‹ Le commerce des grains dans la généralité d'Orléans: d'après la correspondance inédite de l'intendant CypierreChapitre 14 sur 74 · XIX · texte numérisé non relu

XIX

Autre o-'éponse de M. le Contrôleur Général, du 11 septembre 1168.

M. — M. de Montigny m'informe qu'il vous a écrit particulièrement, d'après le renvoi que je lui avais fait de votre lettre du 4 de ce mois. Je pense comme lui sur l'objet des boulangers. Si quelqu'un d'eux s'est rendu coupable du fait que vous me déférez, c'est un marché manifestement frauduleux et qui mérite d'être réprimé. Je ne sais pourquoi les juges de police pensent que je leur ai lié les mains. Je pense au contraire qu'ils ne peuvent donner trop d'attention à entretenir sur les marchés le bon ordre et la décence, qui doit avoir lieu dans toutes les assemblées de peuple nombreuses, pourvu que la liberté soit pleine et entière pour la vente et pour l'achat, et, bien loin de croire que cette li-

berte peut autoriser les monopoles, je pense au contraire que c'est le moyen le plus sûr de l'arrêter en lui opposant la concurrence la plus libre et la plus étendue. Si quelques personnes, peu instruites de leurs véritables intérêts, font des spéculations pour acheter du blé dans les environs d'Orléans, dans le temps où il est cher, pour l'aller vendre à perle ailleurs, ne pouvez-vous pas présumer, avec bien plus de vraisemblance, que les marchands des lieux où il est à meilleur marché feront des spéculations plus sensées pour profiter du bon prix qui a lieu dans votre généralité? Vous avez déjà dû recevoir de moi une lettre sur cet objet, et je vous écrirai plus particulièrement par le premier ordinaire. En attendant, vous pouvez prévenir les officiers de police que, bien loin de leur lier les mains sur ce qui concerne l'ordre et la tranquillité à obtenir dans les marchés, je ne puis que les inviter à y donner la plus grande attention et à réprimer le plus promptement qu'il sera possible ceux qui, par des propos séditieux, chercheraient à troubler cet ordre et à exciter des manœuvres et de la fermentation dans le peuple.

Je suis, etc. . .

Page 1