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des secours en faveur de Saint-Domingue, ils ne prononcèrent pas une fois le mot « nègres »; ils firent une allusion aux « deux classes d'hommes libres que l'on a trop longtemps différenciées par la couleur... »; ils se décla” rèrent autorisés à croire € que, parmi les moyens les plus actifs de contre-révolution, la Cour n'avait pas oublié celui de la subversion de cette florissante colonie » pour ruiner « par ce seul coup de celte perfide politique » les places imaritimes qui, les premières, avaient € donné le branle à la Révolution ». Le Commerce nantais a abandonné tout espoir — sinon tout désir — de résister à l'application des dogmes révolutionnaires : les armaleurs renoncèrent à la traite des noirs bien avant que la Con- .vention eût aboli l’esclavage aux colonies par son décret du 16 pluviôse an IF (4 février 1794). La guerre leur apporta, avec d’autres maux, des ressources nouvelles. L'entrée en lutte de l'Europe armée contre la Révolution marque, en effet, le terme de la fortune que le port de Nantes devait aux colonies. Les armateurs et les négociants portent alors leurs capitaux disponibles chez les neutres : ils en trouvent encore un emploi lucratif dans les armements de corsaires, qui vont servir, en même
temps que leurs intérêts, l'intérêt de la Patrie.