins que des précautions doivent être prises : le 3 septembre, ils écrivent au comte de la Luzerne qu’en raison des bruits qui courent d'un. affranchissement prochain des noirs, il y aurait lieu de s'opposer au retour aux îles des nègres et des mulâtres qui se trouvent en France et qui pourraient avoir des velléités d'aller soulever leurs frères. À quoi le ministre de la marine répond (le 10 septembre) que, « dans les circonstances présentes, un ordre contraire aux lois établies et tendant à gêner la liberté des colons qui veulent ramener leurs esclaves aux îles, exciterait les plus vives réclamations et ne pourrait, par conséquent, être donné »; mais qu'il a néanmoins exhorté, autant qu’il a dépendu de lui, tous les colons à ne renvoyer aucun noir du royaume dans des pays cultivés par des esclaves, et qu'il a écrit dans ce sens aux commissaires généraux de Bordeaux et du Havre.

Pendant ce temps, les députés extraordinaires se retrouvaient à Versailles. À leur première réunion, le 1° septembre, ils n'étaient encore que six: deux du Havre, deux de Saint-Malo, deux de Nantes : les autres arrivèrent successivement dans le courant du mois.

A la même époque, l’Assemblée Nationale constituait

ER son Comité d'agriculture et de commerce (1). Les frères Mosneron ne paraissent d'abord lui prêter qu'un médiocre intérêt. Ils pensent que, tant que la Constitution ne sera

pas votée, l’Assemblée Nationale ne s’occupera guère du commerce et des colonies: « Cela est d'autant plus difficile que les défenseurs du commerce sont en bien petit uombre. Il y a Senna des objets bien pressants, les finances, l'impôt demandent un prompt remède ».

Pourtant, le Comité paraît désirer se mettre au travail :

« Le Comité d’agricultureet de commerce nous demande beaucoup de notes sur différents points du commerce, écrivent les Mosneron le 19 septembre. Nous allons nous occuper de les fournir, mais, n’élant point appelés à ce Comité, et ne pouvant participer au travail qui s’y fera, nous craignons que les matériaux que nous fournirons ne soient pas employés convenablement. Nous voyons les plus petites villes du royaume se faire entendre et avoir accès auprès de l’Assemblée, et le commerce de toute la nation est presque sans appui. »

Les députés extraordinaires ne tardent pas à reconnaître que leur rôle devient plus important, que leur collaboration avec le Comité leur donne en quelque sorte « une

existence politique ». Au commencement d'octobre, ils

(1) Les procès-verbaux des Comités d'agriculture et de commerce de la Constituante, de la Législative et de la Convention sont en cours de publication, dans la Collection de Documents inédits sur l'histoire de la Révolution Française (ministère de l’Instruction publique). Ont déjà paru : en 1906, le tome Pr: Assemblée Constituante, du ? septembre 1789 au 21 janvier 1791 ; et, en 1907, le tome II : Assemblée Constituante (2: partie) et Législative.

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