VI
Réponse faite par M. le Contrôleur Généraly le 9 août 1768.
M. — M. de Montigny m'a rerais la lettre que vous lui avez écrite le 31 juillet dernier. Je vois avec peine les inquiétudes que vous avez sur l'objet des subsistances, malgré les espérances que donne
la récolte ; il y a pourtant lieu d'attendre qu'elle procurera de la diminution sur le prix des denrées dans votre département, comme elle en a déjà produit dans plusieurs autres. Je désire bien que cette diminution se fasse promptement^et qu'elle puisse calmer vos alarmes sur la liberté que le Roi a accordée au commerce des grains. Quant aux règlements de police dont vous parlez, S. M. n'a point entendu déroger à ceux qui tendent à assurer le bon ordre et la tranquillité dans les marchés. Ainsi, ceux des règlements qui fixent une heure aux boulangers et marchands de blé pour ne paraître aux marchés qu'après les habitants et particuliers, afin que ceux-ci aient le temps de s'approvisionner, doivent sans doute être observés. Mais, comme chaque ville a des ordonnances particulières pour la police de ses marchés, si le lieutenant-général d'Orléar.s a négligé de faire exécuter celles qui ont pour but le maintien du bon ordre et de la tranquillité sur les marchés, ce ne pourrait être qu'à M. le Procureur Général (1) qu'on pourrait s'adresser pour qu'il lui recommandât d'y tenir la main en ce qui ne serait point contraire aux lois qui établissent la liberté du commerce des grains.
Je suis, etc..
[Vil]
Lettre à M. le Contrôleur Général, du 15 août il68.
M. — La lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 9 du présent mois me fait présumer que je me suis mal expliqué dans la mienne du 31 juillet précédent à M. de Montigny. Car, loin d'avoir aucune alarme sur les suites de la liberté du commerce des grains, je regarde cette liberté comme très-avantageuse, et j'ai été le premier à la demander. Mon objet a seulement été de vous déférer, M., la conduite du lieutenant-général de police d'Orléans, qui, en refusant de tenir la main aux règlements dont le but est d'assurer l'ordre et la tranquillité des marchés, avait déjà excité des murmures, qui auraient pu avoir des suites fâcheuses, si la diminution successive du prix du pain depuis quelques marchés et l'espoir d'une assez bonne récolte n'avaient rétabli le calme dans l'esprit du peuple, facile à s'effaroucher de
(1) Il s'agit du Procureur Général du Parlement de Paris.
tout ce qui parait gêner son approvisionnement pour sa subsistance. Je connais, M., tous les avantages de l'exportation, plus sensibles dans ma province que dans beaucoup d'autres, et je suis convaincu qu'elle ne peut produire que de très-bons effets. Je suis, etc..