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Réponse de M. de Montigny, du 13 septembre il 68.
J'ai reçu votre lettre. M., et je partage votre situation; je vous assure que vous pouvez en toute sûreté me confier toutes vos inquiétudes. Je voudrais fort que vous pussiez connaître les membres de la Compagnie dont vous me parlez ; il serait à dé-
sirer de savoir les vues et les idées singulières qui les font agir ; elles me paraissent contraires à toutes les spéculations connues de commerce. Il faut faire des efforts dans de pareilles circonstances pour tâcher de gagner le temps où les laboureurs pourront porter davantage au marché ; peut-être vous arrivera-t-il des secours sur lesquels vous ne comptez pas et qui déconcerteront mieux que tout toutes les spéculations des marchands. Au surplus, en y mettant toute la prudence possible, je crois que M. le Contrôleur Général approuvera que vous fassiez de votre mieux. Vous avez déjà reçu de lui une lettre par laquelle il vous charge d'exciter le zèle des officiers de police. Il leur a écrit directement une lettre dont vous avez copie. Mais faites, je vous prie, attention qu'Orléans étant un lieu de passage, il peut y passer des blés venant de Saumur pour une autre destination^ sans qu'il y ait en cela aucun monopole. Vous connaissez, M., mon sincère et respectueux attachement.